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Le point de vue subjectif d'Emmanuel Serafini
PASSIONS A TABLE : LES FRICHES, LES NOUVEAUX TERRITOIRES DE L'ART ?
QUELQUES RÉACTIONS +/- SUBJECTIVES
Même décor qu'hier : tente, table, bancs. Même lieu : le jardin des Tuileries. Mais autre thème : les nouveaux territoires de l'art.
Qualité rivalisait avec quantité. Aucun danger de devoir "faire mieux avant de faire plus" . Ici ça foisonne. Il y a mille idées à la seconde et les uns après les autres, les invités et le public témoignent de leur expérience et font part de leurs propositions. Et pas une ne semble ni incongrue ni par trop utopiste parce que ceux qui les défendent les mettent quotidiennement en pratique.
Autour de la table, près du public : Yolande Padilla, Estelle Cacheux, Rémy Bovis et Christophe Marquis, comme annoncé... Et comme il fallait s'y attendre des personnalités fortes qui ne pleurnichent pas en réclamant « des sous » à l'État, mais qui avancent essentiellement tout seuls puis qui, par la force des choses, à cause ou grâce à la pertinence - voire l'impertinence audacieuse de leur projet - sont ensuite reconnus et accompagnés.
Des expériences pragmatiques, mais pas seulement, des expertises, des analyses et le rapport de Yollande Padilla est de ce point de vue exemplaire. Une mine. A mettre entre toutes les mains, en tout cas entre celles de ceux qui ne voient pas d'issue, pas de solutions à la crise de la diffusion, ou au renouvellement du public, ou au financement des projets... Oui, dans le rapport de Yolande Padilla, il y a tout ça. Et d'où tient-elle ce savoir, comment est-elle devenue cette force de proposition ? En écoutant les artistes qui depuis quelques années travaillent empiriquement sur ces questions ... un peu comme Christophe Marquis et les ALIS à l'Échangeur, membre du réseau Autre(s)part qui a grandement contribué à la pertinence du rapport Padilla. On se retrouve...
Et puis une parole politique de la part de Rémy Bovis. Pas de langue de bois. Juste quelques principes de base et là aussi des rencontres, des échanges qui lui donnent le sens des priorités. Il observe et derrière un projet d'accueil de cinq ou six compagnies de cirque et suite à une expérience réussie dans le 13ème arrondissement, il voit bien l'intérêt de faire confiance à Cirque Électrique et de soutenir leur implantation temporaire à la cour du Maroc (déménagement en 2005)... On se retrouve encore...
Tout y est passé : l'indépendance des créateurs, leur implication sociale, la relation aux élus, le rapport aux autres institutions et au réseau national "conventionnel", l'ouverture des lieux au public... Il nous aurait fallu des heures pour épuiser la question, mais le temps manque dès que les sujets sont défendus par des personnes sincères et convaincues ...
Le public intervient, pertinent lui aussi. Ne va-t-on pas assister à chaque génération émergente à la création des nouveaux modes et moyens de production ? Bonne question et finalement n'est-ce pas ce qui s'est déjà passé avec la première phase de la décentralisation culturelle...
Et puis Le Palace à Paris, laissé à l'abandon. Les principaux "squatteurs - occupants - restaurateurs" interpellent le public et nos témoins : n'est-ce pas une nécessité sociale aussi d'héberger des artistes au cœur de Paris ? Pourquoi la Ville ne fait-elle rien pour sauver Le Palace ? Remy Bovis avance quelques raisons. Elles ne sont pas toutes convaincantes, mais certaines donnent envie d'insister pour qu'il aille voir sur place leur travail intra muros... On aura donc gagné ça : redonner un théâtre à des artistes pour qu'ils y vivent ou y travaillent...
Demain c'est encore une autre histoire, tout aussi fragile et difficile à construire, presque qu'une friche : le projet culturel de l'Europe des 25...
Emmanuel Serafini
Source Texte : Paris Quartier d'été (http://www.quartierdete.com)
Genre : propos recueillis
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Source Artishoc : Paris Quartier d'été - http://www.quartierdete.com
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