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Paumes tournées vers le ciel, nez collé au flux des alertes météo qui assaillissent l’Iphone, regard vagabond entre ciel et terre, on retient son souffle. C’est la danse de la pluie de l’équipe de Paris quartier d’été. Ça devient quasiment rituel au festival, les orages s’invitent sans crier gare.
Hier, la première des représentations du Ballet du Grand Théâtre de Genève a esquivé avec brio l’orage qui se préparait. Si tôt l’annonce du début du spectacle faite, de grosses gouttes avaient pourtant commencé à perler. En deux temps trois mouvements, c’est une forêt de parapluies qui s’est mise à pousser. Chahut dans les rangs, distribution de ponchos contre la pluie, le nuage noir fait un pas de côté de dernière minute. On se rassure. Le plateau une fois séché, la musique des Doors inonde le lieu et les danseurs s’avancent.
Cette frayeur d’avant-première a eu ses bons côtés. Notamment parce qu’elle a créé des images à l’étrange résonance avec l’univers de So Schnell. Le gradin fleuri de parapluies multicolores, sorte de flash-mob improvisé, puis le ballet des raclettes et autre engin pour sécher l’eau du plateau ont préludé aux chassés-croisés de couleurs radicales et de sons de machines métalliques qui jalonnent la pièce de Bagouet… même le bruit du feu d’artifice du 14 juillet a semblé se mêler à la trame sonore du spectacle. Un joli pied de nez aux aléas de la soirée.



