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MURIEL BLOCH
Chapeau : Bonheurs indus et métissés
Source : Paris Quartier d'été (
http://www.quartierdete.com)
Genre : Portrait (Mots-clés : )
Apparence :
Muriel BLOCH conteur
Texte : Muriel Bloch aime raconter des histoires « en musiques et à la carte ». Elle recycle des contes populaires glanés dans les livres et au cours de ses voyages. Elle est conteuse depuis vingt-cinq ans et collabore avec Paris quartier d'été depuis 1994. Il n'est pas un continent qu'elle préfère, empruntant ses récits aussi bien au grand nord, au monde yiddish qu'à l'Afrique ou au Japon. Son dernier spectacle,
Mondes croisés avec Abbi Patrix (conteur), Guilla Thiam (musicien et chanteur), Aziz Gueye(conteur) est actuellement en tournée.
Bibliographie :Ivan, Héléna et les oies , éditions Didier Jeunesse (2002)
La Marchande de soleils (livre/CD), éditions Thierry Magnier (2002)
Marie Jolie, fille du Mississipi , éditions du Seuil (2003)
Le Sac à soucis, éditions Thierry Magnier (2003)
365 Contes autour des villes du monde, éditions Gallimard/Giboulées (à paraître)
Voici un texte de Muriel Bloch qui raconte l'histoire de sa collaboration avec Paris quartier d'été, comment elle a rencontré ses invités de cette année, mais aussi sa découverte de ce qui est devenu son art. « Voilà 25 ans... que je raconte, que je publie des livres de contes, que je fais des spectacles pour tous les publics, souvent en musique et avec d'autres conteurs, voire des danseurs. J'ai fait des émissions sur France-culture, participé à un film documentaire réalisé par Dominique Gros sur les conteurs dans le monde, film diffusé sur Arte en 2OO2, et parfois je suis responsable d'événements autour du conte comme le programme Babel Contes réalisé en Septembre 2OOO au couvent des cordeliers pour le festival d'Automne. J'anime régulièrement des ateliers d'oralité, en particulier pour la maison du conte de Chevilly -Larue. J'appartiens donc à la première vague du renouveau du conte en France.
C'est alors que je travaillais au centre Georges Pompidou à l'atelier des enfants et à la cellule pédagogique du Musée que je me suis intéressée au conte et depuis j'explore ce puits sans fond de la connaissance... Car le conte me permet toujours d'apprendre la culture des autres, de voyager et d'emprunter à la littérature parfois. Entre l'ethnologue que j'aurais rêvé d'être et l'écrivain, je suis conteuse, c'est-à-dire à mi-chemin, car les contes traditionnels que je recycle d'où qu'ils viennent (Japon, Afrique, Russie, Grand Nord...) sont des objets culturels qui nécessitent compréhension et réécriture.
C'est Patrice Martinet qui m'a demandé lors de la première édition de « Paris sur paroles » de lui proposer un programme de conteurs sur le thème du voyage à écouter dans les salons des grands hôtels parisiens. Le public est venu assez timidement, mais d'années en années nous avons gagné un véritable public, amoureux des contes certes mais aussi curieux de découvrir à Paris des lieux insolites. Prêts à tous les horaires, à tous les défis. Car, grâce au festival Paris quartier d'été, je trouve que le public du conte évolue et grandit. Pour moi, le conteur est celui qui en situation peut librement faire résonner des lieux et une mémoire ; c'est un témoin, libre dans ses histoires, de s'adapter au contexte proposé. Il ne s'agit nullement de programmer des spectacles clé en main, même avec un minimum de technique, mais le plus souvent de se retrouver à voix nue, seul, pour une heure, en accord avec un lieu choisi, souvent décalé.
Patrice Martinet m'a toujours laissé carte blanche depuis le début de notre collaboration. L'idée est en général proposée avant la fin de l'année et, en fonction du lieu, je choisis les conteurs les plus à même de répondre à la « commande » qui n'en n'est pas vraiment une, car il n'y pas véritablement de budget de création, mais une certaine prise de risques du côté des artistes. J'essaie d'années en années de faire découvrir de nouveaux conteurs au public et de choisir des thématiques qui se répondent et se complètent.
Cette année, pourquoi des conteurs pour une nuit et une seule nuit en boîte ? C'est un peu pour renouveler l'édition de « Paris sur Paroles » . En effet, jusqu'à présent, nous étions dans des horaires « ouvrables » dépendant des lieux d'accueil, des horaires de jour donc. Et pour un temps court. Mais le conte appartient à la nuit, le conte nécessite une durée indéfinie. Un certain abandon, et un confort d'écoute que certaines éditions kamikaze genre les cimetières parisiens avec 250 personnes autour de l'artiste non sonorisé ( !) ou un musée à l'acoustique plus que douteuse n'offraient guère. Je souhaite tenter le pari de la nuit entière car les contes aiment l'obscurité, les rêves, le temps aboli... En ville, la nuit, où raconter ? Les cafés ferment trop tôt, et aussi depuis ses débuts « Paris-sur paroles » explore des lieux décalés. Aussi, quoi de plus décalé pour « une veillée de contes » que la boîte de nuit ? Par ailleurs, j'en avais fait personnellement l'expérience à Bordeaux voilà bien des années et le public, pas du tout habitué, avait adoré. Par chance, le patron du Rex Club (lieu dont la sobriété et le confort me paraissent tout à fait appropriés pour un tel pari) s'est montré intéressé et c'est avec lui donc que le projet s'est concrétisé. Pour une telle nuit, j'ai eu envie de rassembler autour de moi des artistes pouvant tous travailler ensemble, ayant des liens d'amitié pour la plupart avec moi, car une telle nuit à tisser demande beaucoup de confiance. Il ne s'agit pas d'enchaîner des spectacles les uns après les autres, mais de construire une route, empruntée par des artistes aux univers et aux paroles très complémentaires quoique différentes. J'ai souhaité que
deux jeunes slameurs avec lesquels j'ai eu l'occasion de travailler soient présents ainsi qu'
André Minvielle fidèle complice de Bernard Lubat, parce qu'il connait bien les conteurs et qu'il avait déjà participé à la Conciergerie à une manifestation où il avait œuvré seul.
Abbi Patrix mourrait d'envie de partager une scène avec lui... Le 22 Juillet, il y aura des propositions en solitaire, en duo, en trio, en musique, en musique seule, en paroles seules... Abbi Patrix est un compagnon de route de longue date, capable de s'accompagner en musiques, il a un vaste répertoire et peut tout à faire nous emmener au bout du monde... Le duo de la conteuse
Praline Gay-Para, invitée assez régulière de " Paris sur paroles", avec la chanteuse
Sandra N'Kaké a bouleversé le public lors de la première présentation au public de Chevilly Larue.. Ce répertoire de chants et de contes noirs-américains est également très original. J'ai entendu
Abakar Abaye, dix minutes à Grenoble l'année dernière et je l'ai retrouvé au Niger cet automne lors d'un festival international et ce Tchadien vivant au
Burkina-Faso est un conteur-musicien exceptionnel dont l'humour et la présence m'ont enthousiasmée. Par chance, il est en tournée en France ce mois de juillet d'où mon empressement à l'inviter. Une fois n'est pas coutume, mais j'avais envie d'être parmi ces amis avec deux musiciens-chanteurs sénégalais aux voix et aux rythmes splendides qui m'accompagnent pour un récit afro-cubain qui me hantait depuis des années. Guilla Thiam en particulier a déjà accompagné d'autres conteurs et ayant également participé au festival international du Niger, il a chanté et joué avec Abakar Abaye. Voilà c'est donc une fête des paroles, où les uns et les autres, présents et complices toute la durée de la nuit, nous nous échangerons et construirons le voyage... Pour que demain existe encore. »
Date de publication : 23/06/2003
Inséré le : 23/06/2003 00:00
Thèmes : conte,