Un peu de patience : la programmation 2012 sera très bientôt en ligne !Attention, la programmation ci-dessous est celle de l’édition 2011…
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Archives 2010
Profession ? Régisseur d’église !
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On connaît le régisseur général, le régisseur de tournée ou encore le régisseur de plateau… Mais régisseur d’église, voilà qui laisse pantois. C’est pourtant un poste à part entière dans l’organisation de l’église St-Eustache. Louis Robiche, le régisseur permanent de l’église était parti en vacances lors de ma venue. J’ai donc rencontré Raphël Cottin, danseur et notateur du mouvement (personne qui transcrit le mouvement dansé par écrit pour permettre la préservation et la transmission d’œuvre chorégraphique) qui revêt périodiquement la casquette de régisseur intérimaire de St-Eustache.
Des voix qui s’élèvent sous un voute de 33 mètres de haut. Des dizaines de tapis au sol et des centaines de spectateurs étendus dessus. Des vitraux comme des bijoux sur les parois de la nef où raisonnent le son des instruments. L’église St-Eustache s’est taillée une solide réputation parmi les hauts lieux musicaux de la capitale depuis qu’elle sert d’écrin à des manifestations culturelles extérieures. Cette année encore, elle ouvre ses portes à Paris quartier d’été. Ce soir, Inés Bacán y donne un concert, dernier du cycle des Sacrés Minuits de Paris quartier d’été entamé avec Deba, les femmes de Mayotte et le chanteur marocain Anass Habib.
L’église Saint-Eustache a un profil atypique dans le paysage des lieux de culte parisiens. Loin de l’iconoclasme ou de la subversion, elle n’en demeure pas moins une église radicalement ouverte à son époque et aux autres cultures. Selon Raphaël Cottin, cette sensibilité aux questions contemporaines vient en partie du fait que depuis 1922, ce sont des pères oratoriens qui sont nommés dans la paroisse de St-Eustache. L’Oratoire de France, société de prêtres séculiers formés au XVIIème siècle, est constitué majoritairement d’intellectuels concernés par le lien entre l’Église et les activités artistiques et solidaires.
Dans cette église littéralement installée au dessus d’un des plus grands centres commerciaux de la capitale, c’est entre 60 et 80 concerts par an qui sont donnés. Des auditions d’orgue au concert de la chanteuse Camille en passant par le Chœur de l’Armée Française ou, l’année dernière, le concert de Dean and Britta sur des vidéos de Warhol dans le cadre de Paris quartier d’été, St-Eustache affiche une programmation pour le moins éclectique.
Une liberté de ton tolérée par la hiérarchie catholique mais qui fait parfois des remous dans les rangs des fidèles. Raphaël Cottin se souvient qu’un jour de Vendredi Saint, l’église avait accueilli une proposition dansée en parallèle à la lecture d’extraits de la Bible. “Certains ont crié au scandale car ils étaient contre le fait qu’ai lieu une activité de spectacle un jour de deuil. “(le Vendredi Saint commémore la Passion du Christ).” Il n’y a pas de lignes de programmation particulières, l’important, c’est que nous sentions que les artistes ont conscience du lieu qu’ils investissent et qu’ils le fassent dans le respect, même si ce terme à une connotation quelque peu désuète aujourd’hui.”
Si une part importante de la tâche du régisseur réside dans l’organisation logistique de St-Eustache (commande de matériel, administration des biens immobiliers …) et dans la gestion des six personnes qui composent le personnel laïc, Louis Robiche est également le premier interlocuteur des porteurs de projets artistiques qui désirent être accueillis dans l’église. C’est ensuite en accord avec Georges Jacobson, le curé de St-Eustache, que les décisions sont prises d’accueillir tel ou tel spectacle.
En 2009, les concerts et locations de salles ont représenté 11% des produits de l’église. Une part non négligeable du budget qui ne conduit pourtant pas à accepter n’importe quelle proposition. “Biensûr que l’argent est un facteur important, mais nous nous autorisons souvent à dire non quand on sent que l’adéquation entre le projet et le lieu n’est pas cohérente.” Cela ne veut pas dire que Saint-Eustache accueille seulement des spectacles teintés de chrétienté. “Quand Paris quartier d’été nous propose de programmer Anass Habib qui chante des chants à la fois sacrés et profanes en langue arabe, on sait que ça ne fera pas l’unanimité chez les paroissiens. Mais on sent en lui un immense respect, une formidable capacité au don. Pour nous, ça fait réellement sens.”
La playlist de Jamie McDermott
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Qu’écoute le chanteur de The Irrepressibles dans sa loge ? À peine une heure avant de monter sur la scène du Palais Royal, Jamie McDermott improvise une visite guidée de sa bibliothèque musicale tout en se maquillant, face-miroir.
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Grizzly Bear - He hit me
Grizzly Bears, c’est un groupe de rock folk expérimental qui vient de Brooklyn. En 2007, sur leur EP Friends, ils ont fait une reprise de He Hit Me (And It Felt Like A Kiss) (il m’a frappée et ce fut comme un baiser). Ce morceau des Crystals avait été retiré de la vente parce qu’il faisait allusion de manière assez ambiguë à la violence faite aux femmes. Le leader des Grizzly Bear est gay, ce qui donne un tout nouvel éclairage à cette chanson. Il en fait quelque chose de mélancolique. Il le recontextualise, parle de l’amour entre hommes et de la difficulté de la relation amoureuse masculine. C’est intelligent. J’aime aussi la qualité de sa voix, assez proche de celle des Beach Boys.
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Simon Bookish (Leo Chadburn) - Carbon
C’est un compositeur londonien dont la musique a une dimension cabaret assez proche de mon travail en terme d’orchestration. C’est un excentrique, un intellectuel. Il a quelque chose de très anglais. C’est à la fois un musicien expérimental et un compositeur classique qui arrive avec brio à marier une musique électronique pour les clubs avec une musique d’orchestre. Dans ce morceau, il est question de son admiration pour un homme…
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XX Teens - Darlin’
J’aime beaucoup leur univers. Nous avons en commun une attention particulière pour le côté visuel de la musique. Ils ont beaucoup collaboré avec le réalisateur Simon Green, qui a notamment fait ce clip pour la chanson “Darlin’ “de l’album Welcome To Goon Island qui est tout simplement génial. Leur musique me fait penser à un autre groupe que j’aime aussi, Add N to (X).
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Broadcast - Illumination
Pour moi, ce sont les dieux de la musique expérimentale. Ce morceau est sorti en 2006 sur l’album Future Crayon. Ils viennent de Birmingham. Ils mélangent avec un réel talent la pop mélancolique des années 60 à la musique psychédélique américaine. Ils ont beaucoup été influencé par des groupes comme The United States of America je pense. J’admire leur capacité à créer un univers à partir de la rencontre de sons folk et de nouveaux sons issus de la technologie actuelle. Je pense que nous avons un même désir de travailler autour de la confrontation entre des rythmes quasi-enfantins et un monde d’adulte. C’est une part importante de ma musique.
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The Knife - Silent Shout
Là encore, j’ai beaucoup d’affinité avec ce qu’ils font. Ce sont deux suédois, ils sont frère et sœur. Ils inventent un monde de sons en soi, à la fois musical et physique. Leur approche moderne et minimaliste des éléments sonores, leur rapport à la musique considérée comme un mouvement, les sons comme ayant leur propre personnalité… J’aime beaucoup ça. Ils placent tout dans une relation organique où chaque élément est essentiel. Ce qui m’intéresse également, c’est l’androgénie de leur musique, cette recherche, ce jeu sur le genre quand Karen manipule sa voix. Lorsque je passe de ma voix de tête à ma voix de poitrine, je suis un peu dans une même approche.
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Je m’apprête à quitter Jamie. Avant d’offrir au public de Paris quartier d’été une dernière virée dans sa pop baroque et son univers visuel ultra-esthétique, il me montre cette vidéo. Découvert sur le net il y a peu, ce clip du réalisateur israélien Roy Raz met en image In this shirt, l’un des morceaux de Mirror, Mirror. “Je suis très enthousiaste. Son travail exemplifie la recherche de synergie entre la musique et le monde des images que je mène également.”
Bouche à oreille
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So
mmeille en moi la tendresse pour les histoires racontées. En Europe, elles ont le goût de l’enfance et des contes murmurés au coin de la nuit. Mais au Moyen-Orient et au Maghreb, jusque dans les années 1970, c’est entre hommes et dans les cafés qu’on écoutait chaque jour un nouvel épisode des épopées auxquelles les conteurs donnaient vie. Dans le monde arabe, jusqu’à récemment, les histoires se passaient de voix en voix, tout comme la musique et les chants.
D’Alep à Damas en passant par le Caire, la transmission orale constitue le pilier de la culture arabe. Deux de ses incarnations saisissantes sont présentes cette année dans la programmation de Paris quartier d’été. Le premier, Anass Habib, est un chanteur marocain de musiques arabes soufis, maronites syriaques et séfarades andalouses qui a longuement appris son art auprès de grands maîtres en Syrie.
Le second, c’est le roman de Baïbars, un cycle narratif populaire que les conteurs arabes transmettaient oralement. Marcel Bozonnet, comédien et metteur en scène longtemps attaché à la Comédie Française, s’est attelé à l’adaptation scénique de cette épopée picaresque.
De cette correspondance des arts issus de la tradition orientale, le festival Paris quartier d’été a fait germer une rencontre. Jeudi dernier à la Maison Rouge. Anass Habib et Marcel Bozonnet étaient invités à venir parler de leur approche de la transmission orale au Moyen-Orient.
Alors que l’occident a très vite adopté un système de notation écrite, au Moyen-Orient et au Maghreb, l’enseignement musical a toujours été basé sur la transmission orale. C’est seulement à partir du 20e siècle que la musique orientale a adopté le système de notation occidental, tout en maintenant une tradition orale forte. Aujourd’hui, le Conservatoire de Damas en Syrie où a étudié Anass Habib utilise une méthode mixte, basée à la fois sur l’utilisation de partitions écrites et sur un rapport direct maitre/élève.
C’est cette persistance de la transmission non écrite qui permet à la musique orientale de garder ses caractéristiques principales, notamment parce que chaque maitre apporte une couleur liée à sa propre interprétation et que les variations, l’apport personnel, sont l’essence même du chant arabe.
Il en va de même pour le conte. Art de relation, où le conteur est un passeur qui ne peut exister sans son auditoire, il s’inscrit dans une mémoire collective, ouverte à la variation puisque sans propriétaire. Inlassablement transmis, le conte mue constamment et c’est dans cette interprétation démultipliée qu’il se forge, qu’il se sculpte, qu’il s’étoffe.
C’est ainsi que le Roman de Baïbars a pris forme, au fil des siècles et des soirées de récit dans les cafés. C’est seulement au XIXe siècle, que quelques érudits prirent l’initiative, avant que les conteurs ne disparaissent complètement, de recueillir par écrit ce conte de pas moins de 400 fascicules et 36 000 pages. C’est en découvrant la traduction faite par Georges Bohas et Jean-Patrick Guillaume parue aux éditions Sinbad – Actes Sud que Marcel Bozonnet a décidé de mettre en scène l’épopée de Baïbars.
Ainsi, jusqu’à samedi, vous pourrez découvrir ce conte, né de l’histoire bien réelle de Al-Zaher Baïbars, un esclave devenu sultan qui régna au XIIIème siècle sur la Syrie et l’Egypte et dont l’histoire a remonté le temps jusqu’à la scène du Monfort !
Quant à Anass Habib, si vous avez manqué son concert samedi dernier à St-Eustache, vous pouvez le retrouver dans cette courte vidéo, réalisée lors la masterclass qu’il a donné deux jours de suite à l’Institut du Monde Arabe. Où comment l’élève devient le maître…
Une vidéo réalisée en collaboration avec Julie Mouton et Alicia Sauze
Catering ? Vous avez dit catering ?
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« Impossible de bien réfléchir, de bien aimer, de bien dormir si on n’a pas mangé. »
Virginia Woolf, Une chambre à soi.1929
Et Diego, le responsable du catering au festival de compléter « Impossible de bien danser, de bien chanter, de bien jouer si on n’a pas mangé. »
Mot incontournable du jargon festivalier, le “catering” est souvent peu connu du public. Ce mot anglais qui signifie « restauration, ravitaillement » est employé pour désigner la nourriture que l’on met à disposition d’un grand groupe de personnes, dans le cas de tournage de film ou de festivals par exemple. Dans certain cas, le catering a des airs de cantine géante. Au festival, les artistes sont défrayés pour leur repas. Mais avant ou après la représentation, on prévoit toujours de contenter les petits creux dans les loges. Et pour cela, il y a Diego, le responsable du catering depuis cinq ans à Paris quartier d’été.
Bien qu’il ne s’agisse que de légères collations, ce n’est pas une mince affaire de ravir les papilles des artistes !
Pour un mois de festival et pour les seules équipes artistiques, Diego dresse une liste de victuailles digne d’un village gallois :
5o kg de pêches
80 ananas
40 kg de pastèque
une centaine de melons
400 paquets de gâteaux
plus de 150 kg de jus de fruits et de sodas
30 kg de fromage
250 baguettes
3000 petites bouteilles d’eau
20 paquets de café
120 tablettes de chocolat…
Autant dire que Diego est un habitué des marchés qu’il fréquente presque quotidiennement en période de festival. Ses bons plans ? Le marché de Belleville et le marché Richard Lenoir. Et puis le magasin Wing Seng, rue Rébeval, à côté du Métro Belleville, un must pour les fruits.
Cette année, trente lieux sont investis par Paris quartier d’été, c’est donc presque autant de loges à ravitailler en eau, fruits, biscuits, fromage, etc… Diego passe une bonne partie de sa journée à relayer les différents points d’ancrage du festival. En tout, à la fin de la manifestation, il aura parcouru près de 1500 km en camion dans les rues de la capitale pour assurer aux 188 artistes accueillis lors de cette édition 2010 de quoi grignoter!
Quand je lui demande s’il ne souffre pas trop des caprices de certains artistes, il me lance : “C’est pas Iggy Pop qui vient à Paris quartier d’été !” Pas de folie des grandeurs donc, pour les artistes du festival, mais une réelle attention à satisfaire les goûts de chacun…
Dessins de spectateur - Romain Monfort au concert d’Oquestrada
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Se balader parmi les spectateurs du concert d’Oquestrada dimanche, c’était se sentir bien ! Les arbres du parc de la Butte du Chapeau Rouge déployaient leurs épaisses branches sur un public fasciné par la fraîcheur et la générosité de Miranda, la pétillante chanteuse du groupe. Quand les musiciens ont commencé à faire swinguer leur guitare portugaise, accordéon, trompette et autre contre-bassine bricolée et que la silhouette de Miranda s’est détachée du public, certains spectateurs étaient là depuis des heures et s’étalaient lascivement sur une nappe jonchée de victuailles. D’autres ne décollaient plus l’œil de l’objectif, trop soucieux de garder en souvenir ce pur moment de joie de vivre.
Dans cette réunion de sourires et de mains qui claquent pour accompagner l’énergie contagieuse de la musique d’Oquestrada, mon regard indiscret a repéré Romain et Sylvie. Romain était en train de dessiner. Je me suis approchée et je lui ai demandé si je pouvais regarder.
« J’avais envie de dessiner. C’est pas forcément évident de trouver quelque chose qui vous inspire. Je suis sorti avec mes aquarelles, on avait d’abord prévu d’aller au concert à La Villette, et puis on a raté l’heure. On a le programme de Paris quartier d’été à la maison, on s’est dit qu’on allait venir ici finalement. C’est super cette musique ! Vous faites comment pour faire la programmation ? Parce que Oquestrada, ils ne sont pas connus en France !? »
Romain et Sylvie sont venus pour la première fois à la Butte du Chapeau Rouge grâce au festival. «Paris quartier d’été, on connaît depuis le concert d’Antibalas il y a deux ans. Cette année, on est allé voir Yom aussi. C’est génial de proposer ça gratuitement dans les parcs, c’est toujours de belles découvertes, à la fois de nouveaux lieux et des artistes vraiment brillants. »
Je laisse Romain à son inspiration. Après le concert, je les retrouve tous les deux près des loges, en train de se faire dédicacer l’album d’Oquestrada. Il montre son dessin à Miranda et aux musiciens, ravis.
Au moment où j’écris ce billet, je viens de rentrer chez moi après un deuxième concert d’Oquestrada, au jardin d’Éole cette fois-ci. Dans la rue qui mène du concert au métro, j’ai croisé une brasserie au nom évocateur. Et je me suis dit que décidément, Oquestrada me mettait vraiment en joie…

Il vous reste encore trois jours et trois lieux pour découvrir Oquestrada!












