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Programme

Danse - Nuits royales - Flamenco - Espagne

Pastora Galván

Pastora

Avec le concours de Flamenco en France

Cherchez la femme... Au Palais Royal, on avait admiré en 2007 le grand danseur Israel Galván. Puis, en 2009, on avait découvert son père, José Galván. Il était grand temps d'être ébloui par la petite dernière, Pastora Galván, carte cachée et carte maîtresse de cette grande famille flamenca.
“Fille de...”, “sœur de...”, sans doute. Mais elle est avant tout Pastora, titre qu'elle a donné à son spectacle, présenté à Paris pour la première fois.
Et si elle est la dernière à parler, elle n’est pas la moins éloquente, utilisant sa maîtrise de la grammaire du flamenco pour faire entendre ses propres arguments, rappelant que tout dans le flamenco est immémorial même si tout a été conçu avant-hier, et que l’avant-garde est sans doute la façon la plus efficace de consolider la tradition.

Ce n’est pas par manque d'imagination, qu'elle a intitulé son spectacle Pastora, mais probablement parce que son prénom reste la chose la plus difficile à faire entendre, accolé au célèbre nom de Galván. Un prénom que son père lui a donné, dit-elle, pour assurer son avenir de bailaora. Parlez-lui de prédestination... "Ma mère dansait quand elle était enceinte de moi. J'étais déjà dans l'académie de danse de mon père quand je n'avais qu'un an ou deux, et quand j'étais très petite, j'allais voir mes parents danser au tablao La Trocha. Je m'endormais dans les loges. En grandissant dans tel environnement, je ne pouvais que devenir danseuse. Quand j'ai eu 10 ans, mes parents m'ont inscrite d'office au Conservatoire de Séville, sans même me prévenir. J'allais à l'école le matin et au cours de danse l'après-midi. Je n'avais même pas le temps de jouer à la poupée."
En enfant de la balle, Pastora assimile les codes mais aussi les clichés du flamenco jusqu'à saturation. Assez pour savoir ce qu'elle veut et ce qu'elle refuse. "Je n'aime pas quand on envoie des 'olé !' obligés, ou quand on dramatise le remate par un coup de projecteur. Laissons cela aux discothèques." Ou encore : "Une femme doit apprendre à exprimer sa vraie personnalité plutôt que de dissimuler ses carences derrière des frappes de pieds élaborées. N'importe qui peut apprendre à frapper des pieds."
En 2006, son frère Israel lui taille un spectacle à sa mesure, La Francesa, règlement de compte jubilatoire avec le stéréotype de la femme fatale. Une image de la passion espagnole et gitane façonnée par les récits des voyageurs français de la fin du XIXe siècle, à laquelle les Espagnols eux-mêmes se sont conformés au-delà de toutes espérances, folklorisant le flamenco, identifié par des œillets, des robes à pois, des femmes de caractère... Un spectacle où Pastora se paye même le luxe d'apparaître dans le maillot de Zidane pour danser la habanera de Carmen, terminant par un coup de tête dans la poitrine du chanteur ! Qui, à part elle, pourrait commettre de telles farces en toute élégance ?
Dans Pastora, elle laisse éclater son aisance, son évidence, sa gouaille, articulant des ruptures, cherchant par endroits la géométrie, l'angle aigu, les profils acérés, la suspension. Puis, rompt la distance par des cambrures osées, des mouvements ondulants des épaules et des hanches, par des coquetteries resurgies d'un temps archaïque. Une époque où les femmes laissaient apparaître la profondeur de sentiments qui, jaillissant de la taille, montaient jusqu'au visage, et qui se propageaient des épaules jusqu'à la pointe des doigts. Comme cette bulería dansée en blouse, talons plats et bas de contention, hommage à Triana Pura et à la spontanéité des fêtes de village, quand le chant et la danse étaient encore une respiration. Un flamenco libre et volontiers paillard, une chose de la vie, qui servait à dire une tristesse, à régler une querelle ou à faire une mauvaise blague. Telle est Pastora Galván : sensuelle et facétieuse, impériale et immédiate, experte de la grammaire et de toutes les exceptions. En un mot, flamenca.

C’est complet ! Mais quelques places seront mises en vente les soirs de spectacle.

www.pastoragalvan.com

  • Biographie(s)

    Pastora Galván

    1980 : Naissance à Séville dans une famille de danseurs flamencos.

    1990-1998 : Étudie la danse au conservatoire de Séville.

    1995 : Premier voyage aux États-Unis. Part danser avec la compagnie de théâtre de Flamenco de San Francisco.

    1998 : Rejoint la compagnie María Pagès pour son spectacle La Tirana.

    2000 : Se produit dans les créations de son frère Israel, Galván Mira ! Los Zapatos Rojos, La Metamorfosis, Galvánicas et Dos Hermanos.

    2001 : Reçoit le prix Mathilde Coral à Cordoue. Les tournées en soliste ou en collaborations se multiplient en Europe, au Japon, aux États-Unis, au Proche-Orient, à Cuba et dans de nombreux festivals.

    2006 : Danse dans La Francesa, une création imaginée pour elle, par Israel Galván à la Biennale de Séville.

    2009 : Présente Pastora au festival de Jerez.

     

  • Distribution

    Danse et chorégraphie : Pastora Galván
    Chant : David Lagos, José Valencia
    Guitare : Ramón Amador
    Palmas et pataíta : Bobote
    Lumière : Ada Bonadei (Vancram)
    Son : Félix Vázquez

  • Production / Partenariat

    Production : A Negro Producciones