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Article LE MONDE
Article de Rosita Boisseau
L'ÉTÉ DU MONDE - CULTURE
Le festival, annulé en 2003, a prévu 226 manifestations, à Paris ou en banlieue, axées sur le partage et le dialogue avec les spectateurs
PARIS QUARTIER D'ÉTÉ REPREND SON PROGRAMME FESTIF
Plus de cinquante lieux à Paris et en Ile-de-France sont investis par le festival Paris quartier d'été. Autour du jardin des Tuileries et de son grand plateau, centre nerveux de cette 14e édition, s'enroulent une ribambelle de rendez-vous apéritifs dans les rues, les jardins, les parcs et même les écoles. Soit 226 représentations chorégraphiques, théâtrales, musicales et autres, signées à la pointe d'un goût à la fois sûr et aventureux. "Nous avons privilégié ce qu'on appelle les petites formes, les formules qui sortent de la frontalité des théâtres, précise Pascale Henrot, codirectrice de la manifestation avec Patrice Martinet. Par exemple, les courses dansées du chorégraphe Foofwa d'Imobilité ou les siestes musicales avec transistors du compositeur Etienne Charry. Mais il y a aussi des coups d'éclat, comme une symphonie de Messiaen par l'Orchestre national d'Ile-de-France au Parc André Citroën."
La manifestation, lancée par Patrice Martinet pour combler le grand vide culturel de l'été à Paris en pensant surtout "à ceux qui y restent et ne peuvent pas partir en vacances", annonce 145 événements gratuits. Après l'annulation, en raison du mouvement des intermittents du spectacle, de l'édition 2003, vécue comme "la mise en péril de l'accès pour tous à la culture, de l'audace, de la création, et de la vitalité artistique qui sont les raisons d'être de la manifestation", "l'estival et festif festival" a affermi ses positions vis-à-vis du public et des artistes.
VOYAGE INSOLITE
"Ca s'est fait de façon plus ou moins inconsciente, mais c'est vrai que le programme insiste encore davantage sur le partage avec les gens, sur la compréhension des oeuvres, commente Pascale Henrot. Nous avons demandé cette année aux chorégraphes et aux musiciens d'imaginer un dialogue avec les spectateurs. Chacun a répondu à sa façon pour cette série que nous avons baptisée "hors piste" : expérimentation d'un énorme coussin gonflable sous la houlette de la chorégraphe Odile Duboc, discussion à bâtons rompus avec Philippe Decouflé sur son travail. Evidemment, tout ça est gratuit."
Parmi les propositions excitantes, on note celle, aussi folle que remarquable, de la compagnie U Theatre, troupe taïwanaise de percussions et de danse façon arts martiaux. "Nous les avions invités l'an dernier pour un concert et, malheureusement, à cause de l'annulation, rien n'a pu avoir lieu, poursuit Pascale Henrot. Du coup, nous avons discuté avce eux et appris qu'ils avaient fait le tour du Tibet en marchant. Nous avons donc mis au point une opération un peu spéciale qui mélange leurs passions." Pendant quatre jours, la troupe pilote un voyage insolité, proposant cours de taï-chi-chuan la matin dans un jardin à Paris, puis 20 kilomètres à pied pour rejoindre un autre parc en banlieue, où a lieu le concert de tambours du soir.
Cette "marche collective" indique la volonté de Patrice Martinet depuis 2001 de repousser le fameux "seuil culturel" du périphérique. Si Paris quartier d'été à l'origine désirait attirer les habitants des départements limitrophes dans les lieux prestigieux de la capitale, il s'agit aujourd'hui d'aller "les chercher en bas de chez eux". Après Bobigny et La Courneuve en 2001, c'est au tour de Bagnolet, de Champigny, de Châtenay-Malabry d'accueillir des spectacles. (...)
Rosita Boisseau, in Le Monde, vendredi 16 juillet 2004
Source Texte : Paris Quartier d'été (http://www.quartierdete.com)
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Source Artishoc : Paris Quartier d'été - http://www.quartierdete.com
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