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Archive pour juillet 2010

Abécédaire technique

Samedi 31 juillet 2010

Si comme moi, quand on vous dit « mise », vous pensez à l’argent que vous mettez sur la table au Poker, que « conduite » vous évoque vos nombreuses anicroches avec des automobilistes fous et que le mot « découpe » vous renvoie à vos longues minutes d’attente devant un étale de viande fraîche chez le boucher alors, c’est qu’il vous manque quelques galons à votre uniforme de technicien ! Qu’à cela ne tienne, je vous invite à une plongée dans le monde de la technique en 26 mots !

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A

AVANT-SCÈNE : Partie de la scène située devant le rideau de scène. Souvent, son plancher est mobile ou démontable pour couvrir la fosse d’orchestre.

B

BRIGADIER : - grade du chef d’un groupe de 6 machinistes (une brigade)

- bâton, bout de perche de 1 mètre de haut, souvent garni de velours et de clous dorés, utiliser pour frapper les 3 coups (précédés de 11, 12 ou 13 coups rapides suivant le type de pièce).

C

CONDUITE : Liste des consignes chronologiques nécessaires au déroulement du spectacle au niveau du plateau (machineries, cintres, accessoires), du son et des lumières.

D

DÉCOUPE : Projecteur à une ou plusieurs lentilles permettant de couper la lumière en formes géométrique.

E

ERP (Etablissement recevant du public) : selon la législation française, les établissements  reçevant du public doivent être conçus de manière à permettre de limiter les risques d’incendie, d’alerter les occupants de la réalisation d’un sinistre, de favoriser leur évacuation, d’éviter la panique, de permettre l’alerte des services de secours et de faciliter leur intervention. De plus, les ERP doivent être accessibles aux Personnes à Mobilité Réduite (places de stationnement, portes suffisamment larges, rampes d’accès, ascenseurs, toilettes handicapés…).

F

FILAGE : représentation “rapide” où les places sont prises, où l’on se contente d’enchaîner le spectacle du début à la fin pour permettre le réglage du son, de la lumière, etc.

G

GRIL : plancher à claire-voie coiffant la cage de scène comme un second plafonf où sont accrochés les projecteurs, les décors, les pendrillons …

H

HF / Haute fréquence : système de transmission radio sans fil pour les micros par exemple.

I

ITALIENNE : - mode d’installation et de manœuvre d’un rideau s’ouvrant par le milieu et remontant en drapé de chaque coté.

-  répétition rapide (normalement autour d’une table) pour vérifier la mémorisation du texte d’une pièce ;

- disposition et construction d’un théâtre suivant des règles importées d’Italie à partir de 1637 qui mettent en valeur la scénographie (décor réaliste en trompe-l’oeil et en perspective par opposition au décor symbolique et sacré du théâtre médiéval).
La salle séparée de la cage de scène (au volume très important de part l’utilisation des dessous et des cintres) par le cadre de scène et la rampe, symbolisant le cadre d’un tableau, d’un miroir, est composée d’un parterre entouré de galeries et de baignoires, loges et balcons sur plusieurs étages, occupant les trois côtés de la salle en forme de fer à cheval. Dans une salle, on peut voir et être vu, le public se répartissant selon une hiérarchie d’ordre économique et social. Pour vous faire une idée, vous pouvez vous rendre au Théâtre de l’Athénée, dirigé par Patrice Martinet  qui possède l’une des plus belle salle à l’italienne de la capitale !

J

JEU D’ORGUES : pupitre de commande des lumières, aussi appelé console lumière.
Il permet d’enchaîner facilement les effets successifs de la conduite lumière.
La console lumière peut-être soit manuelle, l’effet de lumière est alors réalisé à la main ou “à mémoire”, c’est à dire que l’effet de lumière est préalablement enregistré sur ordinateur et le technicien n’a plus qu’à le déclencher pendant le spectacle. Pour vérifier visuellement les effets, le jeu d’orgue est souvent située à la régie lumière, dans l’axe de la scène, vers le fond de la salle.

K

KILOWATT : Le kilowatt-heure est une unité de mesure d’énergie correspondant à l’énergie consommée par un appareil de 1 000 watts (1 kW) de puissance pendant une durée d’une heure. Une découpe par exemple consomme entre 1kW et 2kW.

L

LOINTAIN : le fond de la scène. [antonyme de Face]

M

MISE [abréviation de mise en place] mise en place des taps, des toiles et des décors avant un spectacle. “Faire la mise du 2” : installation des éléments de l’acte 2.

N

NIVEAU SONORE : La loi de décembre 1992 pour la lutte contre le bruit avait pour objet de prévenir, supprimer ou limiter l’émission ou la propagation sans nécessité ou par manque de précaution des bruits ou vibrations de nature à présenter des dangers, à causer un trouble excessif aux personnes, à nuire à leur santé ou à porter atteinte à l’environnement. Le seuil de la douleur est statistiquement constaté vers 120 dB SPL ; un concert rock atteints facilement, devant les enceintes, un niveau de 130 dB SPL ! Depuis décembre 1998, pour les lieux fermés (donc pas en plein-air) “effectuant des émissions sonores musicales au minimum 12 fois par an”, le décret 98-1143 limite le niveau sonore maximum de tout endroit accessible au public à 105 dB en moyenne et 120 dB en crête en tout point accessible aux personnes. Les études montrent qu’une exposition à plus 100 dB pendant 4 heures nécessite un repos de une semaine !!!

O

OEIL DU PRINCE : [expression popularisée par Nicola Sabbatini (1574-1654) dans son célèbre traité : “Pratique pour fabriquer scènes et machines de théâtre” publié en 1637 et traduit en 1942]. Point virtuel situé coté spectateur à 0,60 mètre au-dessus du plateau, dans son axe central et à une distance égale à l’ouverture du cadre de scène (correspondant à peu prés au 7e rang) qui permet de voir la perspective d’un décor sans déformation, de manière symétrique.

P

PLAN DE FEUX : aussi appelé plan lumière. Plan d’implantation des projecteurs sur le gril, en latéral, à la face. Sa conception dépend de considérations artistiques et esthétiques, de la méthode et de l’expérience du concepteur lumière.

Q

QUEUE DE COCHON : sorte de petite vrille, de tire-fond, servant à fixer au sol un décor et pouvant être enlevée rapidement.

R

RÉGIE : organisation matérielle du spectacle qui peut être divisée en plusieurs domaines : lumière (conduite) , son (mixages façades et retours), plateau (machinerie de scène). L’ensemble de ces régies est synchronisé, centralisé par la régie générale.

S

SERVANTE : en anglais, la servante est appelée « ghost lamp », lampe de fantôme. C’est une lampe de sécurité quand le plateau est dans le noir. Les fantômes envahissent le théâtre dés qu’il est désert, en général surtout le lundi soir, jour de relâche, appelé “ghost night”, la nuit des fantômes…

T

TAPS : ensemble homogène et neutre de tous les rideaux destinés à équiper une scène. On les distingue du rideau de scène, traditionnellement en velours rouge ou noir, installé de manière permanente.

U

UP (unité de passage) : Largeur minimale de passage proportionnelle au nombre total de personnes appelées à l’emprunter. La largeur type d’une unité de passage est de 0,60 m .

V

VÉLUM : tissu tendu ou drapé au dessus de la scène comme un plafond.

W

WEDGE : signifie « coin » en anglais. Enceinte en forme de coin et posée au sol.

X

XÉNON : représentant le deuxième type de lampes à décharge (avec les lampes aux halogénures métalliques du genre HMI), les lampes à Xénon furent mises au point par Osram® en 1944 et sont très utilisées pour leur lumière blanche (température de couleur de 5 600 K), dans les poursuites (puissant projecteur, dérivant d’une découpe, réglable et orientable par un machiniste pour suivre et cerner les déplacements d’un artiste sur scène).

Y

“Yapuka” : “Yapuka le faire !” “Yapuka démonter !” “Yapuka recommencer !”

Z

“Z’avez pas vu mon Leatherman ?” Le Leatherman pour un technicien, c’est un peu comme la truelle pour un maçon ! Pince multi-fonctions, elle regroupe en un seul outil compact plusieurs fonctions (pince, couteau, scie, lime, tournevis, règle… et même décapsuleur ! )

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J’ai tiré la plupart des informations de ce petit lexique sur ce site que je vous conseille vivement si vous voulez approfondir votre vocabulaire de technicien en herbe !


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Une balade ornithologique à Chamarande

Vendredi 30 juillet 2010

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Dimanche matin, nous étions une vingtaine à nous être donnés rendez-vous devant le Théâtre de la Ville, cueillant Paris à l’aube, rebroussant le chemin des nombreux noceurs qui ne voyaient en cette heure que la fin cahotante de leur nuit de fête. Il était 5h15 et nous nous retrouvions dans cette atmosphère de départ en vacances, quand on se dit qu’on partira tôt pour éviter le trafic et que les oreillers parsèment la banquette arrière en prévision des longues heures de route. Dans le bus, quelques uns ont collé le front à la vitre pour épier de leurs yeux mi-ouverts la capitale somnolente pendant que d’autres cédaient à une fatigue toute entière en ces temps festivaliers. Et puis une voix venue du devant du bus s’est mise à lire des poèmes et des textes à bec et à plumes, des lignes duveteuses où blottir notre manque flagrant de sommeil le temps du trajet qui nous menait à Chamarande. Alors, nous avons su que nous voyagions à dos de festival et que la route serait douce et chaloupée, puisque c’était Paris quartier d’été qui nous conduisait.

Une heure plus tard et quelques beaux textes plus loin, nous sommes arrivés au parc départemental de Chamarande où nous attendait Cloé, l’ornithologue qui allait nous guider dans notre balade matinale. Avant le départ, distribution de jumelles, jamais les mêmes, toutes leurs propres histoires, mémorable paire tout droit « sortie de l’armée russe », c’est vous dire.

S’en suit une promenade bucolique. « Oh ! La belle bernache du Canada ! Une bernache ? Oui l’oie, là, tu vois pas ? Et ça là bas ? Une poule d’eau ? Un foulque ? Mais c’est quoi la différence ? Et là, là dans l’eau regardez ! Non plus à droite, derrière, non cet axe là.. Là ? Ah oui…. Un ragondin ! “
Balade ornithologique au poil. Quand on ne voit pas, on met ses mains en cornet et on tend l’oreille. “Tu l’entends toi, le pili-pili du troglodyte ? C’est quoi un troglodyte ? Oui, 10 à 13 grammes le troglodyte, très secret comme oiseau, reprend Cloé, mais ses cris sont stridents… Les mains en cornet, vous entendez ?”

Et puis, aperçus à deux reprises, de drôles d’oiseaux…. Luc Petton, le chorégraphe de “La Confidence des Oiseaux”, le spectacle que nous nous apprêtions à voir quelques heures plus tard, avait concocté des éclats chorégraphiques in situ. Éberlués, nous découvrions la parade nuptiale aquatique d’une nymphe et d’un faune. Il était à peine 8h du matin.

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Rentrés dans une des dépendances de la belle propriété qui dominent le parc de Chamarande, un petit déjeuner digne de ce nom nous attendait. « C’est Byzance ! » a-t-on dit, quand le bacon et les œufs brouillés sont venus s’ajouter aux fruits frais et aux croissants. Et cette confiture restée à chaque comissure de lèvres et dans tous les esprits, d’où venait-elle ? Commande express à la grand-mère de Peggy, l’administratrice du festival, m’a-t-on glissé.

En attendant l’heure de la représentation, Cloé, véritable passionnée de volatiles, infatigable, a captivé tous les ornithologues en devenir avec ses « herbiers de plumes » … De quoi faire naître quelques vocations ! Ce n’est pas pour déplaire à Luc Petton, lui aussi amoureux des oiseaux, tant et si bien que dans son spectacle, corneille et perruches mènent la danse…

Paroles de spectateur (2) - Françoise Mazure

Mardi 27 juillet 2010

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Carte Blanche à Françoise, qui fait partie du gang de spectateurs embarqués dans les coulisses. Pour décrire la quatrième étape des aventures du petit groupe, je laisse la parole à cette passionnée de la scène, que ses obligations professionnelles estivales ont tout naturellement conduit à fréquenter Paris quartier d’été … Une histoire qui n’a pas fini de s’écrire !


“Les danseurs de flamenco sont exigeants, il leur faut vraiment une piste bien lisse.” Voilà ce que disait Fred, le responsable de l’équipe technique, alors que la scène n’était encore qu’un assemblage de planches assez grossières. Ce soir, il nous parle de la lumière qui éclairera demain Pastora, sur le sol noir impeccable et au milieu d’un écrin tout aussi noir, avec pour seuls éléments de décor une table et des chaises.                                                                                                                                 La nuit est tombée, et le travail peut commencer. Devant la scène, les techniciens perchés sur une tour-échafaudage à roulettes en aluminium installent des projecteurs sur la première rangée du « gril ». Tout est modulable, paraît-il. Illustration immédiate : les techniciens démontent carrément un étage de la tour de neuf mètres de haut et la soulèvent pour la poser sur la scène. Quelques gouttes de pluie. Distribution de ponchos. Sur la scène, l’éclairagiste de la compagnie en a enfilé un. Parfait, le reflet du plastique transparent sur son polo rouge quand il s’assoit pour un essai de lumière. Lumière qui chauffe et qui consomme. L’électricité ? Elle vient d’une armoire au sous-sol. Offerte par le Ministère de la Culture. Les projecteurs, les structures en aluminium, le matériel de sonorisation ? Tout est loué. Est-ce que c’est étanche ? Oui et non. Le 14 juillet, pour la soirée Bagouet, après les trombes d’eau de la journée, il a fallu démonter la moitié des projecteurs, les faire sécher, puis les réinstaller pour la représentation.

La lumière suit les modes. Techniques et artistiques. Celles qui la rendent parfois agressive, pour ceux qui sont sur scène comme pour les spectateurs. Demain, ce sera plutôt un éclairage intime. Et pour l’instant, pas de robots monteurs de projecteurs, le travail reste artisanal. Toute la nuit, les réglages vont se poursuivre. A l’aube, ce sera prêt.

___Pastora Galván n’aura plus qu’à briller.

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On est partis dans le décor !

Lundi 26 juillet 2010

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Je continue à suivre le groupe de spectateurs fidèles à qui Paris quartier d’été a offert la possibilité de découvrir le festival côté coulisses. Pour ce troisième rendez-vous, nous partons à la découverte des arcanes de la scénographie et des décors de « La Dame de chez Maxim”. Samedi après-midi, le petit groupe s’est donné rendez-vous au Monfort pour rencontrer Dominique Brillault, le régisseur général, et Christian Tirole, l’un des trois scénographes de la pièce (les deux autres étant Daniel Jeanneteau et Jean-François Sivadier, le metteur en scène).

On monte sur scène. On ouvre grand les yeux et on se tort le cou à force de regarder en l’air. Étrange machinerie au repos, poulies, guindes, parquet qui grince. On est là, entrés comme par effraction dans un théâtre en sommeil et on se demande… “Petypon, il change combien de fois de chemise dans la pièce ? ” Christian et Dominique hésitent. “4, 5, beaucoup en tout cas, c’est qu’ils suent les comédiens de Sivadier !” On rigole, on cherche du regard une confirmation chez les quelques membres de l’équipe venus assister à la rencontre. “6 !”

Dans “La Dame de chez Maxim”, exit la traditionnelle boite noire, censée faire ressortir les éclairages et disparaître la cage de scène. Les décors sont manipulés à vue. Au cœur de la scénographie, des rectangles de parquet de quelques centimètres d’épaisseur semblent modulables à merci. Un étonnant jeu de construction qui permet un décor mouvant en phase avec l’action.

Au sol, les larges plaques de bois clair accrochées par le haut à des fils bien visibles semblent attendre le moment où, comme dans la pièce, on les lève à la verticale. Pendant le spectacle, relevées inopinément, elles font apparaître des parois où s’ouvrent des portes.

Au fur et à mesure que le regard se perd, les langues se délient. Les spectateurs qui ont déjà vu la pièce reconnaissent les détails de la machinerie et commentent les scènes à la lumière de leur découverte. Jean-Louis s’enthousiasme : “Ah, mais voilà la fameuse boîte de la Môme Crevette dont les parois sont des miroirs sans tain! C’est bien trouvé, parce que … ” “Chut ! On veut pas savoir, on va voir la pièce demain !”

Et, pendant que la distribution des T-shirts Paris quartier d’été accroche un sourire aux lèvres d’Anne-Laure, on continue de s’interroger…                     “Vous respecter à la lettre les didascalies? Je veux dire, il n’y a pas une sorte de droit d’auteur sur les didascalies ? Non parce que Feydeau, je ne pense pas qu’il ait vraiment écrit ça comme ça !”

A vous de juger…

Didascalies

Acte I
Le cabinet du docteur Petypon.
Grande pièce confortablement mais sévèrement meublée. À droite premier plan, une fenêtre avec brise-bise et rideaux. Au deuxième plan, en pan coupé (ou ad libitum, fond droit, face au public), porte donnant sur le vestibule. À gauche deuxième plan (plan droit ou pan coupé ad libitum) porte donnant chez madame Petypon. Au fond, légèrement en sifflet, grande baie fermée par une double tapisserie glissant sur tringle et actionnée par des cordons de tirage manœuvrant de la coulisse, côté jardin. Cette baie ouvre sur la chambre à coucher de Petypon. Le mur de droite de cette chambre, contre lequel s’adosse un lit de milieu, forme avec le mur du côté droit de la baie un angle légèrement aigu, de telle sorte que le pied du lit affleure le ras des rideaux, alors que la tête s’en éloigne suffisamment pour laisser la place d’une chaise entre le lit et la baie. Celle-ci doit être assez grande pour que le lit soit en vue du public et qu’il y ait encore un espace de 75 centimètres entre le pied du lit et le côté gauche de la baie. De l’autre côté de la tête du lit, une table de nuit surmontée d’une lampe électriqueavec son abat-jour. Reste des meubles de la chambre ad libitum. En scène, milieu gauche, un vaste et profond canapé anglais, en cuir capitonné, au dossier droit et ne formant qu’un avec les bras ; à droite du canapé, une chaise volante. À droite de la scène, une table-bureau placée perpendiculairement à la rampe. À droite de la table et face à elle, un fauteuil de bureau. À gauche de la table un pouf tendu «en blanc» et recouvert provisoirement d’un tapis de table  ; au-dessous de la table, une chaise volante. Au fond, contre le mur, entre la baie et la porte donnant sur le vestibule, une chaise. Au-dessus de cette chaise, un cordon de sonnette. Sur la table-bureau, un buvard, encrier, deux gros livres de médecine. Un fil électrique, partant de la coulisse en passant sous la fenêtre, longe le tapis, grimpe le long du pied droit (du lointain) de la table-bureau et vient aboutir sur ladite table. Au bout du fil qui est en scène, une fiche destinée à être introduite, au courant de l’acte, dans la mâchoire pratiquée dans la pile qui accompagne le «fauteuil extatique» afin d’actionner celle-ci. À l’autre bout, en coulisse, un cadran à courant intermittent posé sur un tabouret. (Placer, en scène, les deux gros livres de médecine sur le fil afin d’empêcher qu’il ne tombe, en attendant l’apparition du fauteuil extatique.)

Scène 1
Mongicourt, Etienne puis Petypon.
Au lever du rideau, la scène est plongée dans l’obscurité ; les rideaux de la fenêtre ainsi que ceux de la baie sont fermés. Le plus grand désordre règne dans la pièce ; le canapé est renversé, la tête en bas, les pieds en l’air ; renversée de même à côté, la chaise volante, à un des pieds de laquelle est accroché le reste de ce qui fut un chapeau haut de forme. Sur la table bureau, un parapluie ouvert ; par terre le pouf a roulé ; un peu plus loin gît le tapis de table destiné à le recouvrir. La scène est vide, on entend sonner midi ; puis, à la cantonade, venant du vestibule, un bruit de voix se rapprochant à mesure jusqu’au moment où on distingue ce qui suit : […]

Un petit “havre de paix”

Dimanche 25 juillet 2010

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Si vous êtes un habitué du festival, vous connaissez sûrement le Parc de la Butte du Chapeau Rouge dans le 19ème arrondissement. La popularité des Buttes Chaumont a sans nul doute permis de préserver la tranquillité de ce petit « havre de paix ».                                                                                                                   Il réserve au promeneur une vue dégagée sur l’Est de Paris. Ses jardins, dessinés par Léon Azéma, qu’on connait davantage pour le palais Chaillot, ont une silhouette vallonnée, où courent des pelouses tachetées de fleurs et de nombreux grands et vieux arbres dont les épais troncs rident paisiblement le long des chemins.

Autrefois, la Butte du Chapeau Rouge constituait une parcelle de la plaine du Pré-Saint-Gervais, animée d’une guinguette qui lui a laissé son nom. Ici, au début des années 1910, les mouvements politiques et les syndicats de gauche se rassemblaient pour défendre le pacifisme contre le militarisme.

Au printemps 1913, alors que la guerre devenait imminente, le rassemblement en souvenir des communards qui devait se tenir comme chaque année au Père-Lachaise fut annulé par le gouvernement de Louis Barthou. Ce dernier redoutait que la manifestion ne se retourne contre lui. Le 25 mai, cent cinquante mille personnes répondirent alors à l’appel de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), à manifester à la place au Pré-St-Gervais.

Là, au milieu d’une véritable marée humaine, Jean Jaurès prononce son Discours contre la loi des Trois ans tendant à allonger d’une année le service militaire. Les premiers journalistes photographes immortalisent sur le vif son charisme. Malgré l’ampleur de la mobilisation, l’Assemblée nationale vota la loi. On connait la suite.

Lieu de grands rassemblements populaires, le Parc de la Butte du Chapeau Rouge accueille cet été encore les concerts organisés par le festival.

De 34 Puñaladas à Oquestrada en passant par Yom, Paris quartier d’été vous invite dans ce petit « havre de paix ».

Discours de Jaurès à la Butte du Chapeau Rouge - 25 mai 1913

La playlist de Yom

Samedi 24 juillet 2010

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Courez-y ! Yom donne son dernier concert ce dimanche à la Butte du Chapeau Rouge. Le clarinettiste nous invite dans un road-trip psychédélique à travers les routes d’Europe de l’Est  où la musique klezmer des juifs itinérants rencontre un quartet rock. Que vous l’ayez déjà découvert dans son tout nouveau projet ou que vous soyez encore en train d’enfiler vos sandales pour aller le voir, je vous invite à une courte escapade dans la constellation musicale de Yom.

Une playlist spécialement préparée et commentée par l’artiste.

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Tziganska Ballada de l’album Balkanology de Ivo Papasov

Incroyable clarinettiste bulgare sur une très belle improvisation en 7/8. Magnifique!

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Untitled 8 de l’album () du groupe Sigur ros

Ça commence comme une petite chanson pop et ça tourne à l’ouragan démoniaque de beauté suprême.

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La Cañada de l’album Siroco de Paco de Lucia

La classe suprême, maîtrise instrumentale absolue, sensibilité permanente, le feu musical !!!

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Cize de Cesaria Evora

Mélodie sublime, comme presque toutes ses chansons… J’aurais pu en choisir au moins dix autres!

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Erau Zarzarii-Nfloriti de Romica Puceanu & Orchestra Florea Cioaca

La voix roumaine dans toute sa splendeur et son extrême sensibilité…

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Les Tours Nuages à Nanterre, de l’autre côté du miroir

Vendredi 23 juillet 2010

Mardi dernier, le spectacle Miroir, Miroir de la compagnie Moglice a pris place en bas des tours imaginées par l’architecte Emile Aillaud, à Nanterre. C’est Aillaud qui aurait été content ! Lui qui avait vu son immeuble-miroir refusé lors de l’achèvement du projet de la Défense aurait pu découvrir ses Tours Nuages se refléter dans le miroir-trapèze du spectacle de Mélissa Von Vépy et du pianiste Stephan Oliva.

Construites en 1977, les Tours Aillaud ou Tours Nuages constituent un ensemble de 18 tours d’habitation de 1 607 appartements qui forment la Cité Picasso. Toute proche du quartier d’affaire de La Défense, cette cité se caractérise par la hauteur de ses bâtiments qui culminent jusqu’à 105 mètres de haut et par ses plans basés sur la forme de nuages – d’où l’appellation des tours.

Cet ensemble immobilier dont l’architecture et l’esthétique sont aujourd’hui contestées s’est régulièrement vu menacé de destruction. La Ville de Nanterre a pourtant initié des travaux de réhabilitation de ces tours, situées au cœur d’un quartier sensible classé prioritaire par le Ministère de l’Intérieur en 2004.

Fidèle à ses habitudes, Paris quartier d’été a su faire un mariage heureux entre un lieu atypique et et un spectacle exigent, l’un sublimant l’autre et vice-versa.  Pour Aillaud, qui concevait « l’architecture et l’urbanisme comme poétique », nul doute que Miroir, Miroir aurait constitué un évènement de choix pour cet ensemble urbain, entre ciel et terre. Une idée lumineuse qui a donné l’occasion aux habitants du quartier de jeter un œil neuf sur  leur  cité en même temps que d’autres spectateurs découvraient pour la première fois les Tours Aillaud. Le très beau travail de Mélissa Von Vépy a littéralement fait tourner la tête aux Tours Nuages !

Le festival affiche la couleur !

Jeudi 22 juillet 2010

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Quand je regarde d’anciennes photos, j’ai tendance à beaucoup rire de ma dégaine et de celles des gens. Les modes changent et avec elles notre style, bien souvent reflet d’une époque et de sa façon de voir les choses. Le festival n’échappe pas à la règle. 21 ans de Paris quartier d’été, c’est aussi 21 ans de look. Depuis 1990, l’identité visuelle du festival a constamment évolué, passant d’une Tour Eiffel stylisée aux aplats de couleurs fluo de Quarez puis aux bonshommes et aux bulles de Mix et Remix.

Comment choisit-on un graphiste plutôt qu’un autre ? Qu’est ce qui fait qu’un jour, on décide de changer d’image ? Patrice Martinet, le directeur et fondateur de Paris quartier d’été, revient sur l’évolution des visuels du festival en quatre grands moments.

Un voyage d’ à peine plus de 5 minutes truffé d’anecdotes à découvrir avec les yeux et les oreilles !

Montage réalisé en collaboration avec Pauline Mahé.

Ne vous fiez pas à l’image constante au début, il y a bien un diaporama, au fil de l’interview, les images fusent!

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Mais où est passée la femme à la robe à pois?

Vous vous en souvenez peut-être. Une élégante dame en robe à pois s’était installée sur les affiches du festival dans les années 90. Cette belle parisienne, magnétique, versatile et curieuse, nous racontait des histoires… Que peut-on faire l’été à Paris? Figure tutélaire de Paris quartier d’été pendant plusieurs années, la belle dame et ses extravagances ont fini par ne plus correspondre à l’image du festival. Ses airs un rien bourgeois ne faisait plus écho au caractère trublion de l’évènement.

Je ne peux malheureusement pas vous présenter cette série d’affiches car son créateur ne souhaite plus que la femme à la robe à pois gambade sur les pages du site internet de Paris quartier d’été. Décidément, la diva est facétieuse !

Pour vous repérer, voici les années auxquelles correspondent les visuels : (cliquez pour agrandir)

Là où le coeur bat

Mercredi 21 juillet 2010

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Si vous vous êtes baladés sur le site internet du festival ces jours-ci ou que vous avez assisté à un spectacle au Palais Royal, vous avez sûrement remarqué que Paris quartier d’été vous appelle à manifester… votre désir !

Désir de quoi me direz vous ?

Désir que ça continue.

Désir que l’année prochaine, Paris quartier d’été conserve son lieu central et fédérateur.

Désir d’arriver sur la Place Colette, de prendre le chemin de la cour d’honneur du Palais Royal et de retrouver la scène emblématique du festival.

Désir que sur la scène, il y ait des artistes.

Désir que dans les coulisses, l’équipe de Paris quartier d’été continue de se presser, de s’agiter, de se décarcasser pour que tout se passe, et que cela se passe bien.

Désir que le Palais Royal continue d’être le cœur battant du festival, pulsant chaque jour un peu plus d’audace et de poésie dans les veines de Paris.

De l’extérieur, les choses semblent faciles. Pourtant elles ne le sont pas. D’année en année, le festival voit sa présence au Palais Royal remise en question. Amis fidèles de Paris quartier d’été, nous avons besoin de vous et de vos voix qui s’élèvent haut et fort pour dire l’importance de ce lieu, ici, maintenant.

Parce que depuis 1992, le Palais Royal c’est … le Roméo et Juliette du Footsbarn Travelling Theatre, le Teatro del Silencio dirigé par Mauricio Celedon, Kazuo Ohno, le maître du Butoh, l’Opera de Pékin, Doug Elkins, Merce Cunningham et l’Ensemble de Surakarta dirigé par Princesse Moertiyah,

Josef Nadj et son Cri du Caméléon, Les Ballets de Monte-Carlo et la Martha Graham Dance Company, le Ballet de l’Académie royale khmère, Andy Degroat, la Twyla Tharp Dance Company, Jean-Claude Gallotta, Daniel Larrieu, les stars du hip-hop de la Compagnie Storm and Jazzy Project et la Troupe Choream, la Compagnie Käfig, Karine Saporta, l’ensemble LS Malati, Europa Danse sous la direction de Jean-Albert Cartier, le Media Aetas Teatro de Roberto de Simone, Augusto Boal, Blanca Li et la Troupe d’Opéra de Taïwan Hsin Chuan, l’opéra multimédia de Robert Ashley et Yukihiro Yoshi, la Compagnie Accrorap, le Kuchipudi, Elizabeth Streb, Mats Ek et le Ballet National de Lyon,

Niels «Storm» Robitzky, Merce Cunningham encore, Olivier Darné et ses abeilles, les biens nommés Hors-Piste qui amenait le public dans l’aventure des coulisses, La Milonga royale, tango, Israel Galván et son spectacle phare, La Edad de oro, Miguel Angel Berna, le Ballet de l’Opéra national du Rhin reprennant des chorégraphies de Maurice Béjart, Trisha Brown , Boris Charmatz, la compagnie Membros, Faustin Linyekula,

Robyn Orlin, Theater Stap, Sidi Larbi Cherkaoui et Nienke Reehorst, José Galván, Andrés Marín et Rafaela Carrasco, Maguy Marin avec son oeuvre légendaire, May B, jusqu’à cettte édition 2010 qui réunit le Ballet du Grand Théâtre de Genève reprenant des pièces de Dominique Bagouet, Zimmermann & de Perrot avec le Groupe acrobatique de Tanger, Pastora Galván, Sistema Tango, Rocío Molina et The Irrepressibles …

La liste est longue et le festival ne compte pas s’arrêter là!


Signez la pétition pour que vive le spectacle au Palais Royal ici!


Le “&” de Zimmermann & De Perrot

Mardi 20 juillet 2010

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© Augustin Rebetez

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D’habitude, ils sont sur scène. Dimitri Zimmermann et Martin De Perrot, les deux metteurs en scène de Chouf Ouchouf, sont des habitués du plateau. Contrairement à Gaff Aff et Öper Öpis, leurs précédentes créations, Chouf Ouchouf ne met pas en scène les deux comparses suisses, l’un circassien, l’autre compositeur de musique et Dj. Non, cette fois-ci, Zimmermann & De Perrot restent dans l’ombre des coulisses et offrent le plateau tout entier au Groupe Acrobatique de Tanger.

J’ai toujours été curieuse de savoir comment on travaille à deux. Quelle est la dose de consensus que la création à quatre mains impose ou pas. Et cela, je me suis dit que le plus simple, c’était de leur demander.

Je savais qu’ils ne pourraient pas accompagner l’équipe du Groupe Acrobatique de Tanger pour les représentations de Chouf Ouchouf à Paris. Profitant de leur présence au festival d’Avignon, je leur avais proposé une petite interview avant une des représentations de leur spectacle.Le rendez-vous est tombé à l’eau mais le duo de metteurs en scène a bien voulu répondre à quelques unes de mes questions à la volée. Réponse d’une seule voix. L’un et l’autre, l’un dans l’autre, c’est selon…

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-  Qu’est-ce qui vous rassemble?

Tout ce qui est entre nous, le troisième élément, l’inconnu.

Le “&” qui est entre Zimmermann & de Perrot.

Le rire.

Deux silhouettes, un rire confondu. Vous voulez vous faire une petite idée? Visionnez la vidéo ici, fou rire contagieux !!

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-  Qu’est-ce qui vous oppose?

Les projections que l’on fait sur l’autre.

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-  Qu’est-ce que vous ne lui avez pas encore dit?

On ne parle pas. Le mouvement et la musique suffisent pour dire les choses le plus profondes sur l’être humain.

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-  Qu’est-ce qui vous inspire chez l’autre?

Le mystère! Le fait de ne jamais vraiment savoir qui est l’autre.

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-  Un souvenir de lui marquant?

Il se détache du sol et il s’envole en l’air.

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-  Quel est votre mode de travail?

Le travail.

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Si ce n’est pas déjà fait, il ne vous reste plus qu’à découvrir Chouf Ouchouf, au Palais Royal jusqu’au 23 juillet. Les représentations sont complètes mais vous pouvez tenter votre chance à la billetterie de la Place Colette, où il reste toujours quelques places en vente les soirs de spectacle. À bon entendeur…

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Chargé de production, késaco ?

Lundi 19 juillet 2010

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Pierre-Yves Ohayon et Isabelle Frank sont les deux chargés de production du festival. Je les ai connus l’an dernier, quand j’étais en stage à Paris quartier d’été. Cette année, je reviens, eux sont toujours là, et je leur propose de me parler de leur Paris quartier d’été à eux. C’est une fin d’après midi, le soleil tape sur Paris éberlué par un été surgi sans crier gare, on est chez moi, on se met à discuter. Le sujet qui nous anime, c’est leur rapport à leur travail.

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Mais au fait, c’est quoi au juste votre travail ?

Isa : Je cocoone les compagnies! Plus concrètement j’établis les contrats, j’organise le séjour des artistes à Paris et je m’occupe de la coordination des représentations. En amont, je m’assure également de trouver un lieu pour les répétitions, et puis lors des représentations, je suis responsable du site et… Je fais même les annonces des spectacles au micro! Bien sûr, s’il y a un problème sur le terrain, je suis là. En un sens, on est un peu les baby-sitters des artistes, on s’assure que tout se passe bien pour eux.

Pierre-Yves : Moi au départ je ne savais pas ce que c’était la production, je me disais producteur, c’est quoi ? C’est le mec avec son gros cigare et des dollars plein les poches ?  En fait, il s’agit effectivement comme le décrit Isa de gérer les aspects administratifs, logistiques et financiers et de faire le lien entre tous les protagonistes. Vraiment, le mot qui définit le mieux mon boulot c’est mon rôle d’interface, c’est à dire que nous sommes à un point de confluence entre l’administration, la technique et les artistes.

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Qu’est ce qui vous fait palpiter à Paris quartier d’été?

Pierre-Yves : Pour moi, la définition du spectacle vivant, c’est l’équation : une œuvre + un lieu + un public. Ce qui est intéressant sur ce festival c’est la manière dont ces trois éléments se combinent. Des propositions artistiques intéressantes et novatrices dans des lieux originaux, à destination de tous les publics, qu’ils soient avertis ou non, le fameux « élitaire pour tous » de Vitez. Ce qui me fait palpiter, c’est donc l’originalité et la diversité des propositions artistiques, le fait que le public soit multiple et surtout d’intervenir dans des lieux atypiques, étonnants, pas forcément connus des parisiens eux-mêmes. Comme ces lieux ne sont généralement pas dédiés aux spectacles, la direction technique fait pousser les scènes comme des champignons, créant l’infrastructure, ramenant le matériel, les loges, les toilettes, raccordant le courant… ils résolvent tous les problèmes techniques imaginables!

D’un point de vue plus personnel, Paris quartier d’été, me permet de rencontrer et d’échanger avec des gens qui ne sont pas exclusifs, qui restent ouverts à toutes les formes d’art et sont sensibles à la musique, à la danse, au théâtre, aux arts de la rue. Moi qui évolue plutôt dans le milieu de la musique et du théâtre, c’est vraiment le festival qui a formé mon regard sur les différentes formes de danse et sur les arts de la rue.

Isa : Ce qui me fait palpiter c’est, comme disait Pierre-Yves, le fait d’investir des lieux qui ne sont pas dédiés aux spectacles, de les habiter, de les faire vivre différemment. Et puis j’aime beaucoup le contact avec les différents corps de métier qui cohabitent et interagissent sur le festival, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir. Et bien sûr, les spectacles que l’on voit, où chaque année, certains nous surprennent, nous émeuvent, nous remuent à l’intérieur…

Pierre Yves : C’est vrai que l’esprit du festival requiert des compagnies qu’elles acceptent des conditions particulières, qu’elles comprennent qu’il ne s’agit pas de faire une date comme une autre.

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Qu’est ce qui est dur dans votre boulot ?

Isa : Les aléas de la météo ! Et parfois le contact en amont avec les compagnies qui ne comprennent pas les conditions d’accueil et donc les éventuelles concessions à faire pour adapter le spectacle aux conditions du plein air ou à certains lieux non dédiés au spectacle vivant… Le défi pour nous, c’est de savoir s’adapter à des configurations hors norme et de sensibiliser les artistes à ça.

Pierre-Yves : Rien n’est dur parce que comme le dit Isa, l’essentiel de la production, c’est de tout caler en amont en prévoyant tous les cas de figures possibles puis être présent le jour J comme agent de médiation entre tous pour résoudre les problèmes qui peuvent survenir. Comme la plupart du temps, on a très bien préparé notre évènement, aucun problème ne survient donc c’est pas dur! Ahah! Comme dit Raoul Petite, c’est sûr, si t’assures c’est pas dur ! La seule chose qu’on a du mal à prévoir en amont, ce sont les aléas climatiques.

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Un souvenir?

Isa : L’année dernière, la pire saison d’orages jamais vue depuis bien longtemps au festival…

Pour la série de représentations du spectacle de Robyn Orlin et des Phuphuma Love Minus, il y a eu des orages à répétition.

Un soir, la pluie s’est mise à tomber, le spectacle avait commencé et j’ai pris la décision d’annuler le concert. Quand j’ai fait l’annonce au public, la pluie s’est soudainement affinée. Tout le monde s’est mis à me regarder du coin de l’œil en se demandant pourquoi j’avais fait ça ! Et puis là, des grêlons gros comme des noix ont commencé à tomber. Ça a un peu été la panique, mais heureusement qu’on avait interrompu le spectacle car ça aurait vraiment été dangereux. On s’en est sortis avec quelques bleus ! Les Phuphuma, eux, ils étaient inarrétables, ils ont continué à danser dans les coulisses ! Le lendemain, Robyn Orlin et eux sont allés planter un couteau dans un arbre du Palais Royal, c’est un rituel zoulou pour que la pluie cesse… Et ça a marché! Le soir même il a plu jusqu’à 21h30 et quand les spectateurs sont arrivés, le ciel s’est dégagé.

Pierre-Yves : Pleins! Comme spectateur et comme acteur. En vrac, Le concert Zappa du Modern Ensemble sur la piazza Beaubourg, Transports exceptionnels, le duo pour danseur et pelleteuse de Dominique Boivin à Bercy, le cirque Baobab aux Tuileries, Elisabeth Streb au Palais Royal, ou encore les Fabulous Troubadours au Sénat sans oublier le Cabaret New Burlesque au Zèbre avec Dirty Martini, Mimi le Maux et Kitten on the keys…

Comme chargé de production, une anecdote qui me revient aujourd’hui c’est les concerts de Cor de la plana, un ensemble polyphonique de Marseille…

Pour les Musiques du Monde dans les parcs et jardins, je fais souvent des petits discours d’intro, pour présenter le groupe qui passe, et ceux qui passeront les semaines suivantes. Et là, un des chanteurs du groupe, me met au défi: «  Tu vas caser dans ton discours des mots, des mots différents tous les jours. » Alors moi je me suis pris au jeu, et le jour même, je me suis retrouvé à devoir caser « monticule » « cocotier » et « baleine à bosse » dans mon petit texte de présentation! On s’est bien marré, c’était un petit défi qui a duré toute la semaine  avec trois mots différents chaque jour, ils étaient vraiment sympas, c’était vachement marrant ça, le concept du « name dropping »

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Une petite suggestion pour cette 21ème édition ?

Isa : Le flamenco, 34 Puñaladas, le Cirque Aïtal… c’est dur de faire un choix!

Pierre-Yves : C’est vrai, cette année encore , il y a plein de propositions intéressantes, il y en a pour tous les goûts. Mais pour répondre à ta question, je te conseille bien sûr tous les concerts de musique dans les jardins pour lesquels je travaille, ahah ! Également Miroir, Miroir de la compagnie Moglice et puis le cirque au Théâtre de la cité internationale. Enfin, comme je plaide pour plus de théâtre au festival, et que j’habite dans le très méconnu et dénigré 15ème arrondissement de Paris, j’irai voir les spectacles de Marcel Bozonnet et de Jean-François Sivadier au Monfort, qui jouxte le parc Brassens…

Isa : Ah! Et j’allais oublier… À Chamarande, la ballade ornithologique a 6h du matin! Un truc inédit! Un bon cocktail! Des éclats chorégraphiques, une lecture dans le bus, ça promet…

Pierre-Yves : Les concerts à Saint-Eustache! C’est un lieu tellement magnifique que ça sera forcément bien! Et là en plus, avec les femmes de Mayotte, Inés Bacàn et Anass Habib, ça risque d’être vraiment extra.

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Paroles de spectateur (1) : Jean-Louis Rossi

Dimanche 18 juillet 2010

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Le blog aime inviter!

Aujourd’hui, place à Jean-Louis Rossi qui participe au parcours de découverte des coulisses du festival organisé par Paris quartier d’été pour remercier certains de ses spectateurs les plus fidèles. Dans ce cadre, ce petit groupe de passionnés a pu découvrir les secrets de la scène du Palais Royal dans une visite menée de main de maître par le directeur technique du festival, Frédéric Vannieuwenhuyse. La semaine dernière, c’est la classe de danse du Ballet du Grand Théâtre de Genève qui leur ouvrait ses portes. Prochaine étape ? Une rencontre autour de la scénographie de La Dame de chez Maxim, le spectacle de Jean-François Sivadier qui se donne jusqu’au 31 juillet au Monfort.

Curieuse de découvrir le point de vue de ces spectateurs qui explorent la face cachée du festival, je leur ai proposé de partager leur regard sur Paris quartier d’été. Jean-Louis Rossi nous livre un portrait par petites touches du fondateur et directeur du festival, Patrice Martinet. L’aviez-vous reconnu ?

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Beaucoup de monde, nonchalamment assis ou allongé sur l’herbe accueillante du parc de la Butte du Chapeau rouge ce dimanche, pour écouter les 34 Puñaladas.

Sur un banc un peu à l’écart, une silhouette familière pour les habitués de Paris quartier d’été.

Soudain, il (c’est un homme) se lève, traverse tranquillement la foule à l’écoute des musiciens et va se poster discrètement derrière la scène.

Qui le remarque? Qui le reconnaît?

Les Carnets Bagouet

Samedi 17 juillet 2010

À la disparition de Dominique Bagouet en décembre 1992, d’anciens danseurs et collaborateurs de sa compagnie ont fondé Les Carnets Bagouet, une association destinée à coordonner et à assurer la transmission des œuvres et la pédagogie du chorégraphe qui fut l’un des chefs de file de la nouvelle danse française. Mais comment préserver et insuffler à de nouvelles générations de danseurs « l’esprit Bagouet » ?

Certes, il y a l’apprentissage d’une partition chorégraphique, qui, depuis la période baroque au moins, passe par une transmission gestuelle et verbale, d’un danseur à l’autre. Mais passée la transmission physique et mimétique, comment contaminer l’autre de la pensée du chorégraphe, de l’univers poétique qui sous-tend chaque mouvement ?

Quand Olivia Grandville, interprète de la compagnie Bagouet dès 1989, répond à la demande du Ballet du Grand Théâtre de Genève de remonter Jours Étranges et So schnell, elle commence par travailler les fondamentaux du chorégraphe.

So Schnell de Dominique Bagouet, Ballet du Grand Théâtre de Genève © Agathe Poupeney

Les rebonds, la notion de poids, l’indépendance de la main, la tranquillité du lampadaire, la propagation et la cause à effet, le cintre, la connexion entre le regard et la main, le tire-bouchon, la marche à l’amble, la musicalité du souffle, chez Bagouet, le mouvement porte son propre sens.

Dans ce bref inventaire de quelques uns des incontournables de la galaxie Bagouet, Jean-Charles Di Zazzo, danseur des Carnets Bagouet, évoque le rapport ludique à la gravité. Le rapport ludique à la gravité. Bagouet éludait le rapport conflictuel avec le sol, défiait les forces de pesanteur du corps.

Le rapport ludique à la gravité. Un précepte, une ligne de vie.

Le travail de Bagouet ne dissociait pas les périodes d’entraînement de la création. Dans Jours étranges, la partie où les danseurs sont en ligne et grimacent les uns après les autres comme des personnages de bande dessinée est issue d’improvisations. Pour la reprise de la pièce, il ne s’agissait pas de demander aux nouveaux danseurs de reproduire l’exacte partition, mais plutôt d’inventer eux-mêmes leur propres personnages. Si la gestuelle se renouvelle, puisqu’elle est intimement liée au caractère et à l’interprétation du danseur, la structure, l’énergie, elles, restent les mêmes.

« Les premiers danseurs de la pièce ne sont pas les gardiens du temple, il faut laisser vivre l’œuvre. »                                            Quelle que soit la qualité de la transmission d’une œuvre, son interprétation contient intrinsèquement une part de trahison. Pour Jean-Charles Di Zazzo cette trahison de fait, il faut l’accepter, puisqu’elle est intimement liée à la réappropriation.

Mort du sida à 41 ans, Bagouet n’a pas vu la version de So schnell qu’il avait créée en 1992 à l’occasion de l’inauguration du plateau du nouvel Opéra Berlioz à Montpellier. So schnell, ô combien rapide est le temps.

Paris quartier d’été intime. Une classe de danse du Ballet du Grand Théâtre de Genève

Vendredi 16 juillet 2010

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Edgar Degas (1834-1917) La classe de danse Entre 1871 et 1874 Huile sur toile H. 85 ; L. 75 cm © RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Edgar Degas faisait partie de ces curieux que le magnétisme de la danse a conduit à pousser la porte des studios de répétition. Dès 1870, les danseurs de l’Opéra dans la rigueur de l’exercice, de la répétition, ou dans le repos, deviennent sa principale source d’inspiration. Il décline alors la figure du danseur dans de nombreux tableaux dont l’un des plus connus, La classe de danse, met en scène un maître de ballet entouré de ses élèves, en train de s’étirer après l’exercice.

Peu de spectateurs ont déjà été témoins de telles scènes, fascinantes. Christine Jacquet, la responsable des relations publiques le sait, les dessous de la représentation intriguent. Elle a donc mis en place un parcours de découverte des coulisses de Paris quartier d’été pour une petite dizaine d’habitués du festival.                                                                                                                    Ils s’appellent Jean-Louis, Yvonne, Françoise ou Sophie, viennent depuis dix, quinze, souvent vingt ans et regorgent de souvenirs et d’anecdotes. Quelques jours avant le début du festival, ce petit groupe de spectateurs suivait Frédéric Vannieuwenhuyse, le directeur technique, pour une visite de la scène du Palais Royal en plein montage.

Pour le deuxième rendez-vous de cette balade dans l’intimité de Paris quartier d’été, nous les suivons dans la rotonde du Théâtre de la Ville où se préparent les danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève pour la première représentation de deux pièces de Bagouet au Palais Royal.

Quelques heures avant la dernière des représentations de So Schnell et de Jours étranges au festival, je vous propose de découvrir ces danseurs au travail, corps placés à la perfection et visages décontractés, sous le regard mêlé d’autorité et de bienveillance de la répétitrice .

Une vidéo réalisée en collaboration avec Pauline Mahé.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii D’arabesques en grands battements, de sissonnes en entrechats, les danseurs travaillent leurs fondamentaux. Quelle surprise de les retrouver ensuite dans l’écriture de Bagouet, ici, un extrait de So Schnell, pétri de l’humour si particulier au vocabulaire du chorégraphe.

Forêt de parapluies

Jeudi 15 juillet 2010

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Paumes tournées vers le ciel, nez collé au flux des alertes météo qui assaillissent l’Iphone, regard vagabond entre ciel et terre, on retient son souffle. C’est la danse de la pluie de l’équipe de Paris quartier d’été. Ça devient quasiment rituel au festival, les orages s’invitent sans crier gare.

Hier, la première des représentations du Ballet du Grand Théâtre de Genève a esquivé avec brio l’orage qui se préparait. Si tôt l’annonce du début du spectacle faite, de grosses gouttes avaient pourtant commencé à perler. En deux temps trois mouvements, c’est une forêt de parapluies qui s’est mise à pousser. Chahut dans les rangs, distribution de ponchos contre la pluie, le nuage noir fait un pas de côté de dernière minute. On se rassure. Le plateau une fois séché, la musique des Doors inonde le lieu et les danseurs s’avancent.

Cette frayeur d’avant-première a eu ses bons côtés. Notamment parce qu’elle a créé des images à l’étrange résonance avec l’univers de So Schnell. Le gradin fleuri de parapluies multicolores, sorte de flash-mob improvisé, puis le ballet des raclettes et autre engin pour sécher l’eau du plateau ont préludé aux chassés-croisés de couleurs radicales et de sons de machines métalliques qui jalonnent la pièce de Bagouet… même le bruit du feu d’artifice du 14 juillet a semblé se mêler à la trame sonore du spectacle. Un joli pied de nez aux aléas de la soirée.

Wa-Wa remix

Mercredi 14 juillet 2010

Aujourd’hui, le festival commence en grande pompe avec deux pièces de Dominique Bagouet au Palais Royal et la générale de La Dame de chez Maxim au Monfort. On vous y attend nombreux, d’autant que ce 14 juillet, les représentations sont gratuites! Avis aux amateurs, les places sont à retirer deux heures avant la représentation à la billetterie. En espérant que le déluge s’arrête! Pour le spectacle du Palais Royal, vous ne pouvez pas vous tromper, Place Colette, la billetterie est installée dans un drôle de carrosse jaune, au doux nom de Wa-Wa. Pour cette édition 2010, la Wa-Wa s’est vue offrir un relooking hors du commun …. j’y étais!

En toile de fond, la place Colette, ses allées et venues, ses bruits de scooters, et la Wa-Wa, notre chère caravane pliante, qui ne savait pas encore à quelle sauce elle allait être mangée. C’était le début de soirée. Pour une nouvelle saison, Paris voyait le festival lui faire la cour avec cette fois-ci, Mix pour ménestrel. Le dessinateur suisse qui signe l’affiche de cette 21ème édition avait quartier libre pour faire courir ses personnages à gros nez et langue bien pendue sur la Wa-Wa… Nous, on piaffait d’impatience, et la Wa-Wa ronde, belle, elle attendait, tranquille…

Puis Mix a dégainé son pinceau. Je dis dégainé, mais en fait, c’était assez doux comme geste. On n’a pas vu la Wa-Wa frissonner mais nous, on s’est rangé en cercle, attentifs au rituel de maquillage de la demoiselle. L’oreille tendue au commentaire de ma voisine, mes yeux ont entamé une chorégraphie de pleins et de déliés conduite par le pinceau appliqué de Mix. Les traits s’étirent, l’imaginaire galope. Un chien? Un nez? Un début de phrase? Mix fait des allers retours, tout prêt de la caravane, tout prêt de la coque, l’épaule suit le coude qui suit la main qui suit le pinceau qui court… puis s’éloigne. Mix s’ajuste, ferme l’œil, goûte à la perspective du pas en arrière, se gratte la tête, et repartent l’épaule, le coude, la main, et le pinceau, qui court… Un quasi Roland-Garros, tête à gauche tête à droite, tête à gauche….

Drôle de vie pour la caravane. Après s’être faite ravaler la façade à grand coup de peinture jaune, déloger de sa villégiature d’hiver, l’entrepôt du festival à St Denis, poser en plein milieu d’une capitale peu coutumière des animaux de ce genre, voilà maintenant qu’on l’habille, qu’on la grime, qu’on lui distille à coups de pinceau de drôles d’oiseaux sur le dos. Elle ne perd pas son sang froid la belle dame. Pas chatouilleuse pour un sou. C’est qu’elle en a connu des vertes et des pas mûres. Souvenez-vous l’an dernier, Lola nous racontait l’incroyable cambriolage de la caravane. Et c’est sans compter ses kilomètres au compteur. Années 50, origine belge, une vraie de vraie.

La nuit est tombée sur la Place Colette. La Wa-Wa a gardé la douceur de ses formes. Elle trône, toujours. Mais sous ses airs de pas y toucher, elle se pavane. Pas tous les jours qu’on peut exhiber des tatouages de ce calibre. Pas tous les jours non plus que le Parisien, pressé dans sa diagonale quotidienne Palais Royal - Opéra, se retourne. Il s’arrête même. Et parce qu’avec ses yeux, il n’est pas sûr de se souvenir, il sort son Iphone. La Wa-Wa garde son flegme. Mix, lui, se marre.

Avant-première

Mercredi 14 juillet 2010

Ça y est, le blog lève les voiles. Parce que vous allez me suivre, un peu, beaucoup, ou pas, dans mes pérégrinations quotidiennes, j’avais envie de vous raconter comment les choses étaient arrivées. Comme souvent, ça commence par une rencontre. La rencontre avec un festival pas bien moins vieux que moi finalement. L’année dernière, pour la 20ème édition je m’installais dans les bureaux pendant quelques mois pour assister Sonia, la chargée de communication. Je préparais les programmes de salle, le site internet, me levais à 3 h du matin pour les Levers de Soleil de Bartabas, et dans l’intervalle, je jouais à la pétanque dans les jardins du Palais Royal !

Et puis comme les rencontres deviennent parfois des fidélités, je reviens cette année. Peut-être y’aura-t-il moins d’orages, peut-être y’aura-t-il des triomphes ou des déceptions, des scandales et des fulgurances. En tout cas, Paris quartier d’été garde fièrement le cap, et moi, petite souris de tous les instants, je vous emmène dès aujourd’hui en balade dans les dédales d’un festival qui n’a pas fini de nous surprendre.