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Archive pour la catégorie ‘INSOLITE’

Poésie administrativo-végétale

Mardi 10 août 2010

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Au Jardin du Luxembourg, on ne rigole pas avec les arbres. Pour les concerts de musique du monde qui y sont organisés, Paris quartier d’été en prend de la graine !

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Souvenirs flamencos

Lundi 9 août 2010

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Inès Bacán n’avait pas donné de concert à Paris en tant que soliste depuis 1997, date de la mort de celui qui l’a révélée, son frère Pedro Bacán, un des maîtres de la guitare flamenca. Son retour sur la scène parisienne tient pour beaucoup à sa complicité de longue date avec la co-directrice du festival, Carole Fierz, qui a longtemps fait route aux côtés de Pedro Bacán et de son clan des Pinini. Carole et Inès sont toutes deux venues pour la première fois au festival en 1992, à l’occasion des trois soirées tziganes à l’Opéra qui réunissaient des artistes venus de Roumanie, d’Albanie, d’Inde, d’Egypte et de Turquie.

À l’époque, Carole Fierz, issue d’une formation de danseuse classique, avait été initiée au flamenco au hasard d’un voyage en Andalousie. Logée dans un hôtel tenu par la tante d’une grande danseuse flamenca, elle y découvre une sorte de “conservatoire naturel” où l’on chante et danse au quotidien. Une école libre.

“Les gitans ont une relation particulière au temps, ils ont une conscience exacerbée du côté éphémère de la vie, de la nécessité de jouir pleinement de l’instant présent. Ils ont la faculté de brûler chaque instant. Cette perception du temps leur insuffle un sens du rythme différent. La musique est pour eux un moyen de se transporter, d’échapper au quotidien.”

Au fil des rencontres, Carole fait la connaissance de Pedro Bacán et de son Clan des Pinini (un nom adopté en hommage au grand-oncle El Pinini, célèbre créateur d’un style de soleares et fondateur du clan gitan des Pinini, reconnu pour ses chanteurs d’exception). Elle collabore à la création de sa compagnie qu’elle accompagne de 1990 à 1997. En 1996, elle réalise “Inès, ma soeur”, un documentaire sur Inès et Pedro Bacán. A la mort de celui-ci dans un accident de voiture, “il était impossible de continuer, ça aurait été comme de naviguer sans le capitaine du bateau.” Carole s’éloigne quelques temps du flamenco, travaille pour Bob Wilson, Jérôme Savary … “Et puis j’ai découvert Israël Galván et je suis revenue au flamenco.”

Pour sa première édition en tant que co-directrice du festival, Carole Fierz convie tout naturellement celle avec qui elle a partagé sa première expérience à Paris quartier d’été. Et que de souvenirs ! Des trois soirées tsiganes à l’Opéra Garnier, elles gardent en mémoire ces rencontres musicales exceptionnelles où 200 musiciens venus de partout confrontaient leurs différentes traditions dans des boeufs en coulisses, faisant se mêler musique gitane andalouse et tsigane du Rajasthan,  polyphonie hongroise et rythmes manouches venus d’Alsace… Des moments d’échange et d’admiration commune immortalisés dans ces beaux clichés noir et blanc que Carole a bien voulu partager avec nous.

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Une balade ornithologique à Chamarande

Vendredi 30 juillet 2010

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Dimanche matin, nous étions une vingtaine à nous être donnés rendez-vous devant le Théâtre de la Ville, cueillant Paris à l’aube, rebroussant le chemin des nombreux noceurs qui ne voyaient en cette heure que la fin cahotante de leur nuit de fête. Il était 5h15 et nous nous retrouvions dans cette atmosphère de départ en vacances, quand on se dit qu’on partira tôt pour éviter le trafic et que les oreillers parsèment la banquette arrière en prévision des longues heures de route. Dans le bus, quelques uns ont collé le front à la vitre pour épier de leurs yeux mi-ouverts la capitale somnolente pendant que d’autres cédaient à une fatigue toute entière en ces temps festivaliers. Et puis une voix venue du devant du bus s’est mise à lire des poèmes et des textes à bec et à plumes, des lignes duveteuses où blottir notre manque flagrant de sommeil le temps du trajet qui nous menait à Chamarande. Alors, nous avons su que nous voyagions à dos de festival et que la route serait douce et chaloupée, puisque c’était Paris quartier d’été qui nous conduisait.

Une heure plus tard et quelques beaux textes plus loin, nous sommes arrivés au parc départemental de Chamarande où nous attendait Cloé, l’ornithologue qui allait nous guider dans notre balade matinale. Avant le départ, distribution de jumelles, jamais les mêmes, toutes leurs propres histoires, mémorable paire tout droit « sortie de l’armée russe », c’est vous dire.

S’en suit une promenade bucolique. « Oh ! La belle bernache du Canada ! Une bernache ? Oui l’oie, là, tu vois pas ? Et ça là bas ? Une poule d’eau ? Un foulque ? Mais c’est quoi la différence ? Et là, là dans l’eau regardez ! Non plus à droite, derrière, non cet axe là.. Là ? Ah oui…. Un ragondin ! “
Balade ornithologique au poil. Quand on ne voit pas, on met ses mains en cornet et on tend l’oreille. “Tu l’entends toi, le pili-pili du troglodyte ? C’est quoi un troglodyte ? Oui, 10 à 13 grammes le troglodyte, très secret comme oiseau, reprend Cloé, mais ses cris sont stridents… Les mains en cornet, vous entendez ?”

Et puis, aperçus à deux reprises, de drôles d’oiseaux…. Luc Petton, le chorégraphe de “La Confidence des Oiseaux”, le spectacle que nous nous apprêtions à voir quelques heures plus tard, avait concocté des éclats chorégraphiques in situ. Éberlués, nous découvrions la parade nuptiale aquatique d’une nymphe et d’un faune. Il était à peine 8h du matin.

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Rentrés dans une des dépendances de la belle propriété qui dominent le parc de Chamarande, un petit déjeuner digne de ce nom nous attendait. « C’est Byzance ! » a-t-on dit, quand le bacon et les œufs brouillés sont venus s’ajouter aux fruits frais et aux croissants. Et cette confiture restée à chaque comissure de lèvres et dans tous les esprits, d’où venait-elle ? Commande express à la grand-mère de Peggy, l’administratrice du festival, m’a-t-on glissé.

En attendant l’heure de la représentation, Cloé, véritable passionnée de volatiles, infatigable, a captivé tous les ornithologues en devenir avec ses « herbiers de plumes » … De quoi faire naître quelques vocations ! Ce n’est pas pour déplaire à Luc Petton, lui aussi amoureux des oiseaux, tant et si bien que dans son spectacle, corneille et perruches mènent la danse…

Forêt de parapluies

Jeudi 15 juillet 2010

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Paumes tournées vers le ciel, nez collé au flux des alertes météo qui assaillissent l’Iphone, regard vagabond entre ciel et terre, on retient son souffle. C’est la danse de la pluie de l’équipe de Paris quartier d’été. Ça devient quasiment rituel au festival, les orages s’invitent sans crier gare.

Hier, la première des représentations du Ballet du Grand Théâtre de Genève a esquivé avec brio l’orage qui se préparait. Si tôt l’annonce du début du spectacle faite, de grosses gouttes avaient pourtant commencé à perler. En deux temps trois mouvements, c’est une forêt de parapluies qui s’est mise à pousser. Chahut dans les rangs, distribution de ponchos contre la pluie, le nuage noir fait un pas de côté de dernière minute. On se rassure. Le plateau une fois séché, la musique des Doors inonde le lieu et les danseurs s’avancent.

Cette frayeur d’avant-première a eu ses bons côtés. Notamment parce qu’elle a créé des images à l’étrange résonance avec l’univers de So Schnell. Le gradin fleuri de parapluies multicolores, sorte de flash-mob improvisé, puis le ballet des raclettes et autre engin pour sécher l’eau du plateau ont préludé aux chassés-croisés de couleurs radicales et de sons de machines métalliques qui jalonnent la pièce de Bagouet… même le bruit du feu d’artifice du 14 juillet a semblé se mêler à la trame sonore du spectacle. Un joli pied de nez aux aléas de la soirée.

Wa-Wa remix

Mercredi 14 juillet 2010

Aujourd’hui, le festival commence en grande pompe avec deux pièces de Dominique Bagouet au Palais Royal et la générale de La Dame de chez Maxim au Monfort. On vous y attend nombreux, d’autant que ce 14 juillet, les représentations sont gratuites! Avis aux amateurs, les places sont à retirer deux heures avant la représentation à la billetterie. En espérant que le déluge s’arrête! Pour le spectacle du Palais Royal, vous ne pouvez pas vous tromper, Place Colette, la billetterie est installée dans un drôle de carrosse jaune, au doux nom de Wa-Wa. Pour cette édition 2010, la Wa-Wa s’est vue offrir un relooking hors du commun …. j’y étais!

En toile de fond, la place Colette, ses allées et venues, ses bruits de scooters, et la Wa-Wa, notre chère caravane pliante, qui ne savait pas encore à quelle sauce elle allait être mangée. C’était le début de soirée. Pour une nouvelle saison, Paris voyait le festival lui faire la cour avec cette fois-ci, Mix pour ménestrel. Le dessinateur suisse qui signe l’affiche de cette 21ème édition avait quartier libre pour faire courir ses personnages à gros nez et langue bien pendue sur la Wa-Wa… Nous, on piaffait d’impatience, et la Wa-Wa ronde, belle, elle attendait, tranquille…

Puis Mix a dégainé son pinceau. Je dis dégainé, mais en fait, c’était assez doux comme geste. On n’a pas vu la Wa-Wa frissonner mais nous, on s’est rangé en cercle, attentifs au rituel de maquillage de la demoiselle. L’oreille tendue au commentaire de ma voisine, mes yeux ont entamé une chorégraphie de pleins et de déliés conduite par le pinceau appliqué de Mix. Les traits s’étirent, l’imaginaire galope. Un chien? Un nez? Un début de phrase? Mix fait des allers retours, tout prêt de la caravane, tout prêt de la coque, l’épaule suit le coude qui suit la main qui suit le pinceau qui court… puis s’éloigne. Mix s’ajuste, ferme l’œil, goûte à la perspective du pas en arrière, se gratte la tête, et repartent l’épaule, le coude, la main, et le pinceau, qui court… Un quasi Roland-Garros, tête à gauche tête à droite, tête à gauche….

Drôle de vie pour la caravane. Après s’être faite ravaler la façade à grand coup de peinture jaune, déloger de sa villégiature d’hiver, l’entrepôt du festival à St Denis, poser en plein milieu d’une capitale peu coutumière des animaux de ce genre, voilà maintenant qu’on l’habille, qu’on la grime, qu’on lui distille à coups de pinceau de drôles d’oiseaux sur le dos. Elle ne perd pas son sang froid la belle dame. Pas chatouilleuse pour un sou. C’est qu’elle en a connu des vertes et des pas mûres. Souvenez-vous l’an dernier, Lola nous racontait l’incroyable cambriolage de la caravane. Et c’est sans compter ses kilomètres au compteur. Années 50, origine belge, une vraie de vraie.

La nuit est tombée sur la Place Colette. La Wa-Wa a gardé la douceur de ses formes. Elle trône, toujours. Mais sous ses airs de pas y toucher, elle se pavane. Pas tous les jours qu’on peut exhiber des tatouages de ce calibre. Pas tous les jours non plus que le Parisien, pressé dans sa diagonale quotidienne Palais Royal - Opéra, se retourne. Il s’arrête même. Et parce qu’avec ses yeux, il n’est pas sûr de se souvenir, il sort son Iphone. La Wa-Wa garde son flegme. Mix, lui, se marre.