Combien de marches, de rames, de vacarmes, combien de clics, de smacks et de tacts m’infliges-tu? A combien, le taux d’humidité et d’humilité depuis le 14 juillet ? Combien de derrières mouillés, de talons retournés, de cheveux froissés ? Combien de frigos vides, et de vies souterraines? de nuits blanches, de cartons pleins ? Combien de matières grises et de visages pâles? Combien d’émotions cul-sec, et de temps suspendus? Combien de corps beaux, d’esprits lumineux, de personnalités éclairées dois-je donc supporter ? Combien de ponts, de vertiges, de grands frissons ? Combien de peines perdues et de désirs retrouvés? Et combien de doutes apprivoisés sur mon parcours ? Courir la capitale de long en large, et même hors les murs, partir dans tous les sens, croiser tous les mondes, puis retourner voir ailleurs si j’y suis, pour applaudir d’autres dingues si doux, qui arrivent à me mettre hors de moi… ? Combien, combien, mais combien de temps cette plaisanterie va-t-elle encore durer? Si ça, ça n’est pas de la torture, ça y ressemble.
Mais, les poudres aux yeux finiront en poussière,
Les gardiens se verront pousser des ailes,
et les corbeaux y laisseront enfin des plumes
Mais, le canard culotté d’Empty moves couinera encore longtemps sous les pas de Carole Fierz,
Oui, les billets s’envoleront pour devenir plus doux,
les âmes perdues se damneront entre les cuisses des Lulus,
et les jardins secrets se blottiront au creux des villes.
Oui, demain, je pourrais semer des cordes de Bjorn sur un ciel obscur, tutoyer un ange, traverser le désert en avalant des chiapatis au coin d’la rue, mouvementer mes entretiens avec un peu d’alchimie, présenter une antilope au clochard qui a perdu son chien, faire un feu de joie dans un open-space, ou déclencher les alarmes, ne plus ravaler mes larmes. Demain, je pourrais embrasser la vie les jours de pluie, caresser des idées bizarres, chanter le coq est mort en riant, faire le pantin à Aubervilliers, sacrifier mon Roméo en connaissance de cause, me sentir étrangement chez moi ici et là, faire des clins d’oeil à un agent d’accueil, dire enfin toute la mort qu’il y a dans l’amour, vivre les grands moments de solitude à plusieurs… Si j’veux, demain, je pourrais. Mais je crois qu’avant, je vais dormir un peu. Et qu’encore avant, je vais encore profiter de toi… Oh, toi, PQE, maudit sois-tu, torture-moi encore un peu… Bon, combien de temps ça nous laisse jusqu’au 9 août? Chic, chic, chic, aïe, aïe, aïe!
E. victime très consentante,



