Aujourd’hui, le festival commence en grande pompe avec deux pièces de Dominique Bagouet au Palais Royal et la générale de La Dame de chez Maxim au Monfort. On vous y attend nombreux, d’autant que ce 14 juillet, les représentations sont gratuites! Avis aux amateurs, les places sont à retirer deux heures avant la représentation à la billetterie. En espérant que le déluge s’arrête! Pour le spectacle du Palais Royal, vous ne pouvez pas vous tromper, Place Colette, la billetterie est installée dans un drôle de carrosse jaune, au doux nom de Wa-Wa. Pour cette édition 2010, la Wa-Wa s’est vue offrir un relooking hors du commun …. j’y étais!
En toile de fond, la place Colette, ses allées et venues, ses bruits de scooters, et la Wa-Wa, notre chère caravane pliante, qui ne savait pas encore à quelle sauce elle allait être mangée. C’était le début de soirée. Pour une nouvelle saison, Paris voyait le festival lui faire la cour avec cette fois-ci, Mix pour ménestrel. Le dessinateur suisse qui signe l’affiche de cette 21ème édition avait quartier libre pour faire courir ses personnages à gros nez et langue bien pendue sur la Wa-Wa… Nous, on piaffait d’impatience, et la Wa-Wa ronde, belle, elle attendait, tranquille…
Puis Mix a dégainé son pinceau. Je dis dégainé, mais en fait, c’était assez doux comme geste. On n’a pas vu la Wa-Wa frissonner mais nous, on s’est rangé en cercle, attentifs au rituel de maquillage de la demoiselle. L’oreille tendue au commentaire de ma voisine, mes yeux ont entamé une chorégraphie de pleins et de déliés conduite par le pinceau appliqué de Mix. Les traits s’étirent, l’imaginaire galope. Un chien? Un nez? Un début de phrase? Mix fait des allers retours, tout prêt de la caravane, tout prêt de la coque, l’épaule suit le coude qui suit la main qui suit le pinceau qui court… puis s’éloigne. Mix s’ajuste, ferme l’œil, goûte à la perspective du pas en arrière, se gratte la tête, et repartent l’épaule, le coude, la main, et le pinceau, qui court… Un quasi Roland-Garros, tête à gauche tête à droite, tête à gauche….
Drôle de vie pour la caravane.
Après s’être faite ravaler la façade à grand coup de peinture jaune, déloger de sa villégiature d’hiver, l’entrepôt du festival à St Denis, poser en plein milieu d’une capitale peu coutumière des animaux de ce genre, voilà maintenant qu’on l’habille, qu’on la grime, qu’on lui distille à coups de pinceau de drôles d’oiseaux sur le dos. Elle ne perd pas son sang froid la belle dame. Pas chatouilleuse pour un sou. C’est qu’elle en a connu des vertes et des pas mûres. Souvenez-vous l’an dernier, Lola nous racontait l’incroyable cambriolage de la caravane. Et c’est sans compter ses kilomètres au compteur. Années 50, origine belge, une vraie de vraie.
La nuit est tombée sur la Place Colette. La Wa-Wa a gardé la douceur de ses formes. Elle trône, toujours. Mais sous ses airs de pas y toucher, elle se pavane. Pas tous les jours qu’on peut exhiber des tatouages de ce calibre. Pas tous les jours non plus que le Parisien, pressé dans sa diagonale quotidienne Palais Royal - Opéra, se retourne. Il s’arrête même. Et parce qu’avec ses yeux, il n’est pas sûr de se souvenir, il sort son Iphone. La Wa-Wa garde son flegme. Mix, lui, se marre.


