Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Passions à table
"Table des négociations"
Chapeau : Thème : TEMOINS ET ACTEURS DE LA CRISE
/ Gratuit
Source : Paris Quartier d'été (
http://www.quartierdete.com)
Rubrique : Hors-Piste
du 02/08/2004 00:00 au 02/08/2004 00:00
Salle : Jardin des Tuileries (1er)
Carré des Sangliers
Entrée Place de la Concorde
1er arr
M° Concorde
Paris 75001 France (Ile-de-France)
en fin d'après-midi
Texte : TEMOINS ET ACTEURS DE LA CRISE
PARTICIPANTS :
LAURE BONICEL
PASCAL CONTET
RENAUD-MARIE LEBLANC
Tout au long de la crise et dès la première annulation de festival, les médias et tout particulièrement la presse écrite ont filé les métaphores. Guerrière, d'abord : les auteurs victimes oubliés du conflit, forestière parfois : ils scient la branche sur laquelle ils sont assis, suicidaire souvent : les intermittents se tirent une balle dans le pied, sportive pour les plus audacieux : le mouvement s'essouffle, architecturale pour les plus originaux : tenir nos théâtres debout... Tant de déclarations faites pour décourager les acteurs d'un mouvement qui non content de ne pas s'essouffler a fait des émules et donné des idées de mobilisation à d'autres (chercheurs, enseignants...).
Les pouvoirs publics ou le patronat se sont-ils aperçus que les artistes n'étaient plus les saltimbanques hérités de pratiques monarchiques datées ? La maturité des intermittents artistes, techniciens, administratifs a été mainte fois prouvée et au moment ou nous préparions cette première table des passions, il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour décider que « faire le point » sur la situation des artistes serait notre premier sujet de débat.
Autour de cette table, nous avons donc réuni avec vous : la chorégraphe et danseuse LAURE BONICEL, le metteur en scène et comédien RENAUD-MARIE LEBLANC et le compositeur interprète PASCAL CONTET. Tous les trois très actifs dans la lutte pour la défense des droits des intermittents, tous les trois artistes en activité, en pleine maturité et qui doivent gérer au quotidien une réforme aberrante qui ne résout rien. Témoins et acteurs de cette crise, ils vont faire pour nous un état des lieux enrichi par leur expérience.
********
LAURE BONICEL
Interprète de 1989 à 1998 pour Anne Teresa de Keersmaeker, Odile Duboc et Mark Tompkins, Laure Bonicel débute sa propre recherche chorégraphique en 1992 et fonde la compagnie Moleskine en 1993. Elle a été Artiste associée au Théâtre de Sète /Scène Nationale de 2000 à 2002. Ses créations interrogent la représentation du corps et la question de l'identité. Le corps est appréhendé comme matériau brut. Corps morcelé, désarticulé, exalté, disloqué, pornographié, fétichisé, hybridé... Corps masse, nerveux, osseux, Laure Bonicel le travaille comme corps sujet et corps objet. Les collaborations artistiques ont une place primordiale dans les processus de création. Les univers sonores, les environnements plastiques, les vêtements-costumes sont parties indissociables de ses recherches chorégraphiques. Dernières créations : Manureva (98), Untitled (99), Duplex (2000), Millefeuille (2001), Panorama (2001) en collaboration avec Christine Jouve, Mode Oscillation Over Drive (2002) en collaboration avec Gérôme Nox (musicien compositeur) et Cécile Babiole (artiste multimédia), SLEEPING BAG.0 (2002), SLEEPING BAG.1 en collaboration avec le plasticien Gilles Touyard (2003), SLEEPING BAG. 5 (2003).
PASCAL CONTET
A principalement étudié en Allemagne et au Danemark. Lauréat de nombreux prix et fondations (Menuhin, Cziffra, Lavoisier, Daad, Fondation Marcel Bleustein pour la Vocation (promotion du Président de la République), Prix Mogens ELLEGAARD décerné par le Danemark pour l'ensemble de son travail - mai 2000). Depuis son retour en France (1993), il s'attache à l'édification d'un nouveau répertoire et son désir de rompre les frontières artistiques l'incite à aborder les musiques théâtralisées et improvisées (Jacques Rebotier, Jean-Pierre Drouet, Joëlle Léandre), à s'intégrer à des créations et à des travaux chorégraphiques (Loïc Touzé, Fattoumi/Lamoureux, Suzan Buirge), à collaborer avec des plasticiens (Hata Satoshi) ou à élaborer un spectacle aux multiples facettes (Lumières d'Accordéon). Il crée des oeuvres de Luciano Berio, Claude Ballif, Philippe Fénelon, Bernard Cavanna, Jean Françaix... (ce dernier lui a dédié son Concerto pour accordéon). II a travaillé sous la direction de chefs tels que Pierre Boulez, Diego Masson ou Pascal Verrot et participe à l'activité de la plupart des ensembles français dédiés à la musique contemporaine ou d'autres orchestres comme soliste (Ensemble Intercontemporain, Ars Nova, 2E2M, Orchestre philharmonique de Radio France, Orchestre de Chambre de Lausanne, Philharmonies de Lorraine, de Göttingen...). II est présent dans de nombreux festivals et effectue des tournées à l'étranger. Discographie : Contet/Léandre (Musisoft) , Cavanna (MFA), Rebotier(MFA), Giner (Agon), Drouet (Night and Day -Victoires 96).
RENAUD-MARIE LEBLANC
Est auteur, metteur en scène et comédien. Il crée à Marseille en 1996 Didascalies and co sa compagnie. Il a commencé par suivre les cours de Luce Mélite, à Marseille et ceux de Niels Arestrup à Paris,... Comme acteur, on le retrouve dans plusieurs spectacles mis en scène par Marcel Maréchal (1990 à 1995), ou Philippe Minyana (1992 – 1995). Avant de se consacrer à son propre travail, il est assistant à la mise en scène tantôt au théâtre (Marcel Maréchal/1993, Caterina Gozzi/1999, Jean-Claude Fall/2002) ou à l'opéra (1995). C'est en 1994, qu'il dirige sa première mise en scène : MÉLITE ou Les Fausses Lettres de Corneille. Vont suivre : ACTÉON, opéra de M.-A. Charpentier/1995 (avec le Concert de l'Hostel-Dieu), L'IGNORANT ET LE FOU de Thomas Bernhard, OFFENBACH'S, spectacle musical d'après Offenbach/1997, DIDON ET ENEE, opéra de Purcell/1999, MA SOLANGE, COMMENT T'ECRIRE MON DESASTRE, ALEX ROUX, (fragments) de Noëlle Renaude/2000, DERNIERES NOUVELLES DE LA PESTE de Bernard Chartreux/2001, XCA de Jean-Luc Payen,/2002-03, UNE ORESTIE, trilogie d'après Eschyle/2004. Il adapte les romans d'Arthur Schnitzler MOURIR (qui sera mis en scène par Nicolas Lartigue, en 1993, sous le titre L'ÉPHÉMÈRE), de Jean-Luc Payen XCA, LE CAMP, l'ORESTIE d'Eschyle, LA MORT DE KIKKY (livret d'opéra (création le 4 février 2005 au théâtre le Sémaphore, scène Conventionnée de Port-de-Bouc, musique Alain Jamot). De 1997 à 1998 il est membre des Commandos d'écritures dirigés par Madeleine Laïk, pour lesquels il écrit deux textes : SCENE D'HOPITAL, « ICH HABE GENUG » CANTATE
********
Depuis le mois de juin, plusieurs festivals se sont organisés pour proposer une formule de discussion itinérante sur les sujets d'avenir de notre profession : “Passions à table“
Imaginée par Jean-Marie Songy, directeur de Furies à Châlons-en-Champagne et du festival d'Aurillac , “ Passions à table “ est une table scénographiée qui voyage de festival en festival et ou, après une année de crise sociale et éthique du secteur du spectacle vivant, il semble que les solutions de sortie passent encore et toujours par l'échange entre les différents partenaires de ce milieu : artistes, bien sûr, mais aussi élus, représentants de l'Etat, des collectivités locales et territoriales, de la profession...
Ainsi, Paris quartier d'été accueillera cette “ table des négociations “ dans le jardin des Tuileries, du 2 au 6 août prochain.
Nous avons sollicité Emmanuel Serafini pour orchestrer ce travail de « libres expressions » autour des thèmes suivants :
TEMOINS - ACTEURS DE LA CRISE > le 2 août
LES FRICHES, LES NOUVEAUX TERRITOIRES DE L'ART ? > le 3 août
EUROPE – CULTURE, QUEL PROJET ? > le 4 août
LE SPECTACLE VIVANT A LA TELEVISION ET DANS LES MEDIAS > le 5 août
LES ENJEUX CULTURELS DU MOMENT > le 6 août
Parmi les invités pressentis de ces débats à Paris quartier d'été : Laure Bonicel, Renaud-Marie Leblanc, Pascal Contet, Remy Bovis, Michel Strulovici, Gildas Leroux, Yolande Padillat, Roger Tropéano...
Après Paris quartier d'été, la table repartira vers le festival d'Aurillac du 18 au 21 août.
La série Passions à table à Paris Quartier d'Été a été organisée et préparée par Emmanuel Serafini assisté d'Hélène Billy.
Textes et présentation : Emmanuel Serafini
Documentation et bibliographie : Hélène Billy
"Dans certains coins du monde, on se réunit autour de « l'arbre à palabre », ailleurs autour du « calumet de la paix ». En Occident, pour régler les affaires publiques, c'est autour d'une table qu'on négocie, parfois jusque tard dans la nuit. Quel coup de théâtre, si on la quitte ! C'est souvent là que se joue une partie de notre avenir collectif. Notre imaginaire lui associe des images impressionnantes, autant de moments historiques, gravés dans notre mémoire. Il suffit de revoir rapidement les photos des « accords de Grenelle » de « Matignon » ou du « traité de Versailles » pour comprendre la portée symbolique qui lui est accordé.
Comme le disait fort bien Jean-Marie Songy « l'instigateur » de « Passions à table » : il FALLAIT un objet pour concentrer ce besoin de dialogues et de rencontres qui a surgi au lendemain de l'annulation des manifestations culturelles de l'été 2003, mais aussi d'une partie de la saison 2003 – 2004. Il fallait effectivement à la fois une métaphore et une matérialisation de la table de négociations pour renouer le dialogue dans et en dehors de la profession. Il fallait inventer un moyen d'opérer, grâce à cet objet, une sorte de transfert permettant de continuer à se rassembler et à échanger, avec comme principal objectif : toujours et encore d'expliquer que NON les artistes ne sont pas des feignants, que NON, il ne veulent pas être assistés, mais que OUI il y a des abus dans le système d'indemnisation chômage et que OUI, comme d'autres secteurs, les professionnels ont gagné une protection sociale qu'ils veulent garder. Mieux même, pour la première fois depuis longtemps dans un conflit social, les premiers concernés ont proposé une autre solution plus juste qui mutualise davantage les fonds de la solidarité interprofessionnelle pour venir en aide aux plus fragiles ou aux plus démunis. Ce qui est un comble puisque les professionnels qui en bénéficient proposent que ce dispositif, instrument d'ultra flexibilité et de précarisation, soit utilisé pour agir socialement au coeur d'une profession où l'emploi est par nature instable...
En 2003, Paris Quartier d'Été n'a pas échappé aux annulations. La périodicité de cet événement n'a pas permis aux principaux protagonistes de ce festival de prendre la parole. Après une année de crise sociale et éthique dans le secteur du spectacle vivant, il semble que des solutions émergent. La nécessité d'un dialogue confirme qu'il faut s'asseoir pour partager les points de vue et éviter les postures rigides et dogmatiques. Paris Quartier d'Été souhaite participer à cette recherche de solutions. C'est donc dans un climat que nous espérons plus pacifique que celui de l'été 2003, que Paris Quartier d'Été se propose de faire le point avec Passions à Table et de rassembler pendant une heure le public et des personnalités passionnées d'art et de culture (artistes, élus, représentants des ministères, de la profession, de syndicats, des coordinations d'intermittents...) pour aborder certains sujets qui ont agité notre société. Pendant une heure chaque jour, du 02 au 06 août de 19h00 à 20h00 nous dialoguerons notamment sur le devenir de l'intermittence, ou celui des lieux alternatifs de recherche et de création, mais aussi sur la place du spectacle vivant dans les médias ou le projet culturel européen et sur bien d'autres enjeux culturels du moment.
L'originalité de ce projet réside aussi dans son itinérance. Après Paris, la table qui nous réunira, sera installée dans un autre festival de l'été. Ce « tréteau ambulant » des négociations, arrivé encore bruissant des débats d'autres festivals en France, repartira lesté de nos échanges, les tiroirs remplis de documents, marquant ainsi l'originalité de ce projet."
Emmanuel Serafini
Inséré le : 30/06/2004 00:00