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Souvenirs flamencos

Lundi 9 août 2010

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Inès Bacán n’avait pas donné de concert à Paris en tant que soliste depuis 1997, date de la mort de celui qui l’a révélée, son frère Pedro Bacán, un des maîtres de la guitare flamenca. Son retour sur la scène parisienne tient pour beaucoup à sa complicité de longue date avec la co-directrice du festival, Carole Fierz, qui a longtemps fait route aux côtés de Pedro Bacán et de son clan des Pinini. Carole et Inès sont toutes deux venues pour la première fois au festival en 1992, à l’occasion des trois soirées tziganes à l’Opéra qui réunissaient des artistes venus de Roumanie, d’Albanie, d’Inde, d’Egypte et de Turquie.

À l’époque, Carole Fierz, issue d’une formation de danseuse classique, avait été initiée au flamenco au hasard d’un voyage en Andalousie. Logée dans un hôtel tenu par la tante d’une grande danseuse flamenca, elle y découvre une sorte de “conservatoire naturel” où l’on chante et danse au quotidien. Une école libre.

“Les gitans ont une relation particulière au temps, ils ont une conscience exacerbée du côté éphémère de la vie, de la nécessité de jouir pleinement de l’instant présent. Ils ont la faculté de brûler chaque instant. Cette perception du temps leur insuffle un sens du rythme différent. La musique est pour eux un moyen de se transporter, d’échapper au quotidien.”

Au fil des rencontres, Carole fait la connaissance de Pedro Bacán et de son Clan des Pinini (un nom adopté en hommage au grand-oncle El Pinini, célèbre créateur d’un style de soleares et fondateur du clan gitan des Pinini, reconnu pour ses chanteurs d’exception). Elle collabore à la création de sa compagnie qu’elle accompagne de 1990 à 1997. En 1996, elle réalise “Inès, ma soeur”, un documentaire sur Inès et Pedro Bacán. A la mort de celui-ci dans un accident de voiture, “il était impossible de continuer, ça aurait été comme de naviguer sans le capitaine du bateau.” Carole s’éloigne quelques temps du flamenco, travaille pour Bob Wilson, Jérôme Savary … “Et puis j’ai découvert Israël Galván et je suis revenue au flamenco.”

Pour sa première édition en tant que co-directrice du festival, Carole Fierz convie tout naturellement celle avec qui elle a partagé sa première expérience à Paris quartier d’été. Et que de souvenirs ! Des trois soirées tsiganes à l’Opéra Garnier, elles gardent en mémoire ces rencontres musicales exceptionnelles où 200 musiciens venus de partout confrontaient leurs différentes traditions dans des boeufs en coulisses, faisant se mêler musique gitane andalouse et tsigane du Rajasthan,  polyphonie hongroise et rythmes manouches venus d’Alsace… Des moments d’échange et d’admiration commune immortalisés dans ces beaux clichés noir et blanc que Carole a bien voulu partager avec nous.

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