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Archive pour le mot-clef ‘Ballet du Grand Théâtre de Genève’

Les Carnets Bagouet

Samedi 17 juillet 2010

À la disparition de Dominique Bagouet en décembre 1992, d’anciens danseurs et collaborateurs de sa compagnie ont fondé Les Carnets Bagouet, une association destinée à coordonner et à assurer la transmission des œuvres et la pédagogie du chorégraphe qui fut l’un des chefs de file de la nouvelle danse française. Mais comment préserver et insuffler à de nouvelles générations de danseurs « l’esprit Bagouet » ?

Certes, il y a l’apprentissage d’une partition chorégraphique, qui, depuis la période baroque au moins, passe par une transmission gestuelle et verbale, d’un danseur à l’autre. Mais passée la transmission physique et mimétique, comment contaminer l’autre de la pensée du chorégraphe, de l’univers poétique qui sous-tend chaque mouvement ?

Quand Olivia Grandville, interprète de la compagnie Bagouet dès 1989, répond à la demande du Ballet du Grand Théâtre de Genève de remonter Jours Étranges et So schnell, elle commence par travailler les fondamentaux du chorégraphe.

So Schnell de Dominique Bagouet, Ballet du Grand Théâtre de Genève © Agathe Poupeney

Les rebonds, la notion de poids, l’indépendance de la main, la tranquillité du lampadaire, la propagation et la cause à effet, le cintre, la connexion entre le regard et la main, le tire-bouchon, la marche à l’amble, la musicalité du souffle, chez Bagouet, le mouvement porte son propre sens.

Dans ce bref inventaire de quelques uns des incontournables de la galaxie Bagouet, Jean-Charles Di Zazzo, danseur des Carnets Bagouet, évoque le rapport ludique à la gravité. Le rapport ludique à la gravité. Bagouet éludait le rapport conflictuel avec le sol, défiait les forces de pesanteur du corps.

Le rapport ludique à la gravité. Un précepte, une ligne de vie.

Le travail de Bagouet ne dissociait pas les périodes d’entraînement de la création. Dans Jours étranges, la partie où les danseurs sont en ligne et grimacent les uns après les autres comme des personnages de bande dessinée est issue d’improvisations. Pour la reprise de la pièce, il ne s’agissait pas de demander aux nouveaux danseurs de reproduire l’exacte partition, mais plutôt d’inventer eux-mêmes leur propres personnages. Si la gestuelle se renouvelle, puisqu’elle est intimement liée au caractère et à l’interprétation du danseur, la structure, l’énergie, elles, restent les mêmes.

« Les premiers danseurs de la pièce ne sont pas les gardiens du temple, il faut laisser vivre l’œuvre. »                                            Quelle que soit la qualité de la transmission d’une œuvre, son interprétation contient intrinsèquement une part de trahison. Pour Jean-Charles Di Zazzo cette trahison de fait, il faut l’accepter, puisqu’elle est intimement liée à la réappropriation.

Mort du sida à 41 ans, Bagouet n’a pas vu la version de So schnell qu’il avait créée en 1992 à l’occasion de l’inauguration du plateau du nouvel Opéra Berlioz à Montpellier. So schnell, ô combien rapide est le temps.

Paris quartier d’été intime. Une classe de danse du Ballet du Grand Théâtre de Genève

Vendredi 16 juillet 2010

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Edgar Degas (1834-1917) La classe de danse Entre 1871 et 1874 Huile sur toile H. 85 ; L. 75 cm © RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Edgar Degas faisait partie de ces curieux que le magnétisme de la danse a conduit à pousser la porte des studios de répétition. Dès 1870, les danseurs de l’Opéra dans la rigueur de l’exercice, de la répétition, ou dans le repos, deviennent sa principale source d’inspiration. Il décline alors la figure du danseur dans de nombreux tableaux dont l’un des plus connus, La classe de danse, met en scène un maître de ballet entouré de ses élèves, en train de s’étirer après l’exercice.

Peu de spectateurs ont déjà été témoins de telles scènes, fascinantes. Christine Jacquet, la responsable des relations publiques le sait, les dessous de la représentation intriguent. Elle a donc mis en place un parcours de découverte des coulisses de Paris quartier d’été pour une petite dizaine d’habitués du festival.                                                                                                                    Ils s’appellent Jean-Louis, Yvonne, Françoise ou Sophie, viennent depuis dix, quinze, souvent vingt ans et regorgent de souvenirs et d’anecdotes. Quelques jours avant le début du festival, ce petit groupe de spectateurs suivait Frédéric Vannieuwenhuyse, le directeur technique, pour une visite de la scène du Palais Royal en plein montage.

Pour le deuxième rendez-vous de cette balade dans l’intimité de Paris quartier d’été, nous les suivons dans la rotonde du Théâtre de la Ville où se préparent les danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève pour la première représentation de deux pièces de Bagouet au Palais Royal.

Quelques heures avant la dernière des représentations de So Schnell et de Jours étranges au festival, je vous propose de découvrir ces danseurs au travail, corps placés à la perfection et visages décontractés, sous le regard mêlé d’autorité et de bienveillance de la répétitrice .

Une vidéo réalisée en collaboration avec Pauline Mahé.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii D’arabesques en grands battements, de sissonnes en entrechats, les danseurs travaillent leurs fondamentaux. Quelle surprise de les retrouver ensuite dans l’écriture de Bagouet, ici, un extrait de So Schnell, pétri de l’humour si particulier au vocabulaire du chorégraphe.