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Archive pour la catégorie ‘Chargé de production, késaco ?’

Chargé de production, késaco ?

Lundi 19 juillet 2010

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Pierre-Yves Ohayon et Isabelle Frank sont les deux chargés de production du festival. Je les ai connus l’an dernier, quand j’étais en stage à Paris quartier d’été. Cette année, je reviens, eux sont toujours là, et je leur propose de me parler de leur Paris quartier d’été à eux. C’est une fin d’après midi, le soleil tape sur Paris éberlué par un été surgi sans crier gare, on est chez moi, on se met à discuter. Le sujet qui nous anime, c’est leur rapport à leur travail.

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Mais au fait, c’est quoi au juste votre travail ?

Isa : Je cocoone les compagnies! Plus concrètement j’établis les contrats, j’organise le séjour des artistes à Paris et je m’occupe de la coordination des représentations. En amont, je m’assure également de trouver un lieu pour les répétitions, et puis lors des représentations, je suis responsable du site et… Je fais même les annonces des spectacles au micro! Bien sûr, s’il y a un problème sur le terrain, je suis là. En un sens, on est un peu les baby-sitters des artistes, on s’assure que tout se passe bien pour eux.

Pierre-Yves : Moi au départ je ne savais pas ce que c’était la production, je me disais producteur, c’est quoi ? C’est le mec avec son gros cigare et des dollars plein les poches ?  En fait, il s’agit effectivement comme le décrit Isa de gérer les aspects administratifs, logistiques et financiers et de faire le lien entre tous les protagonistes. Vraiment, le mot qui définit le mieux mon boulot c’est mon rôle d’interface, c’est à dire que nous sommes à un point de confluence entre l’administration, la technique et les artistes.

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Qu’est ce qui vous fait palpiter à Paris quartier d’été?

Pierre-Yves : Pour moi, la définition du spectacle vivant, c’est l’équation : une œuvre + un lieu + un public. Ce qui est intéressant sur ce festival c’est la manière dont ces trois éléments se combinent. Des propositions artistiques intéressantes et novatrices dans des lieux originaux, à destination de tous les publics, qu’ils soient avertis ou non, le fameux « élitaire pour tous » de Vitez. Ce qui me fait palpiter, c’est donc l’originalité et la diversité des propositions artistiques, le fait que le public soit multiple et surtout d’intervenir dans des lieux atypiques, étonnants, pas forcément connus des parisiens eux-mêmes. Comme ces lieux ne sont généralement pas dédiés aux spectacles, la direction technique fait pousser les scènes comme des champignons, créant l’infrastructure, ramenant le matériel, les loges, les toilettes, raccordant le courant… ils résolvent tous les problèmes techniques imaginables!

D’un point de vue plus personnel, Paris quartier d’été, me permet de rencontrer et d’échanger avec des gens qui ne sont pas exclusifs, qui restent ouverts à toutes les formes d’art et sont sensibles à la musique, à la danse, au théâtre, aux arts de la rue. Moi qui évolue plutôt dans le milieu de la musique et du théâtre, c’est vraiment le festival qui a formé mon regard sur les différentes formes de danse et sur les arts de la rue.

Isa : Ce qui me fait palpiter c’est, comme disait Pierre-Yves, le fait d’investir des lieux qui ne sont pas dédiés aux spectacles, de les habiter, de les faire vivre différemment. Et puis j’aime beaucoup le contact avec les différents corps de métier qui cohabitent et interagissent sur le festival, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir. Et bien sûr, les spectacles que l’on voit, où chaque année, certains nous surprennent, nous émeuvent, nous remuent à l’intérieur…

Pierre Yves : C’est vrai que l’esprit du festival requiert des compagnies qu’elles acceptent des conditions particulières, qu’elles comprennent qu’il ne s’agit pas de faire une date comme une autre.

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Qu’est ce qui est dur dans votre boulot ?

Isa : Les aléas de la météo ! Et parfois le contact en amont avec les compagnies qui ne comprennent pas les conditions d’accueil et donc les éventuelles concessions à faire pour adapter le spectacle aux conditions du plein air ou à certains lieux non dédiés au spectacle vivant… Le défi pour nous, c’est de savoir s’adapter à des configurations hors norme et de sensibiliser les artistes à ça.

Pierre-Yves : Rien n’est dur parce que comme le dit Isa, l’essentiel de la production, c’est de tout caler en amont en prévoyant tous les cas de figures possibles puis être présent le jour J comme agent de médiation entre tous pour résoudre les problèmes qui peuvent survenir. Comme la plupart du temps, on a très bien préparé notre évènement, aucun problème ne survient donc c’est pas dur! Ahah! Comme dit Raoul Petite, c’est sûr, si t’assures c’est pas dur ! La seule chose qu’on a du mal à prévoir en amont, ce sont les aléas climatiques.

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Un souvenir?

Isa : L’année dernière, la pire saison d’orages jamais vue depuis bien longtemps au festival…

Pour la série de représentations du spectacle de Robyn Orlin et des Phuphuma Love Minus, il y a eu des orages à répétition.

Un soir, la pluie s’est mise à tomber, le spectacle avait commencé et j’ai pris la décision d’annuler le concert. Quand j’ai fait l’annonce au public, la pluie s’est soudainement affinée. Tout le monde s’est mis à me regarder du coin de l’œil en se demandant pourquoi j’avais fait ça ! Et puis là, des grêlons gros comme des noix ont commencé à tomber. Ça a un peu été la panique, mais heureusement qu’on avait interrompu le spectacle car ça aurait vraiment été dangereux. On s’en est sortis avec quelques bleus ! Les Phuphuma, eux, ils étaient inarrétables, ils ont continué à danser dans les coulisses ! Le lendemain, Robyn Orlin et eux sont allés planter un couteau dans un arbre du Palais Royal, c’est un rituel zoulou pour que la pluie cesse… Et ça a marché! Le soir même il a plu jusqu’à 21h30 et quand les spectateurs sont arrivés, le ciel s’est dégagé.

Pierre-Yves : Pleins! Comme spectateur et comme acteur. En vrac, Le concert Zappa du Modern Ensemble sur la piazza Beaubourg, Transports exceptionnels, le duo pour danseur et pelleteuse de Dominique Boivin à Bercy, le cirque Baobab aux Tuileries, Elisabeth Streb au Palais Royal, ou encore les Fabulous Troubadours au Sénat sans oublier le Cabaret New Burlesque au Zèbre avec Dirty Martini, Mimi le Maux et Kitten on the keys…

Comme chargé de production, une anecdote qui me revient aujourd’hui c’est les concerts de Cor de la plana, un ensemble polyphonique de Marseille…

Pour les Musiques du Monde dans les parcs et jardins, je fais souvent des petits discours d’intro, pour présenter le groupe qui passe, et ceux qui passeront les semaines suivantes. Et là, un des chanteurs du groupe, me met au défi: «  Tu vas caser dans ton discours des mots, des mots différents tous les jours. » Alors moi je me suis pris au jeu, et le jour même, je me suis retrouvé à devoir caser « monticule » « cocotier » et « baleine à bosse » dans mon petit texte de présentation! On s’est bien marré, c’était un petit défi qui a duré toute la semaine  avec trois mots différents chaque jour, ils étaient vraiment sympas, c’était vachement marrant ça, le concept du « name dropping »

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Une petite suggestion pour cette 21ème édition ?

Isa : Le flamenco, 34 Puñaladas, le Cirque Aïtal… c’est dur de faire un choix!

Pierre-Yves : C’est vrai, cette année encore , il y a plein de propositions intéressantes, il y en a pour tous les goûts. Mais pour répondre à ta question, je te conseille bien sûr tous les concerts de musique dans les jardins pour lesquels je travaille, ahah ! Également Miroir, Miroir de la compagnie Moglice et puis le cirque au Théâtre de la cité internationale. Enfin, comme je plaide pour plus de théâtre au festival, et que j’habite dans le très méconnu et dénigré 15ème arrondissement de Paris, j’irai voir les spectacles de Marcel Bozonnet et de Jean-François Sivadier au Monfort, qui jouxte le parc Brassens…

Isa : Ah! Et j’allais oublier… À Chamarande, la ballade ornithologique a 6h du matin! Un truc inédit! Un bon cocktail! Des éclats chorégraphiques, une lecture dans le bus, ça promet…

Pierre-Yves : Les concerts à Saint-Eustache! C’est un lieu tellement magnifique que ça sera forcément bien! Et là en plus, avec les femmes de Mayotte, Inés Bacàn et Anass Habib, ça risque d’être vraiment extra.

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