Programme
Musique - Nuits royales - Pop-rock baroque - Royaume-Uni
The Irrepressibles
Mirror, Mirror
Premières représentations à Paris
Ils évoquent tout et pourtant ils ne ressemblent à personne. Ou plutôt, ils vont éveiller chez chacun les plus lumineuses images d'excès, de théâtralité, de démesure. Cabaret décadent, outrance revendiquée, plumes flashy ou perruques poudrées...
L'univers flamboyant que déploient les Irrepressibles voyage de Venise à Weimar, évoquant, en vrac, les grandes heures de Queen, le kitsch de Carmen Miranda, le trémolo d'Anthony and the Johnsons, les aventures de Peter Greenaway et Michael Nyman, Klaus Nomi chantant Purcell, mais aussi T-Rex, Tex Avery ou Karl Valentin... Derrière Jamie McDermott, divo à la voix perchée, un mini orchestre de musiciens baroques déploie des chorégraphies millimétrées, faisant de chaque morceau un spectacle.
On connaît le mythe doré du self made man, de la self made woman, qui se raconte comme une histoire simple et toujours répétée, de celles avec lesquelles ont endort les enfants : parti de rien, un individu quitte sa petite ville. Surmontant toutes les épreuves, à force de travail, de détermination, de courage et d'une pincée de chance, il accède à toutes les richesses et à tous les succès. Ça, c'est l'American dream. Mais il existe aussi un English dream, qu'on pourrait raconter comme suit : dans une petite ville (nordique et pauvre, le plus souvent), un jeune garçon est la risée de ses congénères. Trop sensible, trop différent, exclu, il se réfugie dans la littérature et la poésie, jusqu'au moment où la musique lui fournit les moyens de sa gloire. Il conquiert d'abord Londres, puis le reste du monde, obtenant in fine d'être célébré, précisément, pour sa différence.
Le leader des Irrepressibles, Jamie McDermott, est de ceux-là. Il grandit près de Scarborough, station thermale du Yorkshire, corseté par un environnement catholique strict. Victime d'abus sexuels à deux reprises, pauvre, gay, solitaire, différent. Un jour, sa grand-mère lui offre un synthé Casio et il ne le lâche plus. Il se paye des leçons de piano en distribuant des journaux, écrit pour l'orchestre de son école. Après Queen, Kate Bush ou Tangerine Dream, il découvre Bowie, Grace Jones, s'intéresse à la musique classique et se nourrit de fantasmagories. "Après les leçons de piano, j'aimais aller au bord de la mer, où j'avais des visions de musiques et de vaisseaux spatiaux, je composais des symphonies dans ma tête." A la fac de Westminster, il lit des livres, réfléchit aux liens entre mode et musique, s'inspire de Vivienne Westwood, de Malcolm McLaren. Peu à peu, il élabore un paysage esthétique qui rejoint son univers musical pour créer "une féerie qui va au-delà de la musique". Il embarque dans sa vision une poignée de musiciens classiques, avec qui il fonde les Irrepressibles. Irrépressible, en effet : le groupe poursuit sa progression obstinée, charme le public partout où il passe, jusqu'à un premier album plébiscité. Au bout de sept ans, Jamie McDermott a trouvé sa place dans une longue lignée d'excentriques, qui va d'Oscar Wilde à Morrissey. Sa plus grande peur ? "Ne plus être créatif, aller faire un travail normal."
| ENGLISH | 18 € - 14 € - 8 € | Pics | Video | Podcasts |
- Du mercredi 4 août 2010 au vendredi 6 août à 22h:
Palais Royal (1er) - Durée: 1h 10
-
Distribution
Composition, chant et guitare : Jamie McDermott
Flûte, voix : Rose Reed
Hautbois, cor anglais, voix : Craig White
Clarinette, saxophone, voix : Anna Westlake
Piano, voix : Sarah Kershaw
Percussions : Amy Kelly
Violon, voix : Jordan Hunt
Violon alto, voix : Charlie Stock
Violoncelle, voix : Nicole Robson
Contrebasse, voix : Sophie Li


![[VISUEL]](http://www.quartierdete.com/wp-content/uploads/2010/08/marius029.jpg)





© Yael Fachler


