»Accueil »Archives»Blog»David, ferme et charmant

Archives 2010

Archive pour la catégorie ‘COULISSES’

David, ferme et charmant

Samedi 14 août 2010

__________________________________________________________________________

Il y a certaines personnes qui s’inscrivent dans le panthéon de Paris quartier d’été tant par leur fidélité au festival que par leur charisme. David Lelièvre, le responsable de l’accueil au Palais Royal, fait partie de ces figures incontournables.

La semaine dernière , alors que les Irrepressibles faisaient leur balance sous un ciel menaçant, David a bien voulu répondre à quelques une de mes questions.

__________________________________________________________________________

_________________________________________________________________________

Comment as tu commencé à travailler à Paris quartier d’été ?

Je suis arrivé au festival en 2006 comme agent d’accueil. Je travaillais sur Italienne, scène et orchestre de Jean-François Sivadier à l’Opéra Comique. Il y avait environ vingt représentations pendant un mois, on jouait à guichet fermé tous les soirs. L’année suivante, j’étais agent d’accueil au Palais Royal et la responsable de l’accueil est tombée malade en milieu de festival. Sabine Camerin, la responsable des relations publiques de l’époque m’a alors proposé de la remplacer. Depuis, je suis responsable de l’accueil au Palais Royal.

L’an dernier c’était un peu particulier car je travaillais chez Pierre Henry, pour son spectacle, Dieu à la maison. Nous n’accueillions qu’une trentaine de spectateurs, il y avait une dizaine de bénévoles dont je m’occupais. Comme on était dans la maison de Pierre Henry, il y avait un bénévole pas pièce pour que personne ne touche aux choses dans les salles. C’était génial, les bénévoles étaient des fans absolus de Pierre Henry, ils étaient là tous les jours pour le concert. Il y avait une ambiance formidable, beaucoup de complicité entre nous.

Cette année je suis de nouveau au  Palais Royal, je suis très content aussi, c’est une toute autre atmosphère que j’aime beaucoup également.

__________________________________________________________________________

Et que fais tu le reste de l’année ?

Je suis comédien mais je n’en vis pas du tout. J’ai donc une carrière d’ouvreur ! Je travaille au Théâtre National de Chaillot comme agent d’accueil pour gagner ma vie depuis quelques années. Les gens qui vont à Chaillot viennent aussi souvent au Palais Royal, et c’est marrant, ils me reconnaissent ! Ils me disent « Mais qu’est ce que vous faites là !? Vous n’êtes pas à Chaillot d’habitude !? » Et le plus marrant c’est que maintenait, l’inverse se produit aussi ! Des spectateurs de Paris quartier d’été viennent à Chaillot et me disent « Mais, vous n’êtes pas de Paris quartier d’été vous ? Qu’est ce que vous faîtes là !? »

Il y a quelques temps, il y a même des spectateurs de Paris quartier d’été qui ont fait un pari entre eux. Certains pensaient que j’étais ouvreur à Chaillot, d’autres étaient sûrs que je travaillais au Théâtre du Rond Point. Ils avaient parié le champagne !

__________________________________________________________________________

Tu commences à bien connaître le public alors !

On voit tellement de gens, des milliers de personnes, c’est plutôt eux qui me reconnaissent. À part quelques habitués. On est quand même le premier lien avec les spectateurs, on est leurs principaux interlocuteurs, donc forcément, c’est nous qui recueillons leur parole. Même s’ils savent qu’on n’est pas responsable de la programmation, souvent, ils viennent nous remercier !

Il y a des gens que je vois tous les ans. Par exemple cette dame qui vient avec sa maman, elle vient souvent à Chaillot aussi, elle est toujours au premier rang pour les premières. Et elle vient toujours me parler, elle connaît mon prénom, elle commente le spectacle, me parle d’autres spectacles, de la saison à venir à Chaillot…

Je pense que si les gens sont parfois très liants avec nous, c’est qu’ils connaissent le pouvoir des ouvreurs ! Pour les spectateurs, c’est important d’avoir un bon feeling avec les agents d’accueil, car ils savent qu’on peut leur trouver de bonnes places !

__________________________________________________________________________

Que fais tu exactement en tant que responsable de l’accueil au Palais Royal ?

J’arrive deux heures avant la représentation, je m’assure que les programmes de salles sont là, que nous avons assez de programmes du festival à distribuer, que les ponchos sont là en cas de pluie… s’il vient à manquer quelque chose, j’en réfère aux gens du bureau.
Cette année, il y aussi des spectateurs qui éditent eux même leur billet sur internet et comme on n’a pas de machines pour scanner les codes barre, je dois vérifier la liste manuellement avant la représentation.

En fait, mon rôle consiste à centraliser les informations. Tous les jours, je suis en contact avec Christine Jacquet, la responsable des relations publiques qui me fait part des informations que je transmets à l’équipe des cinq agents d’accueil qui travaillent au Palais Royal cette année.

__________________________________________________________________________

Qu’est ce que tu aimes dans ce boulot ?

Le public ! J’adore être sur le terrain, je trouve ça beaucoup plus stimulant que d’être dans un bureau. J’aime le contact avec les équipes artistiques, les équipes techniques, j’aime cette vraie ambiance de loges qu’il y a dans les coulisses du Palais Royal. Il y a toujours plein de monde qui passe ici, on sent une vraie atmosphère de festival, une effusion, un lien qui se tisse entre nous.

J’aime aussi me confronter aux problèmes du terrain, devoir gérer les aléas de l’accueil des quelques 600 spectateurs que nous recevons chaque soir.

En tant que responsable, je suis surtout là en cas de problèmes ! Quand les ouvreurs n’ont pas le temps de régler certaines situations ou qu’ils n’ont pas les réponses adéquates, ils m’appellent. Par exemple en cas de doublon sur une place ou encore des personnes avec des poussettes ou en fauteuil roulant.

__________________________________________________________________________

Un bon souvenir ?

Des dizaines ! Pour ma première année, le spectacle de Sivadier à l’Opéra Comique. C’est un spectacle qui était très difficile à gérer mais que j’ai adoré. On accueillait une centaine de personnes sur le plateau et dans la fosse d’orchestre. Il y avait des règles de sécurité très compliquées et un parcours dans les coulisses. Pour le public, c’était formidable, le spectacle avait un succès fou. Mais nous étions seulement deux agents d’accueil pour gérer ça, c’était intense ! Il y avait des gens qui venaient sans réserver, je me souviens, un jour, Claudia Cardinal avait appelé Sivadier pour venir le lendemain. Il avait bien sûr accepté alors que le spectacle était plein à craquer.
Le lendemain, Claudia Cardinal est arrivée et il n’y avait pas de place pour elle. D’autant plus qu’on était vraiment à cran car tous les jours, on dépassait la jauge qui était de 103 personnes. Le régisseur de l’Opéra Comique commençait vraiment à stresser.

Patrice Martinet est resté ferme, personne ne pouvait plus rentrer pour cette représentation, même pas Claudia Cardinal.  Alors moi, il a fallu que j’aille voir Jean-François Sivadier pour lui dire de se débrouiller pour récupérer un billet déjà donné à l’un de ses amis si il voulait que Claudia Cardinal assiste au spectacle. Aucun billet supplémentaire n’allait être édité pour elle. Je ne sais pas comment il s’est débrouillé, mais il l’a faite entrer, sûrement qu’il a réussi à prendre un billet à l’un de ses invités ! Elle a adoré le spectacle,  lui il était dans tous ses états !! Sur le coup c’était très dur à gérer mais j’ai tellement aimé le spectacle, que ça reste un très bon souvenir.

J’ai de tas d’autres bons souvenirs, par exemple, chez Pierre Henry, les gens étaient vraiment géniaux, les équipes étaient adorables, et ça c’est important, le lien qui s’est créé entre nous. L‘entente avec l’équipe artistique est essentielle.

Trisha Brown et ses danseurs à Chamarande

D’ailleurs je me souviens avoir accompagné les danseurs de Trisha Brown pour leur représentation à Chamarande, on étaient resté ensemble toute la journée puis on avait bu des verres le soir, après le spectacle ! Quand ils sont venus danser au Palais Royal, on était vraiment lié. Je pense qu’on fait vraiment attention aux artistes à Paris quartier d’été, et ça, c’est important, vraiment.

__________________________________________________________________________

Et ton pire souvenir ?

Le spectacle Cœurs Croisés de Découfflé, c’était une sorte de striptease artistique avec un plateau en bi-frontal. A l’époque, il suffisait de se mettre contre les grilles des jardins du Palais Royal pour voir le spectacle, contrairement à cette année où les palissades mises en place pour les travaux empêchent les gens de voir la scène de l’extérieur. Il y avaient une bande de mecs qui trainaient côté jardin du Palais Royal pour regarder les jolies nénettes à poil. Ils étaient ingérables, derrière les grilles, mais juste à côté de nous. C’était extrêmement problématique, on n’arrivait pas à les calmer, ils sabordaient la magie du spectacle.

Bien sûr, j’ai des souvenirs chaotiques avec la pluie aussi. Quand il se met à pleuvoir, les gens paniquent, ils se précipitent vers toi. Tu dois distribuer 600 ponchos en quelques minutes. La principale source d’inquiétude au Palais Royal, c’est donc la météo ! Gérer une évacuation demande de respecter des règles strictes et il faut éviter les effets de panique. Une fois qu’on a évacué le public, on est censé recompter les spectateurs pour s’assurer que personne ne manque. C’est pour ça qu’on ne peut pas accepter des gens sans place attribuée, parce qu’en cas de problèmes, il faut que chaque spectateur corresponde à un billet. C’est une question de sécurité.

Bon, une fois que tout le monde a son poncho, les gens se calment, et ça créé plutôt de bons souvenirs en fait. Cette situation produit de la cohésion. Quand il cesse de pleuvoir, les techniciens viennent sécher le plateau et ça créé de très belles scènes, les gens finissent pas applaudir, ils s’amusent de la situation et apprécient au final. C’est un grand moment de partage, tous sous nos ponchos, inélégants, on se sent liés.

Je me souviens d’un autre bon moment. C’était lors de la venue de la compagnie brésilienne de hip-hop Membros.(photo ci-contre) Ils ne parlaient que portugais donc on ne se parlait pas mais on avait établi une communication non verbale. J’adorais leur spectacle. Ils se sont produits dans des banlieues. Nous, en tant qu’agents d’accueil, on tractait dans les cités pour inciter les gens à descendre de chez eux et à aller voir le spectacle gratuit qui allait se donner quelques minutes plus tard. Là de prime abord, on te prend pour un petit snobinard parisien qui vient parler de culture. Les gens n’ont pas forcément envie. Rien à voir avec le public du Palais Royal…

Et finalement, quand ils viennent, ils restent un peu loin au début et puis ils se rapprochent à mesure que le spectacle se déroule et à la fin, les gamins deviennent super loquasses. Ce jour-là, plein de gens sont venus nous demander où ils pouvaient apprendre à faire du hip hop. Ça a fait naitre des vocations. Pour nous, c’était une grande source de joie d’avoir conquis ce public, c’était une sorte d’accomplissement.

__________________________________________________________________________

Un coup de cœur cette année ?

J’ai beaucoup aimé le spectacle de  Bagouet au Palais Royal interprété par le Ballet du Grand Théâtre de Genève. J’ai aussi adoré Pastora Galván, elle m’a fasciné alors que je ne suis pas forcément très fan de flamenco, enfin, pas du chant en tout cas. Mais elle, sa façon de danser… elle est bluffante ! Mais mon spectacle préféré, ça a été celui du cirque Aïtal. Incroyable. C’était à Pantin, on aurait dit une partie de campagne, avec ce camion où il proposait à manger et à boire, comme une guinguette. Et dans ce petit chapiteau, on avait l’impression de retomber en enfance. Il y avait une ambiance formidable alors que le spectacle n’avait pas encore commencé. Le fait d’être dans ce chapiteau, les uns en face des autres, ça évoquait tant de souvenirs d’enfance, ça créait une réelle connivence entre les spectateurs. Les artistes étaient hyper généreux ils ont su créer un monde avec rien, J’ai ri, j’ai pleuré, vraiment, c’était hyper touchant, ça a été un moment de bonheur, de grâce.

__________________________________________________________________________

Qui sont les ouvreurs ? Tu dois en connaître beaucoup depuis toutes ces années …

Les ouvreurs ne sont jamais que ouvreurs. Souvent, ils sont étudiants, ou on une activité artistique, ils sont ouvreurs pour gagner leur vie, mais souvent, on partage beaucoup d’affinités, ce sont des gens en devenir. On a des liens forts, on fait parfois des projets ensemble, le monde de l’accueil dans les théâtres, c’est tout un univers. Parfois, il y a une absence de considération des agents d’accueil, alors que ce sont des gens plein de projets.

Face à ders attitudes méprisantes, il ne faut pas se laisser faire, c’est un truc à trouver ça, être ferme et charmant à la fois ! Si le spectacle ne commence pas à l’heure par exemple, il faut parfois rappeler que ce n’est jamais un fait exprès contre le public !

D’ailleurs, quelque soit la situation, ce qui nous inquiète le plus, c’est le confort du public. C’est mon premier intérêt, d’autres pensent d’abord  aux artistes, moi je m’inquiète d’abord du bien-être de nos spectateurs. C’est mon job après tout !


__________________________________________________________________________

Profession ? Régisseur d’église !

Samedi 7 août 2010

___________________________________________________________________________________

On connaît le régisseur général, le régisseur de tournée ou encore le régisseur de plateau… Mais régisseur d’église, voilà qui laisse pantois. C’est pourtant un poste à part entière dans l’organisation de l’église St-Eustache. Louis Robiche, le régisseur permanent de l’église était parti en vacances lors de ma venue. J’ai donc rencontré Raphël Cottin, danseur et notateur du mouvement (personne qui transcrit le mouvement dansé par écrit pour permettre la préservation et la transmission d’œuvre chorégraphique) qui revêt périodiquement la casquette de régisseur intérimaire de St-Eustache.

Des voix qui s’élèvent sous un voute de 33 mètres de haut. Des dizaines de tapis au sol et des centaines de spectateurs étendus dessus. Des vitraux comme des bijoux sur les parois de la nef où raisonnent le son des instruments. L’église St-Eustache s’est taillée une solide réputation parmi les hauts lieux musicaux de la capitale depuis qu’elle sert d’écrin à des manifestations culturelles extérieures. Cette année encore, elle ouvre ses portes à Paris quartier d’été. Ce soir, Inés Bacán y donne un concert, dernier du cycle des Sacrés Minuits de Paris quartier d’été entamé avec Deba, les femmes de Mayotte et le chanteur marocain Anass Habib.

L’église Saint-Eustache a un profil atypique dans le paysage des lieux de culte parisiens. Loin de l’iconoclasme ou de la subversion, elle n’en demeure pas moins une église radicalement ouverte à son époque et aux autres cultures. Selon Raphaël Cottin, cette sensibilité aux questions contemporaines vient en partie du fait que depuis 1922, ce sont des pères oratoriens qui sont nommés dans la paroisse de St-Eustache. L’Oratoire de France, société de prêtres séculiers formés au XVIIème siècle, est constitué majoritairement d’intellectuels concernés par le lien entre l’Église et les activités artistiques et solidaires.

Dans cette église littéralement installée au dessus d’un des plus grands centres commerciaux de la capitale, c’est entre 60 et 80 concerts par an qui sont donnés. Des auditions d’orgue au concert de la chanteuse Camille en passant par le Chœur de l’Armée Française ou, l’année dernière, le concert de Dean and Britta sur des vidéos de Warhol dans le cadre de Paris quartier d’été, St-Eustache affiche une programmation pour le moins éclectique. Une liberté de ton tolérée par la hiérarchie catholique mais qui fait parfois des remous dans les rangs des fidèles. Raphaël Cottin se souvient qu’un jour de Vendredi Saint, l’église avait accueilli une proposition dansée en parallèle à la lecture d’extraits de la Bible. “Certains ont crié au scandale car ils étaient contre le fait qu’ai lieu une activité de spectacle un jour de deuil. “(le Vendredi Saint commémore la Passion du Christ).” Il n’y a pas de lignes de programmation particulières, l’important, c’est que nous sentions que les artistes ont conscience du lieu qu’ils investissent et qu’ils le fassent dans le respect, même si ce terme à une connotation quelque peu désuète aujourd’hui.”

Si une part importante de la tâche du régisseur réside dans l’organisation logistique de St-Eustache (commande de matériel, administration des biens immobiliers …) et dans la gestion des six personnes qui composent le personnel laïc, Louis Robiche est également le premier interlocuteur des porteurs de projets artistiques qui désirent être accueillis dans l’église. C’est ensuite en accord avec Georges Jacobson, le curé de St-Eustache, que les décisions sont prises d’accueillir tel ou tel spectacle.

En 2009, les concerts et locations de salles ont représenté 11% des produits de l’église. Une part non négligeable du budget qui ne conduit pourtant pas à accepter n’importe quelle proposition. “Biensûr que l’argent est un facteur important, mais nous nous autorisons souvent à dire non quand on sent que l’adéquation entre le projet et le lieu n’est pas cohérente.” Cela ne veut pas dire que Saint-Eustache accueille seulement des spectacles teintés de chrétienté. “Quand Paris quartier d’été nous propose de programmer Anass Habib qui chante des chants à la fois sacrés et profanes en langue arabe, on sait que ça ne fera pas l’unanimité chez les paroissiens. Mais on sent en lui un immense respect, une formidable capacité au don. Pour nous, ça fait réellement sens.”

Catering ? Vous avez dit catering ?

Mercredi 4 août 2010

__________________________________________________________________________________

« Impossible de bien réfléchir, de bien aimer, de bien dormir si on n’a pas mangé. »

Virginia Woolf, Une chambre à soi.1929

Et Diego, le responsable du catering au festival de compléter « Impossible de bien danser, de bien chanter, de bien jouer si on n’a pas mangé. »

Mot incontournable du jargon festivalier, le “catering” est souvent peu connu du public. Ce mot anglais qui signifie « restauration, ravitaillement » est employé pour désigner la nourriture que l’on met à disposition d’un grand groupe de personnes, dans le cas de tournage de film ou de festivals par exemple. Dans certain cas, le catering a des airs de cantine géante. Au festival, les artistes sont défrayés pour leur repas. Mais avant ou après la représentation, on prévoit toujours de contenter les petits creux dans les loges. Et pour cela, il y a Diego, le responsable du catering depuis cinq ans à Paris quartier d’été.

Bien qu’il ne s’agisse que de légères collations, ce n’est pas une mince affaire de ravir les papilles des artistes !
Pour un mois de festival et pour les seules équipes artistiques, Diego dresse une liste de victuailles digne d’un village gallois :

5o kg de pêches

80 ananas

40 kg de pastèque

une centaine de melons

400 paquets de gâteaux

plus de 150 kg de jus de fruits et de sodas

30 kg de fromage

250 baguettes

3000 petites bouteilles d’eau

20 paquets de café

120 tablettes de chocolat…

Bako Dagnon et Diego dans la loge, avant le concert au Parc de Belleville

Autant dire que Diego est un habitué des marchés qu’il fréquente presque quotidiennement en période de festival. Ses bons plans ? Le marché de Belleville et le marché Richard Lenoir. Et puis le magasin Wing Seng, rue Rébeval, à côté du Métro Belleville, un must pour les fruits.

Cette année, trente lieux sont  investis par Paris quartier d’été, c’est donc presque autant de loges à ravitailler en eau, fruits, biscuits, fromage, etc… Diego passe une bonne partie de sa journée à  relayer les différents points d’ancrage du festival. En tout, à la fin de la manifestation, il aura parcouru près de 1500 km en camion dans les rues de la capitale pour assurer  aux 188 artistes accueillis lors de cette édition 2010 de quoi grignoter!

Quand je lui demande s’il ne souffre pas trop des caprices de certains artistes, il me lance : “C’est pas Iggy Pop qui vient à Paris quartier d’été !” Pas de folie des grandeurs donc, pour les artistes du festival, mais une réelle attention à satisfaire les goûts de chacun…

L’heure d’avant… au Palais Royal

Lundi 2 août 2010

_________________________________________________________________________________

Avant que sur scène, la lumière se fasse, et que des loges, on entende le bruissement du public et l’annonce du début de la représentation, quelle est la vie en coulisses ?

Deux heures à peine avant le dernier concert de Sistema Tango, je me suis faufilée dans les loges du Palais Royal. J’y ai trouvé David, le responsable de l’accueil, entouré de Flore, Margaux, Marie, Olivier et Valentin, les agents d’accueil, qui bavardaient en fumant une dernière cigarette avant de s’attaquer au nettoyage des gradins. Pendant ce temps là, musiciens et danseurs se préparaient tranquillement. Le son des claquettes et de la guitare se mêlaient aux allers et venues des techniciens dans la loge. Quand certains artistes s’appliquaient encore à se raser, d’autres esquissaient quelques pas de danse tout en picorant les fruits laissés ça et là.

David, Margaux, Flore, Marie, Olivier et Valentin (de gauche à droite)

C’est armée de seaux et d’éponges que l’équipe des agents d’accueil a ensuite gagné le gradin du Palais Royal pour s’assurer que les sièges seraient propres et secs pour l’arrivée du public. Quelle rapidité dans l’exécution ! Quelle grâce dans l’effort ! Regardez un peu ce corps de ballet évoluer au rythme de la musique de Sistema Tango !

Alain, Munkhtur et Léo

Côté loge, on continuait de se préparer. Alain Menuau, l’ancien directeur technique, était passé dire bonjour. Quand la journée de certains commençait à peine, pour Léo, le régisseur d’accueil, c’était la fin du service ! Alain n’était en fait pas  passé par là par hasard : dans les jardins du Palais Royal, une réunion au sommet se préparait…

Diego, Léo, Fred et Isa

Isabelle et Patrice, en plein dans des considérations météorologiques

Une joyeuse équipe s’était donnée rendez-vous pour une pétanque ! Le comble du chic au Palais Royal ! Le tournoi en a  passionné plus d’un ! Le jeu nous a même valu le passage de Patrice Martinet, le directeur du festival, jamais bien loin de son Iphone pour vérifier les prévisions météo aux côtés d’Isabelle, la responsable du Palais Royal ce soir là.

C’était le 31 juillet dernier, une des journées les plus chargées du festival. Tout le monde commençait à sentir la fatigue des quinze derniers jours peser sur les yeux des uns et des autres. Chacun s’était démené à un moment ou à un autre de la journée et c’était loin d’être fini. Pourtant, nous goûtions à cette intervalle de détente, à l’ombre d’un Palais Royal devenu familier. Huit spectacles s’apprêtaient à être joués, dont six étaient donnés en même temps.  À 20h, la dernière des seize représentations de La Dame de chez Maxim au Monfort afficherait salle pleine, la performance Breaking 2 / Iran clôturerait l’exposition du collectif Ruban Vert commencée le 15 juillet à la Maison des Métallos et Sistema Tango et Rocio Molina concluraient le temps flamenco au Palais Royal.

En parallèle de toutes ces “dernières”, la Compagnie Acrobat continuait de donner son spectacle de « cirque bio » au Théâtre de la Cité internationale, pendant que Bartabas fêtait les 25 ans de Zingaro et que les sculptures dingues de Gilbert Peyre se donnaient à voir au 104.

L’Église Saint Eustache quant à elle, se préparait à célébrer quelques heures plus tard le deuxième concert des Sacrés Minuits de Paris quartier d’été avec Anass Habib.

Il était 18h, et des équipes artistiques et techniques étaient disséminées au quatre coins de Paris, toutes plongées dans une somme incommensurable de préparatifs, de trac, de petits ennuis et d’excitation…

On est partis dans le décor !

Lundi 26 juillet 2010

_

Je continue à suivre le groupe de spectateurs fidèles à qui Paris quartier d’été a offert la possibilité de découvrir le festival côté coulisses. Pour ce troisième rendez-vous, nous partons à la découverte des arcanes de la scénographie et des décors de « La Dame de chez Maxim”. Samedi après-midi, le petit groupe s’est donné rendez-vous au Monfort pour rencontrer Dominique Brillault, le régisseur général, et Christian Tirole, l’un des trois scénographes de la pièce (les deux autres étant Daniel Jeanneteau et Jean-François Sivadier, le metteur en scène).

On monte sur scène. On ouvre grand les yeux et on se tort le cou à force de regarder en l’air. Étrange machinerie au repos, poulies, guindes, parquet qui grince. On est là, entrés comme par effraction dans un théâtre en sommeil et on se demande… “Petypon, il change combien de fois de chemise dans la pièce ? ” Christian et Dominique hésitent. “4, 5, beaucoup en tout cas, c’est qu’ils suent les comédiens de Sivadier !” On rigole, on cherche du regard une confirmation chez les quelques membres de l’équipe venus assister à la rencontre. “6 !”

Dans “La Dame de chez Maxim”, exit la traditionnelle boite noire, censée faire ressortir les éclairages et disparaître la cage de scène. Les décors sont manipulés à vue. Au cœur de la scénographie, des rectangles de parquet de quelques centimètres d’épaisseur semblent modulables à merci. Un étonnant jeu de construction qui permet un décor mouvant en phase avec l’action.

Au sol, les larges plaques de bois clair accrochées par le haut à des fils bien visibles semblent attendre le moment où, comme dans la pièce, on les lève à la verticale. Pendant le spectacle, relevées inopinément, elles font apparaître des parois où s’ouvrent des portes.

Au fur et à mesure que le regard se perd, les langues se délient. Les spectateurs qui ont déjà vu la pièce reconnaissent les détails de la machinerie et commentent les scènes à la lumière de leur découverte. Jean-Louis s’enthousiasme : “Ah, mais voilà la fameuse boîte de la Môme Crevette dont les parois sont des miroirs sans tain! C’est bien trouvé, parce que … ” “Chut ! On veut pas savoir, on va voir la pièce demain !”

Et, pendant que la distribution des T-shirts Paris quartier d’été accroche un sourire aux lèvres d’Anne-Laure, on continue de s’interroger…                     “Vous respecter à la lettre les didascalies? Je veux dire, il n’y a pas une sorte de droit d’auteur sur les didascalies ? Non parce que Feydeau, je ne pense pas qu’il ait vraiment écrit ça comme ça !”

A vous de juger…

Didascalies

Acte I
Le cabinet du docteur Petypon.
Grande pièce confortablement mais sévèrement meublée. À droite premier plan, une fenêtre avec brise-bise et rideaux. Au deuxième plan, en pan coupé (ou ad libitum, fond droit, face au public), porte donnant sur le vestibule. À gauche deuxième plan (plan droit ou pan coupé ad libitum) porte donnant chez madame Petypon. Au fond, légèrement en sifflet, grande baie fermée par une double tapisserie glissant sur tringle et actionnée par des cordons de tirage manœuvrant de la coulisse, côté jardin. Cette baie ouvre sur la chambre à coucher de Petypon. Le mur de droite de cette chambre, contre lequel s’adosse un lit de milieu, forme avec le mur du côté droit de la baie un angle légèrement aigu, de telle sorte que le pied du lit affleure le ras des rideaux, alors que la tête s’en éloigne suffisamment pour laisser la place d’une chaise entre le lit et la baie. Celle-ci doit être assez grande pour que le lit soit en vue du public et qu’il y ait encore un espace de 75 centimètres entre le pied du lit et le côté gauche de la baie. De l’autre côté de la tête du lit, une table de nuit surmontée d’une lampe électriqueavec son abat-jour. Reste des meubles de la chambre ad libitum. En scène, milieu gauche, un vaste et profond canapé anglais, en cuir capitonné, au dossier droit et ne formant qu’un avec les bras ; à droite du canapé, une chaise volante. À droite de la scène, une table-bureau placée perpendiculairement à la rampe. À droite de la table et face à elle, un fauteuil de bureau. À gauche de la table un pouf tendu «en blanc» et recouvert provisoirement d’un tapis de table  ; au-dessous de la table, une chaise volante. Au fond, contre le mur, entre la baie et la porte donnant sur le vestibule, une chaise. Au-dessus de cette chaise, un cordon de sonnette. Sur la table-bureau, un buvard, encrier, deux gros livres de médecine. Un fil électrique, partant de la coulisse en passant sous la fenêtre, longe le tapis, grimpe le long du pied droit (du lointain) de la table-bureau et vient aboutir sur ladite table. Au bout du fil qui est en scène, une fiche destinée à être introduite, au courant de l’acte, dans la mâchoire pratiquée dans la pile qui accompagne le «fauteuil extatique» afin d’actionner celle-ci. À l’autre bout, en coulisse, un cadran à courant intermittent posé sur un tabouret. (Placer, en scène, les deux gros livres de médecine sur le fil afin d’empêcher qu’il ne tombe, en attendant l’apparition du fauteuil extatique.)

Scène 1
Mongicourt, Etienne puis Petypon.
Au lever du rideau, la scène est plongée dans l’obscurité ; les rideaux de la fenêtre ainsi que ceux de la baie sont fermés. Le plus grand désordre règne dans la pièce ; le canapé est renversé, la tête en bas, les pieds en l’air ; renversée de même à côté, la chaise volante, à un des pieds de laquelle est accroché le reste de ce qui fut un chapeau haut de forme. Sur la table bureau, un parapluie ouvert ; par terre le pouf a roulé ; un peu plus loin gît le tapis de table destiné à le recouvrir. La scène est vide, on entend sonner midi ; puis, à la cantonade, venant du vestibule, un bruit de voix se rapprochant à mesure jusqu’au moment où on distingue ce qui suit : […]

Chargé de production, késaco ?

Lundi 19 juillet 2010

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Pierre-Yves Ohayon et Isabelle Frank sont les deux chargés de production du festival. Je les ai connus l’an dernier, quand j’étais en stage à Paris quartier d’été. Cette année, je reviens, eux sont toujours là, et je leur propose de me parler de leur Paris quartier d’été à eux. C’est une fin d’après midi, le soleil tape sur Paris éberlué par un été surgi sans crier gare, on est chez moi, on se met à discuter. Le sujet qui nous anime, c’est leur rapport à leur travail.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Mais au fait, c’est quoi au juste votre travail ?

Isa : Je cocoone les compagnies! Plus concrètement j’établis les contrats, j’organise le séjour des artistes à Paris et je m’occupe de la coordination des représentations. En amont, je m’assure également de trouver un lieu pour les répétitions, et puis lors des représentations, je suis responsable du site et… Je fais même les annonces des spectacles au micro! Bien sûr, s’il y a un problème sur le terrain, je suis là. En un sens, on est un peu les baby-sitters des artistes, on s’assure que tout se passe bien pour eux.

Pierre-Yves : Moi au départ je ne savais pas ce que c’était la production, je me disais producteur, c’est quoi ? C’est le mec avec son gros cigare et des dollars plein les poches ?  En fait, il s’agit effectivement comme le décrit Isa de gérer les aspects administratifs, logistiques et financiers et de faire le lien entre tous les protagonistes. Vraiment, le mot qui définit le mieux mon boulot c’est mon rôle d’interface, c’est à dire que nous sommes à un point de confluence entre l’administration, la technique et les artistes.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Qu’est ce qui vous fait palpiter à Paris quartier d’été?

Pierre-Yves : Pour moi, la définition du spectacle vivant, c’est l’équation : une œuvre + un lieu + un public. Ce qui est intéressant sur ce festival c’est la manière dont ces trois éléments se combinent. Des propositions artistiques intéressantes et novatrices dans des lieux originaux, à destination de tous les publics, qu’ils soient avertis ou non, le fameux « élitaire pour tous » de Vitez. Ce qui me fait palpiter, c’est donc l’originalité et la diversité des propositions artistiques, le fait que le public soit multiple et surtout d’intervenir dans des lieux atypiques, étonnants, pas forcément connus des parisiens eux-mêmes. Comme ces lieux ne sont généralement pas dédiés aux spectacles, la direction technique fait pousser les scènes comme des champignons, créant l’infrastructure, ramenant le matériel, les loges, les toilettes, raccordant le courant… ils résolvent tous les problèmes techniques imaginables!

D’un point de vue plus personnel, Paris quartier d’été, me permet de rencontrer et d’échanger avec des gens qui ne sont pas exclusifs, qui restent ouverts à toutes les formes d’art et sont sensibles à la musique, à la danse, au théâtre, aux arts de la rue. Moi qui évolue plutôt dans le milieu de la musique et du théâtre, c’est vraiment le festival qui a formé mon regard sur les différentes formes de danse et sur les arts de la rue.

Isa : Ce qui me fait palpiter c’est, comme disait Pierre-Yves, le fait d’investir des lieux qui ne sont pas dédiés aux spectacles, de les habiter, de les faire vivre différemment. Et puis j’aime beaucoup le contact avec les différents corps de métier qui cohabitent et interagissent sur le festival, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir. Et bien sûr, les spectacles que l’on voit, où chaque année, certains nous surprennent, nous émeuvent, nous remuent à l’intérieur…

Pierre Yves : C’est vrai que l’esprit du festival requiert des compagnies qu’elles acceptent des conditions particulières, qu’elles comprennent qu’il ne s’agit pas de faire une date comme une autre.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Qu’est ce qui est dur dans votre boulot ?

Isa : Les aléas de la météo ! Et parfois le contact en amont avec les compagnies qui ne comprennent pas les conditions d’accueil et donc les éventuelles concessions à faire pour adapter le spectacle aux conditions du plein air ou à certains lieux non dédiés au spectacle vivant… Le défi pour nous, c’est de savoir s’adapter à des configurations hors norme et de sensibiliser les artistes à ça.

Pierre-Yves : Rien n’est dur parce que comme le dit Isa, l’essentiel de la production, c’est de tout caler en amont en prévoyant tous les cas de figures possibles puis être présent le jour J comme agent de médiation entre tous pour résoudre les problèmes qui peuvent survenir. Comme la plupart du temps, on a très bien préparé notre évènement, aucun problème ne survient donc c’est pas dur! Ahah! Comme dit Raoul Petite, c’est sûr, si t’assures c’est pas dur ! La seule chose qu’on a du mal à prévoir en amont, ce sont les aléas climatiques.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Un souvenir?

Isa : L’année dernière, la pire saison d’orages jamais vue depuis bien longtemps au festival…

Pour la série de représentations du spectacle de Robyn Orlin et des Phuphuma Love Minus, il y a eu des orages à répétition.

Un soir, la pluie s’est mise à tomber, le spectacle avait commencé et j’ai pris la décision d’annuler le concert. Quand j’ai fait l’annonce au public, la pluie s’est soudainement affinée. Tout le monde s’est mis à me regarder du coin de l’œil en se demandant pourquoi j’avais fait ça ! Et puis là, des grêlons gros comme des noix ont commencé à tomber. Ça a un peu été la panique, mais heureusement qu’on avait interrompu le spectacle car ça aurait vraiment été dangereux. On s’en est sortis avec quelques bleus ! Les Phuphuma, eux, ils étaient inarrétables, ils ont continué à danser dans les coulisses ! Le lendemain, Robyn Orlin et eux sont allés planter un couteau dans un arbre du Palais Royal, c’est un rituel zoulou pour que la pluie cesse… Et ça a marché! Le soir même il a plu jusqu’à 21h30 et quand les spectateurs sont arrivés, le ciel s’est dégagé.

Pierre-Yves : Pleins! Comme spectateur et comme acteur. En vrac, Le concert Zappa du Modern Ensemble sur la piazza Beaubourg, Transports exceptionnels, le duo pour danseur et pelleteuse de Dominique Boivin à Bercy, le cirque Baobab aux Tuileries, Elisabeth Streb au Palais Royal, ou encore les Fabulous Troubadours au Sénat sans oublier le Cabaret New Burlesque au Zèbre avec Dirty Martini, Mimi le Maux et Kitten on the keys…

Comme chargé de production, une anecdote qui me revient aujourd’hui c’est les concerts de Cor de la plana, un ensemble polyphonique de Marseille…

Pour les Musiques du Monde dans les parcs et jardins, je fais souvent des petits discours d’intro, pour présenter le groupe qui passe, et ceux qui passeront les semaines suivantes. Et là, un des chanteurs du groupe, me met au défi: «  Tu vas caser dans ton discours des mots, des mots différents tous les jours. » Alors moi je me suis pris au jeu, et le jour même, je me suis retrouvé à devoir caser « monticule » « cocotier » et « baleine à bosse » dans mon petit texte de présentation! On s’est bien marré, c’était un petit défi qui a duré toute la semaine  avec trois mots différents chaque jour, ils étaient vraiment sympas, c’était vachement marrant ça, le concept du « name dropping »

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Une petite suggestion pour cette 21ème édition ?

Isa : Le flamenco, 34 Puñaladas, le Cirque Aïtal… c’est dur de faire un choix!

Pierre-Yves : C’est vrai, cette année encore , il y a plein de propositions intéressantes, il y en a pour tous les goûts. Mais pour répondre à ta question, je te conseille bien sûr tous les concerts de musique dans les jardins pour lesquels je travaille, ahah ! Également Miroir, Miroir de la compagnie Moglice et puis le cirque au Théâtre de la cité internationale. Enfin, comme je plaide pour plus de théâtre au festival, et que j’habite dans le très méconnu et dénigré 15ème arrondissement de Paris, j’irai voir les spectacles de Marcel Bozonnet et de Jean-François Sivadier au Monfort, qui jouxte le parc Brassens…

Isa : Ah! Et j’allais oublier… À Chamarande, la ballade ornithologique a 6h du matin! Un truc inédit! Un bon cocktail! Des éclats chorégraphiques, une lecture dans le bus, ça promet…

Pierre-Yves : Les concerts à Saint-Eustache! C’est un lieu tellement magnifique que ça sera forcément bien! Et là en plus, avec les femmes de Mayotte, Inés Bacàn et Anass Habib, ça risque d’être vraiment extra.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Paris quartier d’été intime. Une classe de danse du Ballet du Grand Théâtre de Genève

Vendredi 16 juillet 2010

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Edgar Degas (1834-1917) La classe de danse Entre 1871 et 1874 Huile sur toile H. 85 ; L. 75 cm © RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Edgar Degas faisait partie de ces curieux que le magnétisme de la danse a conduit à pousser la porte des studios de répétition. Dès 1870, les danseurs de l’Opéra dans la rigueur de l’exercice, de la répétition, ou dans le repos, deviennent sa principale source d’inspiration. Il décline alors la figure du danseur dans de nombreux tableaux dont l’un des plus connus, La classe de danse, met en scène un maître de ballet entouré de ses élèves, en train de s’étirer après l’exercice.

Peu de spectateurs ont déjà été témoins de telles scènes, fascinantes. Christine Jacquet, la responsable des relations publiques le sait, les dessous de la représentation intriguent. Elle a donc mis en place un parcours de découverte des coulisses de Paris quartier d’été pour une petite dizaine d’habitués du festival.                                                                                                                    Ils s’appellent Jean-Louis, Yvonne, Françoise ou Sophie, viennent depuis dix, quinze, souvent vingt ans et regorgent de souvenirs et d’anecdotes. Quelques jours avant le début du festival, ce petit groupe de spectateurs suivait Frédéric Vannieuwenhuyse, le directeur technique, pour une visite de la scène du Palais Royal en plein montage.

Pour le deuxième rendez-vous de cette balade dans l’intimité de Paris quartier d’été, nous les suivons dans la rotonde du Théâtre de la Ville où se préparent les danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève pour la première représentation de deux pièces de Bagouet au Palais Royal.

Quelques heures avant la dernière des représentations de So Schnell et de Jours étranges au festival, je vous propose de découvrir ces danseurs au travail, corps placés à la perfection et visages décontractés, sous le regard mêlé d’autorité et de bienveillance de la répétitrice .

Une vidéo réalisée en collaboration avec Pauline Mahé.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii D’arabesques en grands battements, de sissonnes en entrechats, les danseurs travaillent leurs fondamentaux. Quelle surprise de les retrouver ensuite dans l’écriture de Bagouet, ici, un extrait de So Schnell, pétri de l’humour si particulier au vocabulaire du chorégraphe.

Wa-Wa remix

Mercredi 14 juillet 2010

Aujourd’hui, le festival commence en grande pompe avec deux pièces de Dominique Bagouet au Palais Royal et la générale de La Dame de chez Maxim au Monfort. On vous y attend nombreux, d’autant que ce 14 juillet, les représentations sont gratuites! Avis aux amateurs, les places sont à retirer deux heures avant la représentation à la billetterie. En espérant que le déluge s’arrête! Pour le spectacle du Palais Royal, vous ne pouvez pas vous tromper, Place Colette, la billetterie est installée dans un drôle de carrosse jaune, au doux nom de Wa-Wa. Pour cette édition 2010, la Wa-Wa s’est vue offrir un relooking hors du commun …. j’y étais!

En toile de fond, la place Colette, ses allées et venues, ses bruits de scooters, et la Wa-Wa, notre chère caravane pliante, qui ne savait pas encore à quelle sauce elle allait être mangée. C’était le début de soirée. Pour une nouvelle saison, Paris voyait le festival lui faire la cour avec cette fois-ci, Mix pour ménestrel. Le dessinateur suisse qui signe l’affiche de cette 21ème édition avait quartier libre pour faire courir ses personnages à gros nez et langue bien pendue sur la Wa-Wa… Nous, on piaffait d’impatience, et la Wa-Wa ronde, belle, elle attendait, tranquille…

Puis Mix a dégainé son pinceau. Je dis dégainé, mais en fait, c’était assez doux comme geste. On n’a pas vu la Wa-Wa frissonner mais nous, on s’est rangé en cercle, attentifs au rituel de maquillage de la demoiselle. L’oreille tendue au commentaire de ma voisine, mes yeux ont entamé une chorégraphie de pleins et de déliés conduite par le pinceau appliqué de Mix. Les traits s’étirent, l’imaginaire galope. Un chien? Un nez? Un début de phrase? Mix fait des allers retours, tout prêt de la caravane, tout prêt de la coque, l’épaule suit le coude qui suit la main qui suit le pinceau qui court… puis s’éloigne. Mix s’ajuste, ferme l’œil, goûte à la perspective du pas en arrière, se gratte la tête, et repartent l’épaule, le coude, la main, et le pinceau, qui court… Un quasi Roland-Garros, tête à gauche tête à droite, tête à gauche….

Drôle de vie pour la caravane. Après s’être faite ravaler la façade à grand coup de peinture jaune, déloger de sa villégiature d’hiver, l’entrepôt du festival à St Denis, poser en plein milieu d’une capitale peu coutumière des animaux de ce genre, voilà maintenant qu’on l’habille, qu’on la grime, qu’on lui distille à coups de pinceau de drôles d’oiseaux sur le dos. Elle ne perd pas son sang froid la belle dame. Pas chatouilleuse pour un sou. C’est qu’elle en a connu des vertes et des pas mûres. Souvenez-vous l’an dernier, Lola nous racontait l’incroyable cambriolage de la caravane. Et c’est sans compter ses kilomètres au compteur. Années 50, origine belge, une vraie de vraie.

La nuit est tombée sur la Place Colette. La Wa-Wa a gardé la douceur de ses formes. Elle trône, toujours. Mais sous ses airs de pas y toucher, elle se pavane. Pas tous les jours qu’on peut exhiber des tatouages de ce calibre. Pas tous les jours non plus que le Parisien, pressé dans sa diagonale quotidienne Palais Royal - Opéra, se retourne. Il s’arrête même. Et parce qu’avec ses yeux, il n’est pas sûr de se souvenir, il sort son Iphone. La Wa-Wa garde son flegme. Mix, lui, se marre.

Avant-première

Mercredi 14 juillet 2010

Ça y est, le blog lève les voiles. Parce que vous allez me suivre, un peu, beaucoup, ou pas, dans mes pérégrinations quotidiennes, j’avais envie de vous raconter comment les choses étaient arrivées. Comme souvent, ça commence par une rencontre. La rencontre avec un festival pas bien moins vieux que moi finalement. L’année dernière, pour la 20ème édition je m’installais dans les bureaux pendant quelques mois pour assister Sonia, la chargée de communication. Je préparais les programmes de salle, le site internet, me levais à 3 h du matin pour les Levers de Soleil de Bartabas, et dans l’intervalle, je jouais à la pétanque dans les jardins du Palais Royal !

Et puis comme les rencontres deviennent parfois des fidélités, je reviens cette année. Peut-être y’aura-t-il moins d’orages, peut-être y’aura-t-il des triomphes ou des déceptions, des scandales et des fulgurances. En tout cas, Paris quartier d’été garde fièrement le cap, et moi, petite souris de tous les instants, je vous emmène dès aujourd’hui en balade dans les dédales d’un festival qui n’a pas fini de nous surprendre.