Programme
Danse - Nuits royales - Flamenco - Espagne
Rocío Molina
Oro Viejo
Premières représentations à Paris
Toute révélation artistique est un bouleversement des habitudes : cela, nul ne l'illustre mieux que Rocío Molina. En effet, pour incarner le renouveau du baile féminin, qui attendait une petite jeune femme blonde au visage poupin ?
À seulement 26 ans, à la tête de sa propre compagnie, elle s'est immédiatement imposée sur les scènes mondiales grâce à sa virtuosité époustouflante, mise au service de créations atypiques.
Est-ce le produit de sa folle allure ? Dans Oro viejo - "vieil or" -, pièce conçue pour trois danseurs, la danseuse examine la course du temps, faisant dialoguer présent et passé, mesurant la succession des saisons, l'approche de la fin et le désir de vivre pleinement un présent qui, par définition, ne fait que passer. Impressionnante de précision, mélange d'ingénuité, de sensualité et de puissance, Rocío Molina présente pour la première fois l'une de ses créations à Paris.
“Le temps ne passe pas, nous seuls passons" - cette phrase d'Igor Stravinsky pourrait servir d'exergue à Oro viejo, un spectacle qui aborde le thème de la fuite du temps avec un mélange d'humour et de mélancolie. On pourrait aussi s’étonner qu'il ait été conçu par une jeune femme de 26 ans, mais on le comprendra peut-être mieux si on observe la trajectoire fulgurante de Rocío Molina. Elle la résume en une phrase : "Je suis montée sur scène pour la première fois à l'âge de trois ans, et je n'ai pas arrêté depuis." Un formidable élan tempéré toutefois d'une observation : "Quand on est petit, on a moins peur des choses. Mais la peur augmente à mesure qu'on avance."
Rocío Molina est née à Málaga, la ville de gloires flamencas de la fin du XIXe siècle, comme Juan Breva, La Trini, ou El Canario. Son père est cuisinier sur un bateau de pêche ; sa mère, qui a arrêté à 19 ans sa carrière de danseuse classique à l'Opéra de Bruxelles, accompagne partout sa fille débutante. "Danser a toujours été une chose évidente pour moi, dit Rocío Molina, c'est sans doute ce qui me différenciait des autres." Enfant prodige ? Peut-être, mais surtout douée d'une prodigieuse envie. À 13 ans, elle a vite fait le tour de la centaine de peñas de sa ville natale, et trépigne d'appétit et d'impatience. Elle part pour Madrid, y intègre le conservatoire - dont elle sort avec les honneurs -, puis s'en va étudier à Granada, à Séville, à Jérez, absorbant tout ce qui lui est donné à voir : le folklore, l'école bolera, les classiques du répertoire espagnol... Au sein de la troupe de María Pagés, elle part en tournée au Japon, en France, en Italie, puis fonde, à 19 ans seulement, sa propre compagnie.
Pas un obstacle, pas un temps mort. En quelques années, elle remporte sans conteste une dizaine de prix prestigieux, fascine Londres, conquiert les plus sévères critiques de New York, époustoufle le public de la Biennale du flamenco de Séville, danse aussi bien avec Israel Galván qu'avec Belen Maya et Merche Esmeralda - "Je les avais vues au cinéma quand j'avais huit ans." Comment définit-elle son style ? "Traditionnel ou contemporain, c'est presque une fausse question à mes yeux. Le mieux, c'est le naturel où l'art grandit comme la vie doit grandir. Le flamenco est ouvert, il n'y a pas de limites à la façon dont il peut être interprété."
À quoi rêve une jeune danseuse à qui rien ne résiste ? La réponse peut surprendre : à la vieillesse, à la solitude, à la perte des amours. Pour préparer Oro viejo, Rocío Molina s'est d'abord engagée dans une période d'exploration. "J'ai commencé à observer les gens âgés dans la rue. Avant, je n'y faisais pas attention. Je voulais ressentir ce qu'ils ressentaient. J'ai mis de vieux habits, j'ai caché mon visage dans des écharpes, je me suis assise sur les bancs dans les parcs, et j'ai ralenti mon pas dans les rues. Et là, j'ai remarqué que personne ne me voyait plus. Depuis, je vois les choses différemment. Les jeunes passent leur temps à courir. Ils avalent le temps."
Le résultat est un spectacle plein d'audace, qui navigue entre passé et avenir et alterne les compositions contemporaines du guitariste Paco Cruz avec des enregistrements d'anthologie qui grésillent comme la radio du salon poussiéreux d'une grand-mère. Émouvants et emportés, les tableaux se succèdent, révélant la maîtrise d'une danseuse explosive et multiple, mais aussi l'inspiration d'une chorégraphe attachée à la théâtralité, utilisant avec liberté et fraîcheur les possibilités du costume, du groupe, de l'androgynie, du mélange des ambiances et des instruments.
| ENGLISH | 18 € - 14 € - 8 € et Pass Flamenco | Pics |
- Le vendredi 30 juillet 2010 à 22h:
Palais Royal (1er) - Le samedi 31 juillet 2010 à 22h:
Palais Royal (1er) - Durée: 1h 10
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Biographie(s)
Rocío Molina
1984 : Naissance à Málaga
1997 : Entre, à l'âge de 13 ans, au Conservatoire royal de danse de Madrid.
2001 : Intègre la compagnie María Pagès et participe au spectacle Las Cuatro Estaciones.
2003 : Lors du festival Flamenco USA, danse aux côtés de Manuela Carrasco ; duo avec Israel Galván.
2005 : Donne la première représentation de son spectacle Entre Paredes au Teatro principal de Vitoria. Produit El Eterno Retorno, basé sur les textes de Nietzsche.
2006 : Collabore et danse avec Antonio Canales dans son spectacle Bohemio, puis lors de la Biennale de Séville avec Carmen Linares au chant, dans un spectacle dirigé par Mario Maya, Andalucía, el Flamenco y la Humanidad. Crée un nouveau spectacle Turquesa como el Limón.
2007 : Première représentation d'Almario au festival de flamenco de Jerez, sous la direction de Miguel Serrano.
2008 : Sacrée meilleure danseuse à la Biennale de Séville à 24 ans.
2008-2009 : Danse aux côtés de Belen Maya et Merche Esmeralda dans le spectacle Mujeres, dirigé par Mario Maya.
2009 - 2010 : Chorégraphie et interprète Oro viejo, création pour quatre danseurs.
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Distribution
Conception : Rocío Molina et David Picazo
Chorégraphie : Rocío Molina et Laura Rozalén
Danseurs : Rocío Molina, David Coria, Adrian Santana
Chant : Rosario "La Tremendita"
Guitaristes : Rafael Rodríguez "Cabeza", Paco Cruz
Percussions : Sergio Martínez
Palmas : Vanesa Coloma, Guadalupe Torres
Vidéo : David Picazo, Marta Azparren
Lumière : Ruben Camacho
Son : Enrique Cabañas -
Production / Partenariat
Production : A Negro Producciones


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© Luis Castilla


