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Le point de vue subjectif d'Emmanuel Sérafini




Passions à table : EUROPE-CULTURE : QUEL PROJET ?


QUELQUES RÉACTIONS +/- SUBJECTIVES

Le décor n'a pas changé... Même endroit, autre thème pourtant. Cette fois ci, c'est l'Europe...

Comment ne pas transformer ce débat en acte de contrition ? Comment rendre ce sujet moins rébarbatif ? Comment faire pour que toutes ces directives nous deviennent familières ? Comment apprivoiser ces institutions qui n'en finissent pas de muter ? Certainement en invitant des personnes fortement engagées dans le combat pour l'Europe, chargées justement de re-traduire pour nous, en des termes plus clairs, sinon plus adaptés à nos pratiques, à notre approche de la vie publique. Ce fut sans aucun doute le cas hier avec Stéphanie Pistre, Catherine Trautmann, Pascal Brunet et Roger Tropéano.

Planter le décor consiste à apprivoiser les termes qui rythment la vie institutionnelle en Europe et, pour ce qui nous occupe, rendre aussi familier que possible les noms de CULTURE 2000 ou MEDIA +, ou encore savoir ce que représentent ces FONDS STRUCUTRELS apparemment toujours avancés comme autant de sésames qui peuvent se révéler tout de même inefficaces. Pascal Brunet, directeur de Relais Culture Europe, n'a pas son pareil pour expliquer « qui fait quoi » et « à quoi ça sert ». Aussi rapidement que possible, aidé par Stéphanie Pistre pour le domaine audio-visuel, il a donné les clés pour entrer dans le vif du sujet.

Catherine Trautmann, toujours calme, précise, humaine, convaincue, engagée dans ce combat pour l'Europe peut alors rebondir et ouvrir le débat au-delà de notre préoccupation – le spectacle vivant. Elle redonne à la Culture, avec un grand C, la place d'unique projet politique fondamental des années à venir de l'Europe élargie, dépassant largement la simple question des dispositifs – qui ne sont pas, on l'aura compris, les politiques, mais de simples instruments.
Alors, Europe à 25, d'accord... Mais quels droits pour les minorités ? Quels respects pour leurs langues, leurs traditions ? Son interpellation nous pousse à sortir d'un débat vite condamné à devenir stérile s'il se contente de tourner autour des interrogations de pays riches occupés à se concurrencer mutuellement... Elle est d'ailleurs confortée dans son analyse par l'expérience et le témoignage d'un autre Européen convaincu, Roger Tropéano. Ce dernier porte un jugement sévère sur l'action de la commission et se réjouit de voir que, petit à petit, le Parlement reprend le dessus.

Evidemment, on cite des chiffres et on se dit en observant les ordres de grandeur que non, décidément, la culture n'est pas une priorité de l'Europe. 0,03% seulement du budget global de l'Union Européenne pour l'art et la culture pour les 17 pays anciennement adhérents... C'est bien modeste ! Et ne parlons pas des moyens pour l'action culturelle proprement dite : 0,1%... On se pince lorsqu'on sait que pour toute la communauté MEDIA+ et CULTURE 2000 représentent 120 millions d'euros par an, soit environ 0,12% du budget européen.

Enfin, est évoqué le combat mené par les responsables européens pour obtenir que, dans la nouvelle constitution, les programmes culturels soient adoptés « à la majorité qualifiée », ils devaient l'être auparavant à l'unanimité, ce qui ne permettait pas vraiment de dégager des priorités.

On aborde à peine la question du MEMORADUM DE LA FRANCE SUR LA COOPERATION CULTURELLE EUROPENNE et ses 16 propositions pour l'Europe. Catherine Trautmann attire au passage notre attention sur le fait que, au niveau de l'Europe, le gouvernement français demande « une forte augmentation des crédits européens consacrés à la culture » alors qu'en France il diminue le budget et ne fait rien pour renforcer les moyens du Ministère de la Culture et de la Communication... Paradoxe qui devrait faire sourire s'il n'inquiétait pas, vue la crise sans précédent que nous traversons depuis quelques années...
Passions à table, c'est aussi l'aspect social qui nous intéresse... On l'aborde avec la question du « statut européen des artistes ». Les spécialistes sont pessimistes sur la question, mais refusent de faire porter le chapeau à l'Europe puisque la subsidiarité permet aux Etats membres de définir leur propre politique, surtout en matière fiscale et sociale. Donc, aucune modification dans le dispositif d'indemnisation des artistes au chômage n'est due à l'Europe, qu'on se le dise !

Voilà. Le public venu nombreux comme chaque soir depuis le début de la semaine, pose des questions. Les dernières sont couvertes par les tambours des artistes taïwanais qui répètent sur la scène juste derrière notre tente... Comme on dit : The show must go on... Les invités s'en retournent en se félicitant de l'heureuse initiative de Paris Quartier d'Eté qui permet de parler de l'Europe. A suivre !

Ce soir Les Médias et le spectacle vivant... Un sujet qui risque de passionner puisque, comme on dit, chaque français à un avis sur la télévision... Nous verrons bien.

Emmanuel Serafini



Source Texte : Paris Quartier d'été (http://www.quartierdete.com)

Genre : propos recueillis
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Source Artishoc : Paris Quartier d'été - http://www.quartierdete.com

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