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Programme

Illumination - Italie et Belgique

Anna Rispoli

Vorrei tanto tornare a casa

Première en France

Au départ, il y avait une consigne très simple : demander aux habitants d’un grand immeuble de composer, en morse, la phrase “Je voudrais tellement rentrer à la maison” en éteignant et en allumant les lampes de leur appartement. Tout simple… Mais faisons confiance à l’être humain pour tout compliquer. De cette injonction facile naissent une performance et une expérience humaine, un spectacle et un émerveillement partagé. Un moment de lumière et de musique, où s’humanise ce qu’on croyait hostile, où se créent des connexions que l’on croyait rompues ou jamais établies.

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Les grands desseins peuvent naître d’une intime émotion : l’artiste italienne Anna Rispoli a imaginé cette performance après avoir reçu un texto de son copain : “J’aimerais tellement rentrer chez moi, et que chez moi soit là où tu es toi.” Elle comprend que c’est une façon de proposer qu’ils habitent ensemble. D’autres auraient sauté de joie ou fondu en larmes, appelé leur meilleure amie ou leur mère, mais Anna Rispoli, elle, envisage immédiatement de plus vastes questions. Qu’est-ce qu’on appelle “chez soi” ? “J’ai commencé à observer les villes, qui sont mon paysage habituel. Comment projeter cette exclusivité du ‘chez soi’ dans des conditions architecturales qui obligent à la proximité, au partage volontaire ou involontaire des odeurs, présences, des sons, des ascenseurs, de l’électricité, du chauffage ? Et comment projeter une intimité dans une captivité, avec d’autres animaux mammifères ?” De ces interrogations va surgir une illumination collective, large et spectaculaire, qui met en jeu tous les habitants d’un immeuble et les fait parler non pas avec leur voix mais avec leurs lumières. Celles du salon ou de la cuisine, celle qu’ils allument tous les jours et qui murmure : je suis ici.

 

Écosystème

Ça semble tout simple : les habitants d’un grand ensemble suivent les mêmes consignes, transmises par une station de radio pour épeler un message en suivant l’alphabet morse : “Je voudrais tellement rentrer à la maison.” Mais, c’est heureux, tout se détraque. Chacun agit avec son rythme, son âge, son habitude, dans l’étrange écosystème que représente un immeuble… Et c’est bien le projet d’Anna Rispoli : “On peut inventer toutes les perfections mathématiques du monde, mais finalement, les gens se les approprient et les customisent.”

“Le plaisir du partage tient du partage volontaire, ajoute-t-elle. Donc tout partage qui est forcé par la société, par des moyens financiers, par une architecture bien ou mal construite, est une violence. Et c’est souvent un déclic mental de trouver ou pas un plaisir à cette proximité.”

Le déclic, au-delà de celui de l’interrupteur, pourrait être celui d’une féerie étrangement partagée, devant d’autres et chacun chez soi.

La performance a déjà été donnée à Bruxelles – elle a donné lieu, entre autres, à la création d’une amicale des locataires puis à celle d’un potager commun. À la demande des habitants, elle a eu lieu à nouveau sept ans plus tard. En Lettonie, dans une résidence d’étudiants, elle a fait se rencontrer pour la première fois ceux qui parlaient russe et ceux qui parlaient letton. En Corée, elle a été l’occasion d’une petite transgression : rentrer chez soi pour participer à quelque chose qui, a priori, ne sert à rien ? – à peine concevable pour l’hyper-productive société coréenne. Et à Paris, porte de la Chapelle ? Qu’adviendra-t-il ?

 

Communauté

Le spectacle est bref : 25 minutes environ. Mais il aura fallu des mois de rencontres, de discussions, pour se connaître ou pas, ou tenter de s’apprivoiser. “On utilise le mot de ‘communauté’, comme si c’était forcément positif et comme si c’était forcément existant. Si mille personnes habitent dans un même bâtiment, on considère que c’est une communauté. Ce n’est pas du tout vrai. Une communauté, ce serait partager un système de valeurs, ou beaucoup d’autres choses.” Les 15 et 16 juillet, on partagera à coup sûr un moment fort, réunissant l’intime et le spectaculaire, la musique et la lumière. Joli hasard, la résidence qui s’illuminera porte le nom d’un expert amoureux de Paris, Raymond Queneau,  qui écrivait comme ça :“Il faut de tout pour faire un monde. Il faut des vieillards tremblotants. Il faut des milliards de secondes. Il faut chaque chose en son temps.”


  • Distribution

    Composition et mise en scène : Anna Rispoli

    Assistante : Giulia De Vecchi

    Créé en complicité avec : les habitants de la résidence Queneau, Paris

    Production :  Paris quartier d’été

    Paris quartier d’été remercie : la SNCF Immobilier, le Five et Espoir 18.

  • Production / Partenariat

    En partenariat avec Radio Campus Paris et ICF Habitat La Sablière