Programme
Arts plastiques - Expérience théâtrale et photographie - Canada
Philippe Ducros
La Porte du non-retour
Pénurie d'eau © Philippe Ducros
| ENGLISH | 8€ - 5€ | Pics |
- Le samedi 14 juillet 2012 à 18h -> 21h:
Maison des Métallos (11e) - Le dimanche 15 juillet 2012 à 16h -> 19h:
Maison des Métallos (11e) - Du mardi 17 juillet 2012 au samedi 21 juillet à 18h -> 21h:
Maison des Métallos (11e) - Le dimanche 22 juillet 2012 à 16h -> 19h:
Maison des Métallos (11e) - Du mardi 24 juillet 2012 au samedi 28 juillet à 18h -> 21h:
Maison des Métallos (11e) - Le dimanche 29 juillet 2012 à 16h -> 19h:
Maison des Métallos (11e) - Durée: 1h
Gratuit le 14 juillet, détails ici
Sans réservation, entrée dans la limite des places disponibles.
Dernière entrée à 20h15
et les dimanches dernière entrée à 18h15
Une pièce d’identité sera demandée pour le prêt de l’audio-guide
La Porte du Non-Retour : c’est nom d’un monument que l’on retrouve à quelques endroits en Afrique de l’Ouest, en mémoire des millions d’esclaves déportés vers l’Amérique. Un emblème de l’exil – puisque la porte qui signifiait l’adieu définitif à la terre natale. C’est aussi le titre d’un spectacle en forme d’expérience conçu par le Canadien Philippe Ducros. Parce qu’il a passé les dix dernières années à traverser les frontières qui séparent les pays, il n’aime rien tant qu’abattre celles qui prétendent séparer les arts. Résolu à “sortir le spectateur de sa cuisine et de son salon pour l’emmener sur les routes, vers les autres”, il associe photo, théâtre et récit intime pour un voyage au long cours au cœur des crises de la République démocratique du Congo, symboles de toutes les exodes et de toutes les migrations.
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"À une époque où les marchandises ont des passeports et des visas beaucoup plus facilement que les individus, où les idées et les gens doivent creuser sous les murs et couper les barbelés pour se rencontrer, je crois qu’il faut penser le monde comme une série de vases communicants où notre mode de vie est directement relié à celui des six milliards d’autres humains.”
Philippe Ducros
Tout voyageur fait un double voyage : au déplacement physique dans un paysage inconnu s’ajoute une solitude avec soi-même, une confrontation plus ou moins confortable avec l’idée de sa propre normalité. Comment peut-il penser, réagir, face aux plus âpres violences du monde ?
Artiste embarqué sur les routes du monde depuis dix ans, en Palestine occupée, en Bosnie, au cœur industriel de la Chine, ou dans les mouroirs de l’Inde, Philippe Ducros a choisi de détourner de son usage habituel le casque d’audio-guide. Souvent instrument d’une contemplation passive, il devient ici le moyen “d’infiltrer l’intimité du spectateur pour doucement le mettre face à face avec ces réalités difficiles à imaginer”. Associé à une cinquantaine de photos, l’audio-guide permet à chacun d’entrer dans les pensées du voyageur, traversé par le souvenir de celle qui l’attend, mais dont il s’éloigne. La voix de la femme aimée se dissipe, se mélange à celles des femmes du camp de déplacés internes de Mugunga 3, tandis que les pas du voyageur-spectateur le conduisent au creux du désert et du vide, dans le camp de Kebribeyah où vivent 16 000 réfugiés somaliens, ou encore en République démocratique du Congo, de Masina, commune populaire de Kinshasa la débordante, jusqu’au au Nord-Kivu, où encore aujourd’hui, les conflits rivalisent d’horreur aux pieds des volcans.
“Un homme coincé dans une camionnette commune sur le boulevard Lumumba de Kinshasa tente de gérer le choc de ses rencontres et la violence qui l’entoure… Et si la fin du monde n’était pas à la même heure pour tous ?”
Fondée par Philippe Ducros, la compagnie Hôtel-Motel a voulu dresser avec ce spectacle “un bilan des pèlerinages plutôt extrêmes qui sont au cœur de notre démarche des dernières années, que ce soit en Palestine occupée ou dans les camps d’Afrique”. Auteur, metteur en scène, acteur et photographe, Philippe Ducros revendique d’être autodidacte : “Je ne suis pas allé dans les écoles d’art, dans les studios des maîtres, j’ai plutôt voyagé. En tant qu’être humain et qu’artiste, je me suis formé sur les routes. Ma vision du monde en est revenue modifiée, mutante. Ces errances ont peu à peu servi d’inspirations et de mode de vie.” De ces voyages au long cours sont nées des pièces – L’Affiche, Les Lanceurs de pierres, inspirées par de nombreux séjours à Gaza – ou encore trois expositions qui prennent comme décor l’Afrique d’aujourd’hui pour traiter des migrations modernes et des conflits du monde tout en privilégiant un théâtre d’histoire, de poésie et de mots.
Bouclant la boucle, La Porte du non-retour est peut-être aussi la fin du voyage, la métamorphose d’un narrateur qui renonce à une autre place que celle qui est devenue la sienne : nulle part et partout en mouvement, sans attaches autres que celles du présent. “Au fil de mes voyages, peu à peu, ma vie explose en mille et une personnalités laissées sur les frontières, dans les chambres anonymes, là où le savon a la même odeur peu importe où. Un jour, je ne reviendrai pas. La saveur de la vie est souvent beaucoup plus puissante au creux des camps. Et bien souvent, je me sens beaucoup plus près des gens que j’y rencontre que de mes voisins de palier à Montréal.”
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Biographie(s)
1971 : Naissance. Voyage et diversifie ses activités : traducteur, acteur, auteur et metteur en scène.
2000 : Crée Le 4e round et Diapodiaspora, représentés à l’Espace Libre. Fondation de la compagnie Hôtel-Motel.
2002 : Ecrit 2025, L’année du Serpent, lauréat de la Prime à la création Gratien Gélinas.
2004 : Voyage en Syrie et au Liban avec l’organisme français Ecritures Vagabondes. Publie à son retour La Rupture du jeûne, “sorte de carnet de voyage”.
2005-2009 : Ecrit L’Affiche, sur l’occupation de la Palestine. Nommé Spectacle de l’année pour la région de Montéal par l’Association Québécoise des Critiques de Théâtres.
2010 : Devient directeur artistique de l’Espace Libre, à Montréal.
2011 : Crée La Porte du non retour à la Maison de la culture de Frontenac.
2012 : Présente L’Affiche aux Francophonies du Limousin.
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Distribution
Texte, mise en scène et photographies : Philippe Ducros
Musique : Ludovic Bonnier
Conseillère à la scénographie : Magalie Amyot et Romain Fabre
Assistante à la mise en scène : Catherine La Frenière
Narrateurs, version française : Étienne Pilon et Klervi Thienpont
Narrateurs, version anglaise : Catherine Bérubé et Alex Ivanovici
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Production / Partenariat
Coproducteur : Festival TransAmériques




