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Programme

Musique - Musique dans les parcs et jardins – Complète mandingue - Mali

Bako Dagnon

En partenariat avec le Monfort et la Ville de Nanterre

Dans un pays de tradition orale, les griots sont des livres d'histoire et, au Mali, Bako Dagnon est une encyclopédie. Descendante de l'une des plus grandes familles du griotisme mandingue, elle assure avec panache la charge héréditaire. Sa connaissance experte des chansons ancestrales a fait d'elle l'éminence grise des plus grands artistes du pays, comme Ali Farka Touré ou Toumani Diabaté, qui venaient fidèlement la consulter pour mieux saisir le sens d'un mot, d'une nuance, ou s'assurer d'un détail historique.
Mais c'est d'abord sa voix, sa douceur et sa puissance qui ont fait d'elle une modeste diva nationale, et lui ont valu d'être surnommée "l'Aretha Franklin de Bamako".
Après quarante ans de carrière, elle prend son envol sur la scène internationale. Juste aboutissement pour Bako Dagnon qui n'a de cesse de répéter : "Une chanson ne se finit jamais."

"On naît griot, on ne le devient pas, alors que tout le monde peut devenir artiste. C'est pourquoi je demande aux jeunes griots et griottes de faire très attention et d'apprendre aux côtés des vieilles qui vivent encore, parce que, si l'on ne fait pas attention, le griotisme va disparaître et tout le monde sera artiste. Le monde est un lieu d'apprentissage." Héritière d'une prestigieuse lignée de griots (ou djelis) et conseillère éclairée des plus grands musiciens de son pays, Bako Dagnon sait de quoi elle parle. Conformément à la tradition, c'est sa mère, Djelifily Diawara, qui lui a transmis son bagage de griotte. Un apprentissage méticuleux de l'arbre généalogique des vingt-sept ethnies du pays, de leurs origines, de leurs histoires, de leurs langues et de leurs traditions, et de chansons qui remontent à l'Empire du Mali du XIIIe siècle. Comme tous les authentiques djelis du Mali, Bako est devenue une mémoire vivante, dépositaire des exploits des guerriers dogons, des lignées des Toucouleurs, de l'arrivée des émigrants malinkés, des louanges faites aux souverains bambaras ou des souvenirs d'illustres musiciens peuls.
Quelles que soient les études, qu'il s'agisse de perpétuer une tradition séculaire ou de tout autre chose, certains sont doués, d'autres moins. D'autres encore s'élèvent plus haut, plus loin, hors concours. Sans conteste, Bako Dagnon fait partie de cette dernière catégorie. Elle a tout : sens de l'histoire, sûreté de goût, musicalité, voix ample, chaude, agile. Elle s'attire l'admiration des plus grands : Banzoumana "Vieux Lion" Sissoko, fondateur de la modernité musicale malienne, ou Bakary Soumano, rénovateur de la fonction de djeli, qui obtint que l'Association des griots figure sur la liste du protocole des cérémonies officielles de la République.
Mais des prestations si admirées de Bako Dagnon, presque aucune trace sur disque : quelques passages comme invitée sur les enregistrements de l'Ensemble instrumental du Mali, et cinq cassettes vite devenues introuvables. Il faudra attendre 2007, pour qu'elle enregistre un premier album pour de vrai, qui s'ouvre au rythme de la salsa, à des arrangements raffinés. La modernité, soit... Mais pas n'importe laquelle. "Je ne veux pas le mélange qui ne colle pas à notre tradition et qui en dénature le sens, le contenu et même les messages", insiste-t-elle, fustigeant les clips "réalisés sur les Champs-Elysées ou à la tour Eiffel, ou dans des limousines aux Etats-Unis". Poursuivant sa fonction d'éducatrice, elle rappelle aussi que "côté habillement, une griotte doit faire la promotion de la mode vestimentaire de son pays. Des danseuses avec des pantalons jeans et autres ne sont pas des exemples à suivre. Je demande aux jeunes artistes et griots de revenir à la tradition, ça se vend plus et c'est rentable pour vous et pour le pays", conclut-elle, dans un mélange d'intégrité et de pragmatisme. Sorti en 2009, le deuxième album de la grande dame s'intitule Sidiba - une onomatopée qui signifie "grand bruit". Et, dans le monde entier, c'est bien ce qu'il fait.

www.myspace.com/bakodagnon

  • Distribution

    Chant : Bako Dagnon

    Guitare : Diabaté Lassana Aliou, Sissoko Mama

    Guitare basse : Bouima Farid

    Djembé et percussions : Dembele Drissa